Algérie – Serbie : Accords bilatéraux signés dans plusieurs secteurs clés
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a appelé, ce mardi, à un saut qualitatif dans la coopération entre Alger et Belgrade, tout en mettant en avant la profondeur des relations bilatérales à l’occasion de la visite officielle du Premier ministre de la République de Serbie, Đuro Macut, à la tête d’une délégation de haut niveau.
Lors de cette visite, les deux Premiers ministres ont signé des accords bilatéraux dans plusieurs secteurs clés, dont l’économie, la culture, le tourisme, la poste et les télécommunications. C’est ce qu’a indiqué un communiqué des services du Premier ministre.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, M. Ghrieb a déclaré que cette visite « revêt des significations politiques importantes » et traduit « la volonté commune de promouvoir les relations entre les deux pays ». Il a souligné qu’« elle constitue une opportunité privilégiée pour renforcer la concertation et la coordination autour des défis communs » et explorer de nouvelles perspectives de coopération dans des secteurs jugés prioritaires.
Inscrivant les relations algéro-serbes dans une profondeur historique, le Premier ministre a fait savoir que celles-ci reposent sur « la confiance, le respect mutuel et une amitié solide », héritée notamment du soutien de l’ex-Yougoslavie à la révolution algérienne. Il a tenu à rappeler que ce pays fut parmi les premiers en Europe à reconnaître le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), consolidant ainsi une relation de solidarité forgée dans les luttes pour l’indépendance. Il a jouté que cet héritage constitue « un capital politique précieux », qu’il convient aujourd’hui de valoriser pour dynamiser le dialogue politique et hisser la coopération économique à la hauteur des relations politiques.
Abordant la dimension économique, le Premier ministre a relevé la faiblesse relative des échanges commerciaux entre les deux pays, jugés « en deçà des potentialités et des capacités économiques respectives ». Il a ainsi appelé à exploiter pleinement les opportunités qu’offrent les deux marchés, dans une logique de complémentarité et de partenariat gagnant-gagnant.
Dans ce cadre, M. Ghrieb a mis en avant les réformes engagées sous l’impulsion du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, afin d’améliorer le climat des affaires et encourager l’investissement. Il a notamment évoqué la loi sur l’investissement de 2022, qui offre « des avantages, des garanties et des facilitations réelles » aux investisseurs, soutenues par un dispositif institutionnel modernisé.
Parmi les instruments phares, il a cité l’Agence algérienne de promotion de l’investissement ainsi que le guichet unique dédié aux grands projets et aux investissements étrangers, tous deux conçus pour simplifier les démarches et accompagner efficacement les porteurs de projets. Il a également mis en avant les atouts stratégiques de l’Algérie, notamment sa position géographique, ses infrastructures et son appartenance à plusieurs espaces de libre-échange, autant de facteurs favorisant un accès élargi aux marchés africains dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Dans cette perspective, M. Ghrieb a plaidé pour une revitalisation des mécanismes de coopération et une actualisation du cadre juridique bilatéral, en vue de donner un nouvel élan au partenariat, notamment dans des secteurs clés tels que l’agriculture, les transports, les ressources en eau, l’enseignement supérieur, la formation et la culture.
Convergence diplomatique sur les enjeux internationaux
Sur le plan diplomatique, le chef du gouvernement a mis en exergue la convergence de vues entre Alger et Belgrade sur les grandes questions internationales, soulignant l’importance du respect de la légalité internationale et des principes du droit international, « aujourd’hui plus que jamais mis à l’épreuve ». Dans un contexte international marqué par la multiplication des foyers de tension et l’aggravation des crises multidimensionnelles, il a appelé à un renforcement de la coordination bilatérale et multilatérale afin de contribuer aux efforts internationaux visant à promouvoir la paix et la stabilité.
Pour sa part, le Premier ministre serbe a exprimé la « volonté politique sincère » de son pays de « consolider et approfondir les relations avec l’Algérie », soulignant que celles-ci reposent sur « un socle historique solide ». Il a notamment rappelé « le soutien constant de l’ex-Yougoslavie à la révolution algérienne » considérant cet héritage comme « un levier stratégique pour bâtir un partenariat durable et mutuellement bénéfique ».
Macut a également souligné l’importance « de redynamiser les mécanismes institutionnels de coopération », en particulier « la commission mixte algéro-serbe », appelée à « jouer un rôle central dans la concrétisation des projets communs et le suivi des accords conclus ». Il a plaidé pour « une approche pragmatique, orientée vers des résultats tangibles », notamment dans « les domaines économique, commercial et industriel », tout en appelant à « explorer de nouvelles niches de coopération ».
Sur le plan diplomatique Alger et Belgrade ont réaffirmé leur convergence de vues sur les grandes questions internationales. Les deux parties ont assuré de l’importance du respect de la légalité internationale, de la souveraineté des Etats et du rôle central des Nations unies dans la régulation des relations internationales.
Il convient de noter que les entretiens en tête-à-tête entre les deux responsables ont été suivis d’une séance de travail élargie aux membres des délégations des deux pays. Ces échanges ont permis de passer en revue l’ensemble des volets de la coopération et de procéder à une évaluation objective de son état actuel, tout en identifiant les voies et moyens susceptibles de renforcer le partenariat économique ainsi que d’intensifier les échanges commerciaux et les investissements.
Les deux Premiers ministres ont également présidé une cérémonie de signatures d’accords de coopération bilatéraux couvrant plusieurs secteurs d’activité dont la culture, les finances, le tourisme, la poste et les télécommunications.