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Nationale

Algérie profonde : Des milliers de personnes ont rallié Alger pour les funérailles

Algérie profonde : Des milliers de personnes ont rallié Alger pour les funérailles

Des milliers de citoyens du pays profond ont rallié ce mercredi la capitale dans l’espoir de pouvoir se faufiler à l’intérieur de la foule devant accompagner à sa dernière demeure le défunt ex-chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, décédé lundi des suites d’une crise cardiaque. Certaines lignes de train ont connu une agitation inhabituelle. D’Oran, de Constantine ou d’Annaba, les trains avaient pour certains affiché la veille « complet ». D’autres groupes de jeunes et moins jeunes avaient opté pour la route. Beaucoup, d’ailleurs, sont restés coincés au milieu de l’autoroute et n’ont pu suivre le passage du cortège funéraire qu’à mi-chemin.

Des milliers de personnes venues des quatre coins du pays ont ainsi réussi, dans un élan collectif, à suivre avec leurs compatriotes de la capitale le cortège funéraire tout le long du trajet entre le Palais du peuple où fut organisée une cérémonie de recueillement pour permettre aux Algériens, à leur tête le président de la République Abdelmadjid Tebboune, de rendre au défunt un dernier hommage, et le cimetière d’El Alia où il a été inhumé. Cependant et en raison de l’exiguïté de l’espace jouxtant le carré des martyrs où a été enterré Gaïd Salah, la foule de citoyens anonymes est restée aux alentours du cimetière. On pouvait alors l’entendre scander des slogans appelant à la consolidation des liens entre l’armée et le peuple. « Djeïch, chaab khawa khawa »

Aussi, les différents échos parvenus des villes et villages de l’Algérie profonde ont fait part de peu d’effervescence au moment des funérailles, des millions étaient figés devant leur poste téléviseur pour suivre la cérémonie d’enterrement de celui qui aura marqué les esprits des partisans et des opposants à la stratégie qu’il avait tracée et menée jusqu’au bout. Et la présence hier, en plus de ses compagnons d’armes dans le club des généraux, de responsables civils dont le président de la République, atteste, on en convient, du sentiment du devoir accompli largement exprimé d’ailleurs par ceux ayant adhéré à sa feuille de route.

Après ce départ brutal avouons-le de celui que l’on qualifiait d’homme fort, qui a su de là où il gouvernait épargner à toute la nation de graves dérapages, notamment après le vide laissé par la démission du président Bouteflika, d’aucuns s’accrochent à l’espoir que ce tournant dans l’histoire du pays soit le point de départ d’une Algérie nouvelle. « Après la démission de Bouteflika, j’avais peur que le pays plonge dans la violence, mais fort heureusement le défunt a réussi à calmer les esprits », a laissé entendre sous le poids de l’émotion un sexagénaire. « Il a choisi, dans un moment où il fallait qu’il prenne les choses en main, de suivre la voix constitutionnelle tout en restant du côté du peuple. Ce qu’a fait Gaïd Salah a fait de lui un héros, aujourd’hui, je le pleure comme si j’avais perdu quelqu’un de très proche », a poursuivi l’homme accoudé à une table d’un petit café au centre de Constantine, les yeux figés devant la télévision, scrutant au moindre détail le déroulement de la cérémonie d’enterrement diffusée par la totalité des chaînes, publiques et privées, non sans regret de n’avoir pu rallier la capitale.

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