Algérie – OIMed : Un partenariat stratégique pour rééquilibrer la médiation internationale
Au terme d’une visite de trois jours en Algérie, la secrétaire générale de l’OIMed, Teresa Cheng, a été reçue par le ministre d’État Ahmed Attaf et le garde des Sceaux Lotfi Boudjemâa. L’occasion de sceller une coopération renforcée avec cette jeune organisation née à Hong Kong, pensée comme une alternative souveraine du Sud global face aux juridictions occidentales.
Les échanges ont mis en exergue le rôle cardinal de la médiation comme instrument de règlement pacifique des différends et des conflits, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de coopération entre l’Algérie et l’OIMed, a indiqué le ministère dans un communiqué.
Les deux parties ont souligné la portée de l’apport de l’OIMed dans l’ancrage de la médiation, au regard de « la valeur ajoutée qu’elle apporte à la consolidation de la paix et de la sécurité aux niveaux régional et international », a précisé le communiqué.
Après ces discussions, qui ont mis en avant la convergence de vues entre les deux parties, ces dernières ont convenu de booster les relations de coopération entre l’Algérie et cette organisation internationale, selon la même source.
Par ailleurs, Teresa Cheng a passé en revue « les progrès réalisés dans l’établissement des fondements de l’OIMed », a-t-on noté. La même responsable a, en outre, présenté « les objectifs et les missions assignés à cette organisation », notamment en matière de promotion des règlements pacifiques des différends et des conflits, ainsi que de renforcement de la coopération internationale.
Teresa Cheng a eu également, au deuxième jour de sa visite, un entretien en tête-à-tête avec le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Lotfi Boudjemâa, car l’OIMed a été essentiellement conçue comme une alternative aux tribunaux arbitraux et aux juridictions occidentales, souvent perçus comme influencés de manière prépondérante par les puissances du Nord.
Au cours de cette rencontre, Teresa Cheng a salué « le rôle précurseur de l’Algérie dans la création de cette organisation », à travers sa signature de la convention fondatrice à Hong Kong (Chine) le 30 mai 2025, selon le ministre de la Justice.
Pour sa part, Lotfi Boudjemâa a souligné l’engagement de l’Algérie en faveur de la médiation dans les domaines civil, commercial et pénal, arguant que cette approche relève de la tradition du pays, privilégiant « les règlements amiables des différends ».
Cette entrevue a donné lieu à l’examen de l’ensemble des possibilités offertes par l’OIMed en matière de formation des magistrats et des professionnels du droit aux mécanismes de médiation, ainsi que des moyens de tirer pleinement parti de ces opportunités à l’avenir, a conclu la même source.
L’OIMed a été officiellement créée et inaugurée le 20 octobre 2025, à Hong Kong, par 33 Etats fondateurs, dont l’Algérie. Il convient de souligner que l’Algérie a décidé d’être membre fondateur de l’OIMed eu égard à sa doctrine diplomatique historique basée sur le règlement pacifique des différends et sa volonté politique affichée de promouvoir la voix du Sud global.