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Nationale

Algerie- Kenya: L’Afrique en alerte

Algerie- Kenya: L’Afrique en alerte

La visite du président kényan et l’inauguration du siège de la nouvelle ambassade qui a ouvert ses portes en septembre à Alger vient confirmer une stratégie nouvelle et très prometteuse de la diplomatie algérienne : la relance de ses relations intense avec l’Afrique dans un contexte de menace sur la sécurité qui ne parvient toutefois pas à éclipser l’extraordinaire croissance économique du continent noir, pauvre économique mais si riche en ressources humaines et naturelles.

Le président Uhuru Kenyatta n’est pas venu déclarer haut et fort la volonté de son pays de renforcer les échanges économiques avec l’Algérie pour justifier quelques ventes concomitantes ou demande unilatérale.

Contrairement à certains partenaires qui promettent monts et merveilles le temps de la signature de marchés juteux, Nairobi veut un partenariat gagnant-gagnant en prenant le risque de donner l’avantage à Alger.

Pour les observateurs avertis des relations internationales, ce genre de démarche s’associe en général à un pacte de confiance mutuelle et témoigne d’excellents rapports d’Etat à Etat.

Dans ce cas précis, cela exprime surtout l’adhésion au rôle de l’Algérie dans la région. Les propos du président en visite en Algérie et rapportés par l’APS, l’attestent « Le président Kenyatta a exprimé son appréciation pour les efforts de la médiation internationale, menés sous la conduite de l’Algérie, en vue de parvenir à un règlement définitif et durable de la crise malienne « 

Business et politique

Ainsi, le patron de la chambre de commerce d’industrie du Kénya, a insisté pour que se renforce la coopération en insistant sur une connexion commerciale directe sans le truchement de l’Europe(voir papier signé Z.M dans cette édition). Un mesage qui en dit long sur la pensée politique qui motive cette vissite africaine.

En effet, les derniers sommets de l’UA et les autres rencontres imposées dans l’urgence par la situation sécuritaire ont donné lieu à un travail de coulisse formidable portant sur la nécessité de construire un front politico-économique puissant pour contenir les vélléités néocolonialistes qui se cachent mal derrière les troubles sur le sol africain et l’importation du terrorisme.

L’objectif étant de « subvenir aux besoins » des Etats dans le cadre d’échanges sud-sud de qualité et basés sur la solidarité indéfectible garantie par une convergence des politiques extérieures. A ce sujet le message du président Uhuru Kenyatta adressé aux étudiants kényans à Alger va droit au but : « Il est nécessaire de nous appuyer sur les nouvelles générations afin de nous projeter dans les prochaines années.

Nous sommes des nations indépendantes politiquement, mais nous devons travailler ensemble pour assurer notre indépendance économique pour que nos deux peuples puissent relever les défis auxquels nous faisons face, notamment la pauvreté, la sécurité et la santé. »

Panafricanisme affirmé

La nature des échanges doit donc répondre à un travail d’équilibre, une sorte de coopération équilibrée pour que tous les pays puissent profiter mutuellement des ressources ou compétences des autres. En ce qui concerne l’Algérie et le Kénya, il s’agira forcément de diversifier les échanges, le verre kényan et le médicament algérien ayant installé de bonne mœurs commerciales.

Le souhait d’ouvrir aussi une ligne aérienne directe entre les deux capitales renseignent sur la détermination et les ambitions des deux parties.

On s’est donc promis que les entreprises algériennes et kényanes sauront développer les opportunités d’affaires, sans oublier le bon café torréfié du Kénya qui a fait valoir que sa règlementation prévoyait beaucoup d’avantages pour les opérateurs économiques dans le cadre des échanges.

Alliance stratégique

Mais, bien entendu, la visite d’Etat qui a duré trois jours ne s’est pas limitée à ces bonnes intentions des chambres de commerce. Des aspects stratégiques de coopération ont été abordés, avec plus de discrètion sur les détails mais autant de conviction. Le communiqué parle de « consultations stratégiques et de solides partenariats économique, de défense et de sécurité au mieux des intérêts réciproques des deux peuples frères ». 

Dans un contexte de guerre continentale contre une pandémie terroriste, on doit s’attendre à une coopération du renseignement, dans la formation et pourquoi pas l’armement qui devrait donner une autonomie africaine de réponse militaire face à la menace boko haram ou DAECH.

On peut aussi parier que l’idée de la CARIC, la capacité africaine de riposte immédiate aux crises, que l’Algérie continue de promouvoir, a été relancée entre les deux pays et que le Kénya ne manquera pas de l’appuyer lors de prochaines rencontres internationales.

La visite du président Uhuru Kenyatta, connu pour son attachement sans faille à la souveraineté de son pays et des peuples en géréral(il a fait l’objet d’un mandat du TPI puis relaxé faute de preuves sur sa prétendue implication dans des crimes contre l’humanité), vient donc confirmer la politique de rapprochement de l’Algérie avec une Afrique un peu oubliée ces vingt dernières années.

Alger qui a pris la généreuse décision d’effacer la dette de tous les pays d’Afrique qui lui étaient redevables a su préserver le prestige de sa diplomatie anticolonial et fraternelle. L’Afrique pourrait le lui rendre et la visite de Messahel au Zimbabwe au moment où nous publions cet article ne nous contredira pas.
 

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