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Nationale

Algérie – GGGI : Un pont vert entre développement et durabilité

Algérie – GGGI : Un pont vert entre développement et durabilité

À l’heure où le climat redessine les priorités du monde, l’Algérie entend hisser plus haut la voile de la transition verte. L’ouverture du bureau du Global Green Growth Institute à Alger a servi, ce mardi, de tribune à Lounès Magramane et à Ban Ki-moon pour plaider en faveur d’une coopération internationale renforcée, face aux défis environnementaux et économiques du XXIe siècle.

Dans son discours prononcé au ministère des Affaires étrangères, aux côtés de l’ancien secrétaire général des Nations unies, président de l’Assemblée et du Conseil d’administration de l’Institut mondial de la croissance verte (GGGI), Ban Ki-moon, ainsi que de la délégation diplomatique accréditée en Algérie, le secrétaire général du ministère, Lounès Magramane, a replacé les enjeux environnementaux dans le contexte international actuel, par une profonde reconfiguration géopolitique mondiale. A ce titre, il a soutenu avec aplomb que « la crise climatique s’impose, de nos jours, comme une priorité majeure de l’agenda international ».

Sur les volets environnemental et économique, l’orateur a, par ailleurs, rappelé que l’Algérie, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, a engagé une transition énergétique ambitieuse, axée sur le développement de l’énergie solaire. Cette orientation, a-t-il précisé, s’inscrit dans une approche tenant compte des spécificités de l’économie nationale, des impératifs de justice sociale et de la création d’emplois.

En effet, l’Algérie déploie un vaste programme pour atteindre 15 000 mégawatts (MW) d’énergie solaire d’ici à 2035, soutenu par d’importants investissements. Pour ce qui est de la coopération avec le GGGI, Lounès Magramane a qualifié cette organisation de « partenaire stratégique fructueux » pour l’Algérie et pour l’Afrique. Il a mis en avant le fait que l’institution bénéficie d’une reconnaissance internationale, surtout grâce à l’engagement de son président, Ban Ki-moon, en faveur du développement durable et de la croissance verte.

« Cela s’annonce comme un partenariat fructueux, mutuellement bénéfique », a-t-il déclaré, soulignant, dans le même temps, le rôle cardinal de la coopération multilatérale internationale dans la réponse aux défis environnementaux actuels. Selon ses dires, les mécanismes internationaux de financement constituent bel et bien « un levier essentiel », en vue d’accompagner les efforts de transition écologique et de développement durable.

Prenant la parole à son tour, Ban Ki-moon a exprimé sa gratitude au ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, saluant les démarches engagées, dans l’optique de la finalisation des procédures relatives à l’ouverture d’un bureau du Global Green Growth Institute en Algérie. A ce sujet, il convient de noter que la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, a procédé, hier dans l’après-midi, aux côtés de Ban Ki-moon, à l’inauguration du nouveau siège de l’organisation.

« Le fait que l’Algérie soit devenue le 52e Etat membre du GGGI témoigne d’un engagement fort en faveur du développement durable et de l’action climatique, et ouvre un nouveau chapitre dans notre partenariat », a-t-il mentionné.

Dans ce contexte, il a salué les efforts consentis par l’Algérie en matière de protection de l’environnement et de développement durable, estimant que le pays dispose des atouts nécessaires pour s’imposer comme « un acteur régional de premier plan » dans les domaines de la transition énergétique et de la croissance verte.

L’ancien secrétaire général des Nations unies a expliqué que l’ouverture d’un bureau du GGGI en Algérie devrait permettre de booster la coopération dans de multiples domaines stratégiques, en particulier la promotion du développement durable, la protection de l’environnement, l’encouragement à l’utilisation des énergies renouvelables, le développement de l’économie verte, la gestion des ressources hydriques, outre la sécurité alimentaire.

Selon Ban Ki-moon, la collaboration avec l’Algérie constitue un atout que le GGGI devrait valoriser. Qualifiant le pays de partenaire influent et de référence en la matière, il a argué que l’Algérie jouit d’une reconnaissance particulière auprès de nombreux pays du Sud, allant jusqu’à la décrire comme un véritable « héros » de la coopération Sud-Sud.

 

Les enjeux environnementaux face aux priorités économiques

Revenant sur les enjeux du développement durable, Ban Ki-moon a indiqué que « la transition vers un modèle de croissance verte et une économie durable, à la fois respectueuse de l’environnement et socialement inclusive, représente l’une des plus grandes opportunités économiques de notre époque ». Dans le même sillage que le secrétaire d’Etat Lounès Magramane, il a souligné l’interdépendance entre les défis climatiques, la stabilité géopolitique et la prospérité économique. « Nous devons garder à l’esprit que ces défis climatiques sont étroitement liés à la stabilité géopolitique et à la prospérité économique », a-t-il affirmé.

« En 2015, l’Accord de Paris sur le climat et les Objectifs de développement durable (ODD) ont démontré ce qu’il est possible d’accomplir lorsque la communauté internationale se rassemble autour d’un objectif commun », a-t-il rappelé. Pour information, cet accord est considéré comme l’un des accomplissements majeurs de sa carrière, scellant, aux yeux de nombreux observateurs, un engagement multilatéral sans précédent sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce registre, Ban Ki-moon a plaidé pour un renforcement de la coopération multilatérale, estimant que la lutte contre le changement climatique exige l’implication de l’ensemble des Etats. Il a rappelé que les principales puissances économiques et industrielles portent une responsabilité particulière, en raison de leur contribution historique aux émissions de gaz à effet de serre. « Nous avons également besoin d’une coopération Sud-Sud et triangulaire plus forte pour accélérer le partage des connaissances et des solutions », a-t-il martelé.

Revenant sur le rôle du GGGI, Ban Ki-moon a avancé que cette organisation, créée à l’initiative de son pays, la Corée du Sud, demeure de taille modeste comparativement à d’autres institutions internationales. Cela étant dit, il a insisté sur sa capacité à porter des projets d’envergure grâce à « l’expertise et à la qualité de son capital humain ». A cet égard, il a fait savoir que, depuis sa création en 2012, l’organisation a contribué à « mobiliser plus de 18 milliards de dollars d’investissements verts et a accompagné de nombreux gouvernements dans la mise en œuvre de solutions concrètes en faveur du développement durable ».

L’ancien secrétaire général de l’ONU a, en outre, insisté sur la dimension cruciale de la sécurité hydrique, considérant l’approvisionnement en eau comme l’un des principaux défis. Ban Ki-moon a conclu son allocution en réitérant sa conviction que les défis contemporains doivent être abordés dans un esprit de solidarité internationale, déclarant se considérer avant tout comme un citoyen du monde.



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