Algérie – France : Nuñez attendu ce lundi à Alger
Finalement, c’est sans conditions et autres préalables que le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, se rendra à Alger, selon des sources diplomatiques à Paris. L’information a été confirmée également par l’entourage du ministre français.
Laurent Nuñez est attendu lundi prochain à Alger pour une visite de deux jours. Il s’est entretenu par téléphone, ce jeudi dans l’après-midi, avec son homologue algérien Saïd Sayoud pour préparer cette visite.
Il y a quelques jours, Laurent Nuñez assurait avoir reçu une invitation de son homologue algérien et qu’il y « répondrait ». « On travaille aux conditions de cette visite », avait-il expliqué aux médias français, se félicitant « de ce que les échanges sécuritaires aient repris entre les deux pays ».
Nuñez a fait savoir qu’il viendrait en Algérie pour « parler de questions de sécurité, notamment la question des réadmissions, la question de la lutte contre le terrorisme, contre le narcotrafic… », affichant aussi son optimisme quant à la reprise de l’exécution des OQTF frappant les ressortissants algériens.
Pourtant, au début de ce mois, Laurent Nuñez avait dit sur TF1 qu’il ne renoncerait pas à ses « conditions », évoquant la reprise des expulsions des Algériens en situation irrégulière sur le territoire français et le dossier du journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie et condamné pour terrorisme. Il répondait ainsi aux critiques de la présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal, qui revenait à peine d’Alger.
Cette dernière avait plaidé pour la reprise du dialogue, estimant que celui-ci est incontournable, et ce en raison de plusieurs facteurs. L’ancienne ministre a même proposé un plan en trois phases, susceptible de faire sortir ces relations bilatérales de la crise et de renouer avec des rapports plus apaisés, insistant notamment sur le dossier mémoriel et la réactivation des échanges culturels, économiques et commerciaux.
Il convient de souligner que cette visite, annoncée depuis décembre 2025, intervient à un moment crucial dans les relations diplomatiques entre l’Algérie et la France, aggravée par la polémique créée par la diffusion, sur la chaîne publique France 2, d’un reportage controversé et orienté contre l’Etat algérien.
Presque au même moment, le patronat français, le Medef, a annoncé une initiative, évoquant un réchauffement de ces relations et un prochain déplacement en Algérie pour une mission économique. Il tiendra une réunion de son Conseil d’entreprises France-Algérie le 17 février prochain. Le patronat souligne, dans un communiqué, que « les récentes visites bilatérales de hauts fonctionnaires des deux Etats témoignent d’un réchauffement progressif de la relation franco-algérienne, susceptible de favoriser un climat positif pour le dialogue économique et la relance de projets concrets, au bénéfice des communautés d’affaires des deux pays ».
Selon le Medef, l’Algérie demeure un partenaire économique majeur pour la France en Afrique du Nord, offrant des perspectives significatives dans des secteurs tels que l’énergie, les infrastructures, l’agro-industrie, la santé, ou encore la transition numérique. Selon le patronat français, l’Algérie est la troisième économie du continent avec un PIB de 260 milliards d’euros, une croissance de 3,7 % et un marché de 47 millions de personnes, qui représente un débouché essentiel pour les entreprises françaises.
A ce propos, le président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française, Michel Bisac, a multiplié les appels aux autorités de son pays pour amorcer un dégel et relancer les échanges économiques entre les deux pays.
Signe de cette nouvelle dynamique, l’Office agricole FranceAgriMer a annoncé que l’Algérie a repris les importations de blé français. Pour la première fois, depuis presque deux ans, la France a exporté une cargaison de 5 000 tonnes de blé et 13 000 tonnes d’orge vers l’Algérie. Un signe timide mais qui semble offrir des bonnes perspectives aux relations bilatérales.