Algérie – France : Macron veut tourner la page
Après plusieurs mois de relations tendues, le président français, Emmanuel Macron, affiche sa volonté de reconstruire un dialogue apaisé avec l’Algérie. A quelques jours de visites bilatérales clés, la France mise sur la coopération sécuritaire, migratoire et économique pour tourner la page de la crise et préparer un partenariat durable.
En marge du Sommet du G20, qui s’est clôturé ce dimanche à Johannesburg, M. Macron a affirmé sa volonté de « bâtir une relation d’avenir apaisée », tout en reconnaissant que « beaucoup de choses doivent être corrigées ». Selon le chef de l’Etat français, les relations actuelles entre les deux pays sont loin de refléter le potentiel d’un partenariat stratégique. « Sur de nombreux sujets, qu’ils soient sécuritaires, migratoires ou économiques, nous ne sommes pas dans une situation satisfaisante », a-t-il dit. Ces mots interviennent dans un contexte où Paris cherche à relancer le dialogue après plusieurs mois de rupture quasi totale entre les services de sécurité et les ministères concernés.
Les premiers signes de réchauffement diplomatique se sont manifestés lorsque la secrétaire générale du Quai d’Orsay s’est rendue, jeudi à Alger, pour une visite de travail, préparatoire à la venue prochaine du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, attendue avant la fin du mois de novembre. Cette mission vise à relancer la coopération bilatérale dans les domaines migratoire et sécuritaire, alors que les échanges directs entre services avaient été interrompus depuis plusieurs mois.
Macron a également dénoncé l’instrumentalisation de la question algérienne à des fins de politique intérieure en France. « Si on laisse ces acteurs dicter l’agenda de chaque côté, il n’y a aucune chance de progresser », a-t-il averti, pointant du doigt les courants anti-Algériens actifs dans le débat public français.
Pour sortir de l’impasse, le président français a détaillé le processus qu’il a mis en place, soit un travail coordonné entre ministres et directeurs de services concernés, avec des échanges techniques au niveau des secrétaires généraux des ministères, ainsi que des réunions bilatérales entre ministres sur les dossiers prioritaires. Emmanuel Macron a rappelé l’importance d’une constance dans les efforts, notant que la coopération durable repose sur le dialogue patient et respectueux entre les deux Etats.
L’un des tournants de cette approche est la rupture avec la ligne précédente incarnée par Bruno Retailleau, partisan du rapport de force. Remplacé par Laurent Nuñez au début d’octobre, celui-ci a adopté un discours plus apaisé et constructif.
Le président français a précisé que des actions concrètes seront mises en œuvre pour renforcer le partenariat. Les visites de hauts responsables, les échanges techniques et la coordination institutionnelle doivent permettre d’ouvrir de nouvelles perspectives. Il a également souligné que le respect mutuel et la constance étaient les clés pour dépasser les tensions héritées du passé et bâtir une relation plus solide.
Cette posture intervient alors que la question algérienne continue de marquer la scène politique française, avec des débats internes souvent polarisés par les héritages historiques et les enjeux migratoires. M. Macron propose désormais une approche pragmatique et apaisée, rompant avec la stratégie du rapport de force et misant sur la diplomatie du résultat.