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Nationale

Algérie-France: Le temps des pragmatismes

Algérie-France: Le temps des pragmatismes

Que doit-on retenir de la visite de quelques heures de François Hollande en Algérie ? Deux choses : une phrase du président français à l’endroit de Bouteflika et l’intention du constructeur automobile français Peugeot de lancer une usine de montage.
Un projet identique à celui de son concurrent Renault puisque les véhicules seront produits en Algérie : « Le président Bouteflika m’a donné l’impression d’une grande maîtrise intellectuelle.
C’est rare de rencontrer un chef d’État qui a cette capacité de jugement. Le président Bouteflika a toutes ses capacités pour apporter sa sagesse et son jugement pour régler les crises », a-t-il dit en réponse à un journaliste du « Petit journal » de la chaîne cryptée Canal Plus. Cette simple phrase résume au mieux la visite du président français en Algérie. Au bout du compte, il n’y a pas eu signature de grands projets mais juste un projet d’installation d’une usine Peugeot.

Ensuite, cette phrase est un soutien de taille pour Bouteflika qui n’en espérait pas tant au moment où l’opposition se renforce et durcit le ton envers lui. A la différence de la première visite d’Etat de Hollande, qui avait soulevé une liesse populaire, ce bref séjour ­suivi d’un entretien de deux heures s’est déroulé dans la résidence de Zéralda.

Alger en attend « un signal politique fort » de soutien.
A cet égard, le président Bouteflika n’a pas dû être déçu : la « relation d’exception » entre les deux pays est belle et bien relancée.Le président français a même laissé entendre que la compagnie pétrolière Total serait intéressée par l’exploitation du gaz de schiste en Algérie.

Lui qui a fort à faire pour juguler la montée du chômage en France qui frise les 11%, -un record depuis l’après-guerre – est prêt à faire n’importe quoi pour arracher quelques miettes de la cagnotte algérienne qui s’élève à 170 milliards de dollars.

Hollande et la repentance
Des excuses pour le rôle de la France durant la guerre d’Algérie, il n’y en pas eu. La repentance n’est pas sa « tasse de thé ». La question de la mémoire a été encore une fois occultée, car faisant partie des questions qui fâchent.

Pourtant l’Organisation nationale des Moudjahidines a profité de la présence du président français à Alger pour réitérer la demande d’excuses pour ses crimes coloniaux, tout en exigeant par la même l’indemnisation des Algériens comme préalable à l’édification de relations d’égal à égal qui répondent aux aspirations des peuples algérien et français.

Au-delà des grands discours lyriques, Hollande est plus que jamais un adepte de la realpolitik sur le continent. Comme vient de le montrer sa visite, où il a apporté sa caution à Bouteflika, Hollande cherche à se concilier les bonnes grâces du pays qui pèse le plus, diplomatiquement et économiquement, sur le continent. Même si le bilan en matière de respect des droits de l’homme est désastreux. 

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