Le secrétaire d’État adjoint américain à Alger ce lundi
Le secrétaire d’Etat adjoint américain, Christopher Landau, sera à Alger, lundi 27 avril, pour une visite officielle de haut niveau. Energie, sécurité régionale, investissements stratégiques : les dossiers sur la table sont à la mesure d’une relation bilatérale qui, depuis quinze mois, connaît une transformation profonde et sans précédent.
Selon le communiqué du Département d’Etat américain, M. Landau rencontrera les plus hautes autorités algériennes pour « approfondir la relation bilatérale, notamment à travers des efforts conjoints sur les enjeux de sécurité régionale et des accords commerciaux impactants avec des entreprises américaines ».
Cette démarche de haut niveau témoigne de la vitalité et de la profondeur des relations bilatérales entre l’Algérie et les Etats-Unis, deux nations unies par une histoire.
L’Algérie, forte de son indépendance de décision et de son refus de toute ingérence, apparaît aujourd’hui comme un partenaire fiable et respecté. Les discussions porteront sur le renforcement de la coopération sécuritaire face aux menaces terroristes et aux défis transfrontaliers, domaines dans lesquels l’Armée nationale populaire et les services de sécurité algériens ont accumulé un savoir-faire reconnu internationalement. Alger a toujours privilégié des solutions africaines-africaines et multilatérales, loin de toute logique de confrontation.
Sur le plan économique, cette visite marque une nouvelle étape dans l’ouverture mutuellement bénéfique. Les Etats-Unis, à travers leurs entreprises de premier plan, voient dans l’Algérie un marché stratégique doté d’immenses potentialités : hydrocarbures, énergies renouvelables, mines, industrie, agriculture et technologies. Les géants américains se sont mis en mouvement, ExxonMobil, Occidental Petroleum, puis Chevron ont successivement conclu des accords avec Sonatrach pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, y compris en mer Méditerranée.
Pour Alger, cette visite confirme la justesse de la stratégie de diversification des partenariats internationaux. Ni alignement ni confrontation : une coopération gagnant-gagnant sur la base du respect mutuel, de la souveraineté et des intérêts réciproques. L’Algérie, puissance émergente africaine et méditerranéenne, continue d’affirmer son rôle de pont entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe, tout en consolidant ses relations avec les grandes puissances comme les Etats-Unis.
Le rapprochement ne date pas d’hier, mais il s’accélère depuis plusieurs mois. En janvier 2025, les deux pays ont signé un protocole d’accord de coopération militaire entre le chef d’état-major de l’ANP et le général Langley, chef de l’AFRICOM, qui a salué l’Algérie comme un « leader régional ».
Et il y a quelques jours à peine, en marge du Forum diplomatique d’Antalya, le ministre Ahmed Attaf et le conseiller américain Massad Boulos ont tenu des entretiens qualifiés de « constructifs », illustrant le niveau élevé du dialogue stratégique entre les deux capitales.
La visite de Landau n’est donc pas un coup de théâtre. Elle est l’aboutissement logique d’une dynamique soigneusement construite par Alger.
La question de la représentation diplomatique américaine à Alger reste en suspens : aucun ambassadeur n’a été nommé depuis le départ d’Elizabeth Aubin, c’est un chargé d’affaires qui assure l’intérim, un vide qui pourrait figurer parmi les sujets abordés lors de cette visite.
Les entretiens seront l’occasion d’aborder également les questions régionales d’intérêt commun, dans un esprit de dialogue constructif et de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. L’Algérie reste attachée à ses principes intangibles : autodétermination des peuples, intégrité territoriale et solution politique juste et durable aux crises.
Cette visite de Christopher Landau intervient à un moment opportun. Elle illustre la considération dont jouit l’Algérie sur la scène internationale et renforce sa position comme acteur incontournable pour la stabilité et le développement de la région.