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Nationale

Algérie-Espagne : Vers quel apaisement ?

Algérie-Espagne : Vers quel apaisement ?

La crise qui perdure entre l’Algérie et l’Espagne va-t-elle trouver une issue satisfaisante ? Y a-t-il des signes d’apaisement après une vive tension et un gel total sur les plans diplomatique et au niveau des échanges commerciaux ? Pour de nombreux observateurs, il existe de forts indices que les rapports entre les deux voisins retrouveront leurs bonnes traditions.

Selon leurs assertions, la multitude des bouleversements géoéconomiques qui remuent la région méditerranéenne et son environnement géostratégique immédiat va inéluctablement changer toute la donne à propos non seulement de cette crise algéro-espagnole, mais de l’avenir même de ces relations.

Bien que l’Union européenne tente de camoufler l’ampleur de cette embrouille, elle cache mal son embarras quant à une prompte intervention de sa part. Toutes les médiations opérées antérieurement pour dissiper un tant soit peu les gros nuages qui ont assombris ces relations n’ont pas abouti. Ce n’est pas les bonnes intentions qui manquaient mais la façon dont l’establishment espagnol trouverait une sortie qui sauve la face de la bourde de Pablo Sanchez.

D’une mauvaise appréciation ou calcul politique endossé par le chef du gouvernement espagnol, aux atermoiements des patronats, les tirs à boulets rouge de l’opposition contre Sanchez, en passant par les indélicatesses de l’UE et son insoutenable équilibre, la situation demeure figée et rien ne semble entrevoir une issue heureuse.

Récemment, le président Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé lors d’une entrevue avec des médias nationaux sur la crise avec l’Espagne et a voulu certainement adressé des messages forts significatifs.

Sur cette crise avec l’Espagne, qui dure depuis mars 2022, le président de la République a accusé directement la partie espagnole d’être à l’origine des turbulences avec l’Algérie depuis que Madrid ait décidé de s’aligner sur les thèses marocaines sur la question de l’occupation du Sahara occidental.

A une question d’un journaliste, il dira « qu’il n’y a rien de nouveau » avec l’Espagne. C’est cet alignement, un véritable changement de doctrine de politique extérieure chez l’Espagne, qui a poussé l’Algérie a rappelé son ambassadeur à Madrid le 19 mars 2022, soit au lendemain de l’annonce par Rabat de la décision de Pedro Snachez de soutenir le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, qui n’est autre qu’un plan d’annexion déguisé d’un territoire que l’ONU considère comme un territoire à décoloniser.

«Personnellement, je suis profondément désolé de l’état des relations» avec l’Espagne, a déclaré Tebboune, qui a estimé que le gouvernement espagnol a fait un « faux pas ». « Le peuple espagnol n’a rien à voir. Nous avons de très bonnes relations avec lui. Nous avons un grand respect pour le roi d’Espagne et il le sait. Pour d’autres organismes, nous continuons à travailler avec eux », a expliqué le président Tebboune.

Deux mois après le rappel de l’ambassadeur algérien, l’Algérie a suspendu le traité d’amitié et de bon voisinage ainsi que les relations commerciales avec l’Espagne. Sur ce point, Tebboune sera encore plus précis, en disant que « l’Algérie a gelé le traité d’amitié, mais « nous ne l’avons pas annulé ». Autrement dit, cela signifie que gel n’est pas synonyme d’annulation ou suspension définitive. Une phrase qui semble laisser la porte entrouverte à un possible dénouement ou une éventuelle reprise de contacts.

 « Nous avons les mêmes accords avec l’Italie », a-t-il dit, en indiquant que Madrid, en soutenant le plan d’autonomie marocain, a commis un « acte inamical » à l’égard de l’Algérie. « Pour le moment, le traité d’amitié avec l’Espagne est gelé à cause d’un acte inamical », a soutenu le président de la République.

D’ailleurs, les entreprises espagnoles payent le prix fort à cause de cette crise. La suspension du traité, signé en 2022, a impliqué systématiquement la suspension des relations commerciales entre les entreprises algériennes et espagnoles. Selon des chiffres récents, les pertes des parts du marché sont plus qu’importantes, alors qu’en valeur, elles sont colossales. Selon le journal Heraldo, les pertes des entreprises ibériques se chiffrent à plus de 770 millions d’euros jusqu’en décembre 2022.

L’ABEF, qui est une association des banquiers et des établissements financiers algériens a rapidement pris ses décisions, en s’alignant sur la nouvelle géométrie politique du gouvernement algérien. Les flux commerciaux ont rapidement diminué et chuté. Car, les domiciliations bancaires ne sont plus acceptables pour des opérations d’importation ou d’exportations de et vers l’Espagne.

Actuellement, il n’existe que peu de relations bien que des entreprises algériennes soient en manque de matières premières espagnoles. A part le gaz, régi par des accords spécifiques, et à long terme, entre Alger et Madrid, et des projets en cours dans des raffineries et celui du polymère, il n’y a presque que les avions et les navires de transports de voyageurs.

Touchées de plein fouet par cette crise, mais aussi par les retombées de la guerre en Ukraine et la hausse des coûts de production, les sociétés espagnoles ont interpellé leur exécutif sur ce dossier. Certains chefs d’entreprises espagnols estiment que l’espoir d’un apaisement avec Alger est permis et attendent notamment une intervention forte de l’Union européenne. 



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