Algérie Egypte ou l’avant-goût d’une CAN de haute facture
Une grosse affiche qui aura tenu toutes ses promesses. Par la prestation des deux sélections qui ne se sont fait aucun cadeau, des péripéties du choc, par l’évolution et le suspense haletant qui a prévalu, les Verts n’égalisant qu’au bout du bout et revenant au score devant des Pharaons pourtant en infériorité numérique plus d’une heure (depuis la 27e mn) durant.
Un choc comme on aime. Digne d’un sommet de CAN et pas seulement. A l’arrivée, les deux sélections qui se sont livré un duel sans merci mais dans le respect total, n’ont finalement pu se départager en se neutralisant (1-1), Islam Slimani, en remplaçant de luxe et grâce à un heading surpuissant, répondant (90e+4) à Fatih laissé étrangement seul par la défense algérienne, qui ne se fait pas prier pour placer également une tête victorieuse et ouvrir le score (61emn). Pourtant, les hommes de Belmadi avaient tout pour s’éviter un tel scénario.
Les moyens surtout pour gérer à leur guise ce duel épique et l’emporter sans discussion au vu de la physionomie du premier quart-d ’heure où ils semblaient maîtriser la situation en raison d’une entame où ils mettront du rythme, la défense égyptienne, pas encore bien en place, annihilant tant bien que mal les rushs menés à partir des côtés avant de rentrer petit à petit dans le match. Une légère mais stérile domination verte avant une neutralisation parfaite.
Etrangement et jouant à la réaction au coup d’envoi, les Egyptiens vont reprendre du poil de la bête en allant d’abord tâter le pouls d’une arrière-garde hésitante montée autour, heureusement, d’un excellent Mandréa qui tirera son épingle du jeu en sauvant nombre de situations délicates au moment où l’intensité des débats devenait âpre. Une défense toute proche du K.O. La 1ère fois quand Trezeguet, sur une frappe (19e mn) à la limite de la surface de réparation, mettra à rude contribution le gardien volant algérien qui, au prix d’une parade le met en échec. Ou sur cette reprise du gauche de Mo Salah qui ira mourir, deux minutes plus tard (21e mn), sur la transversale des bois gardés par le même Mandréa archi-battu.
Et, enfin, pour ce premier half étrangement à la faveur des Rouges en terme d’actions nettes de scorer, quand Mohamed Mustapha, du FC Nantes, s’en alla dribbler Mandréa (45e+5) sorti à sa rencontre, avant d’envoyer le cuir dans les bois vides mais n’en revient pas de voir Bensebaïni sortir de nulle part pour, au prix d’un tacle imparable, presque sur la ligne de but, renvoyer les deux teams sur un nul blanc (0-0) à la pause-citrons.
Une 1ère mi-temps de grand cru durant lequel ils se rendront coup pour coup, les camarades à Mo Salah, pourtant réduit à 10 dès la 27e mn quand le latéral égyptien, Hany, verra fort logiquement, VAR faisant foi, rouge après une grossière faute sur Touba, ayant pu revenir rapidement à la surface.
Du bon, du moins bon mais un . . . bon test
A 10 contre 11, l’Egypte ne baisse pas pied au retour des vestiaires et laisse l’initiative à l’Algérie (60% de possession sur l’ensemble du match) après un autre temps fort comme au coup d’envoi. Mieux, ils se montrent plus incisifs devant, sans trouver toutefois la faille. Après la réalisation signé Chaibi sur une reprise de la tête à la 52e mn refusée pour hors-jeu pour un rien.
Au contraire, c’est à la défense algérienne de se mettre en évidence de fort mauvaise manière en abandonnant Mandréa qui ne peut que constater les dégâts (62e mn) sur une tête de Fathi Hamdi qui ne trouve aucune peine à conclure un coup franc bien botté par Ali Gabr. Il ne restait plus qu’au dernier rempart, El Shenawy, brillant dans sa surface, à faire le reste en s’interposant avec brio aux velléités vertes.
Permet à son équipe de se rapprocher d’un succès aussi éclatant qu’inespéré même si au vu de la physionomie de la partie, personne n’aurait crié au scandale. Après avoir gagné son face à face avec Mahrez (93emn) et la parade de Mandréa juste après, Slimani, au bout du suspense et d’une fin de rencontre à couper le souffle, va mettre du sien.
Une tête dont il a le secret pour rétablir l’équilibre au tableau d’affichage. 1- 1 au final et un test qui, comme l’espérait Belmadi, servira beaucoup en prévision du mois de novembre prochain (éliminatoires Coupe du monde 2026) et janvier (CAN de Côte d’Ivoire) où l’échec est interdit. Face à la détermination des Pharaons, les Verts, pourtant en supériorité numérique, ont attendu le temps additionnel pour retrouver leur équilibre grâce à un Slimani toujours dans les bons coups.
Qui s’est de nouveau montré décisif pour permettre aux Fennecs, actuellement imbattables sur le continent, de poursuivre, depuis novembre 2022, leur série de 08 sorties sans défaite. Pour les supporters, qui espèrent un meilleur visage que celui montré lundi soir au Stade Hazza Bin Zayed d’Al Ain, aux Émirats arabes unis, ne désespèrent pas de revoir leurs favoris remonter de nouveau les marches menant à une intronisation qu’ils savent difficile comme le veulent en effet les réalités des terrains africains.
Avant ce test, et plus encore après la leçon égyptienne où, avec un élément en plus sur le terrain, ses protégés ont connu les pires difficultés pour éviter la défaite sur le fil, Belmadi avait, est convaincu encore plus, qu’au pays de Drogba, « tous les matchs seront complexes et difficiles (…) les tournois majeurs, comme la CAN, réservant souvent des surprises qui, parfois, ne sont pas très bonnes. » C’est, et il le répète, pour cette raison, « que nous ne devons rien prendre pour acquis et ne rien laisser au hasard. » Après le large succès contre le Cap Vert, l’Egypte est venue à point nommé, pour le conforter dans ses craintes que les Verts, comme les grandes équipes du Top 10, auront tout sauf la partie facile. Tout à craindre. Il y a assurément, dans ce semi-échec, ce nul au goût de défaite, du bon.