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Nationale

Alger mise sur les tribus pour une paix durable en Libye

Alger mise sur les tribus pour une paix durable en Libye

« Le rôle des tribus est incontournable dans le retour à la paix en Libye ». Cela semble être, en effet, le leitmotiv de la diplomatie algérienne qui se démène, depuis le début de la crise libyenne, pour rapprocher les vues des frères ennemis de ce pays qui partagent un millier de kilomètres de frontière avec l’Algérie.

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, dont les visites au pays d’Omar Mokhtar ne se comptent plus, n’a jamais omis, d’inclure dans sa démarche le système tribal libyen qui, faut-il le dire, pèse de tout son poids sur l’échiquier politique de ce vaste pays du Maghreb.

Outre ses nombreuses rencontres avec les « autorités « de Tripoli et celles de Benghazi, civiles ou militaires, parlementaires ou élus locaux, dans le but évident d’enterrer la hache de guerre, Abdelkader Messahel se rend souvent chez les « aâyane « (notables tribaux) où il est reçu dans la pure tradition saharienne.

On se rappelle encore d’une visite effectuée en mai dernier dans la région de Fezzan où, comme de coutume, un accueil quasi officiel a été réservé à M. Messahel et à la délégation qui l’accompagnait à l’aéroport de la ville de Ghat.

Le chef de la diplomatie algérienne s’était entretenu avec les autorités locales, les parlementaires et surtout les notables de la région de Fezzan dans le Sud libyen. « Le ministre algérien, très apprécié par les Libyens, n’oublie jamais les cheikhs des tribus dans ses discussions. Le tribalisme, dans son sens positif, est une donne dont seuls les Algériens connaissent le sens, car existant dans notre tissu social et culturel », souligne une source diplomatique à Alger.

Cette même source tient, par ailleurs, à signaler que la crise libyenne ne connaîtra d’issue heureuse que dans le cadre d’un dialogue inclusif. Un dialogue entre frères libyens qui devra s’appuyer sur les référents culturels de « ce pays qui nous ressemble tant ».

« La différence entre notre diplomatie et celle des pays occidentaux, dont la propension à laisser des germes d’un conflit perpétuel en Libye, se situe, je dirais, à un niveau d’ordre culturel, civilisationnel.

Les Libyens nous comprennent très bien quand nos diplomates sollicitent d’eux des rendez-vous avec des cheikhs de tribus », explique un enseignant à l’université des sciences politique d’Alger. Mandaté par Alger, Abelkader Messahel rencontre régulièrement des représentants de tribus, entre autres ceux d’Oubari, de Sebha, de Mourzouk, d’Ech-Chati, d’Al de Djoufrah, de Gatrone et de Ghat. On recense plusieurs dizaines de tribus en Libye.

La tribu des Warfala, la plus importante avec près d’un million de membres situés dans la région de Benghazi, la tribu des Zuwaya ainsi que des tribus d’autres régions ; et celles représentant des Touaregs constituent aujourd’hui un puissant « lobby » sur lequel doit compter toute partie qui voudrait réellement faire taire les armes et procéder au retour de la Libye dans le concert des nations en tant qu’entité unie, souveraine et indivisible.

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