-- -- -- / -- -- --
Nationale

Alger l’épicentre de la solution libyenne

Alger l’épicentre de la solution libyenne

Sitôt dit, sitôt fait ! l’Algérie semble reprendre en main le dossier libyen en vue d’une éventuelle solution politique à la crise dans ce pays, comme annoncé il y a quelques jours par le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum. 
Une délégation libyenne de haut niveau a été reçue ce lundi par le chef d la diplomatie algérienne et le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud.
Il s’agit du président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez EL-Serradj, de son ministre des Affaires étrangères Mohamed Taher Siala, et du ministre de l’Intérieur Fathi Bachagha.
Cette visite de la délégation libyenne entre certainement dans le cadre des initiatives visant à trouver des solutions politiques au conflit interlibyen qui ne cesse de s’enchevêtrer, notamment ces derniers temps avec les menaces croissantes du maréchal Khalifa Haftar aux frontières de la capitale Tripoli, et sa démonstration de force pour l’occuper et s’emparer du pouvoir.
Une situation décidément inquiétante pour l’Algérie, qui va peser de tout son poids dans ce dossier d’une grande sensibilité afin de jouer son rôle dans la région, et trouver un compromis fédérant les parties impliquées dans le conflit. Ces discussions se veulent donc un message adressé d’Alger à la communauté internationale après l’élection d’un nouveau Président, notamment après l’exclusion à dessein d’Alger et de Tunis, pays voisins de la Libye, du congrès international prévu à Berlin en mois-ci. Le tir a été vite rectifié par la chancelière allemande Angela Merkel, qui a officiellement invité le président Abdelmadjid Tebboune à la réunion de Berlin hier, lors d’une communication téléphonique.
Le chef de l’Etat a aussi reçu hier le ministre des Affaires étrangère turc Mevlüt Çavuşoğlu, qui certainement devait évoque le conflit et l’envoi de troupes turques à Tripoli.
De nouvelles données qui renseignent sur la place de l’Algérie sur l’échiquier régional, tombant à point nommé pour bien asseoir l’initiative d’Alger et réussir sa démarche diplomatique, d’une importance inestimable pour le frère libyen. De fait, ce pays fait, depuis longtemps, l’objet d’un acharnement sans précédent des puissances régionales et internationales, lorgnant avidement ses réserves en pétrole. Ces convoitises ont fait tomber plusieurs pays dans le piège de l’ingérence étrangère dans les affaires internes de la Libye. C’est le cas la Turquie, qui a décidé un déploiement progressif de ses forces militaires suite à un vote par les députés d’une motion permettant d’envoyer des militaires afin d’aider le GNA à faire face à l’invasion de Haftar, soutenu par les Emirats et l’Egypte, et dont les campements sont basés à l’est du pays. Il faut dire que ces deux principaux alliés de Haftar lui assurent le soutien en armes et en conseils techniques contre l’Armée nationale libyenne (ANL).
Pendant que les combats entre les deux parties en conflit font rage, la communauté internationale reste figée, voire indifférente, face à une crise humanitaire montante, tout comme la présence de l’envoyé onusien en Libye, le Libanais Ghassen Salamé est inefficace celui-ci n’ayant pas fait bouger d’in iota le processus de paix dans la région.
De son côté le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a appelé hier lundi à une solution politique en Libye, avertissant d’une « escalade imminente de la violence » autour de Tripoli, et invité toutes les parties à s’engager en urgence dans le processus politique sous l’égide de l’ONU, d’autant que son Conseil de sécurité devrait se réunir sur la question libyenne suite à la demande la Russie qui affiche, elle aussi, ses préoccupations sur la situation sécuritaire à Tripoli.

.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email