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Nationale

Alger faiseuse de paix en temps de guerres

Alger faiseuse de paix en temps de guerres

Alors que les interventions françaises en Libye en 2011 puis au Mali en 2013, sous le couvert des Nations unies, se sont déroulées sans consultation ni participation de l’Algérie, la résorption des conflits armés qui en ont découlé semble reposer sur la bonne volonté et les bons offices d’Alger.

Dans cet ordre d’idée, un colloque intitulé « Mali-Libye, initiatives de paix et de sorties de crise : quelles perspectives pour la stabilité régionale ? », a été ouvert hier à Alger en présence d’officiers généraux et de cadres de l’Armée nationale populaire (ANP).

C’est le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, le général-major Chérif Zerad, chef du département emploi et préparation de l’état-major de l’ANP, qui a procédé à l’ouverture de ce colloque au nom du vice-ministre de la Défense nationale et chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire, le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah.

Le colloque, qui a été animé par des chercheurs experts en relations internationales et des cadres de l’institution militaire, est organisé au Cercle national de l’Armée à Béni Messous, par l’Institut militaire de documentation, d’évaluation et de prospective du ministère de la Défense nationale (IMDEP/MDN).

Les interventions des spécialistes ont focalisé sur l’étude des différentes formes des crises malienne et libyenne et l’incidence des différents acteurs qui sont intervenus dans le processus du règlement des deux crises.

Les complexités entravant les missions d’intermédiation ont fait l’objet d’un examen approfondi, de même que l’étude des scénarios de sortie de crise en partant d’une analyse minutieuse qui a permis de dissiper toute ambiguïté et de présenter une perspective nouvelle sur la situation que connaissent le Mali et la Libye.

Retournement de situation

Paradoxalement, Alger se retrouve encore une fois contrainte à aller au charbon et à jouer un rôle déterminant pour démêler l’écheveau d’une crise sécuritaire sans précédent qui sévit sur ses flancs est et sud sans avoir été responsable de cette catastrophe.

Après avoir croisé le fer et fait primer la langue de la violence et des armes, la France, principale responsable de l’effondrement des pouvoirs centraux en Libye et au Mali, va devoir composer avec l’Algérie, d’abord en épousant sa position principielle du primat du politique sur le militaire.

Aux antipodes donc de la croisade menée présentement par son ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, contre le nid terroriste au sud libyen. De ce fait, la recherche de contacts avec les parties en guerre en Libye et au Mali semble être la nouvelle préoccupation des acteurs majeurs de la recherche de solutions dans la sous-région.

Alger a bien joué ce rôle en 2013 lorsqu’elle a pesé de tout le poids de sa diplomatie pour empêcher le groupe islamiste malien Ansar Eddine d’Iyad Ag Ghali de basculer dans le radicalisme pur et dur avant que ses efforts ne soient torpillés par la France, même via son allié marocain.
Résultat de la flibusterie française, la Libye est livrée au chaos et le nord du Mali enregistre toutes les semaines des assassinats et est en proie aux rivalités entre bandes armées et aux incursions de groupuscules terroristes.

Mais depuis la fin de l’année écoulée, Alger a réussi le pari impossible de réunir à nouveau les différentes factions qui se font la guerre au nord du Mali. Il semblerait que même le controversé et désormais ex-président du Burkina Faso, Blaise Campaoré, utilisé vainement par les Français pour effacer les stigmates de l’opération Serval ait fait son mea culpa à Alger.

Daech, un mal nécessaire ?

Il semblerait que les rivalités entre Paris et Alger au sujet de la sous-région sahélo-saharienne, et qui ont fait souffler le froid dans les relations bilatérales entre les deux pays, aient trouvé en le phénomène terroriste Daech un motif de conciliation et de coopération.

En effet, les menaces que fait peser ce groupe terroriste dans les no man’s land libyen et malien ont amené l’ancienne puissance colonisatrice à composer avec l’Algérie, après avoir tout fait pour la neutraliser en lui créant des foyers de tension à ses frontières, voire dans sa profondeur stratégique même.

Aujourd’hui, la politique africaine de l’Algérie basée sur l’intégrité territoriale et la non-ingérence dans les affaires internes des Etats reprend des couleurs, marque des points, après que toutes les politiques belliqueuses menées par l’ancien colonisateur et d’autres puissances arabes et musulmanes nouvelles mues par la soif de pouvoir, aient atteint leurs limites.

L’Algérie parraine le processus de paix et de réconciliation au Mali et en Libye et a tous les atouts pour les mener à terme, comme elle a su le faire avec brio et reconnaissance internationale dans le conflit sur les frontières entre l’Ethiopie et l’Erythrée en décembre 2000.

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