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Nationale

Alger en consultation continue avec Washington

Alger en consultation continue avec Washington

La situation des ressortissants algériens en détention dans la prison de Guantanamo Bay, l’enclave américaine à Cuba, fait l’objet de consultations permanentes de la part des responsables algériennes avec leurs homologues américains.

C’est ce qu’a indiqué avant-hier le ministère de la Justice. Dans un communiqué rendu public en réaction « aux informations publiées par certains medias, relatives aux ressortissants algériens détenus à Guantanamo, et dans le but d’apporter les précisions utiles et d’éclairer l’opinion publique, le ministère de la Justice a indiqué que la situation des ressortissants algériens détenus à Guantanamo fait l’objet d’un suivi continu de la part des autorités algériennes avec leurs homologues américains ».

Selon la même source, « une délégation officielle algérienne a effectué, en 2006, un déplacement à la base navale de Guantanamo et a pu identifier vingt-six (26) ressortissants algériens qui y étaient détenus ». En accord avec les autorités américaines, des procédures de rapatriement ont été engagées à partir de l’année 2008, est-il précisé.

Le même communiqué ajoute qu’en décembre 2015, le ministre de la Justice, garde des sceaux a déclaré que sur 26 détenus, 18 avaient fait l’objet d’un traitement judiciaire par la justice algérienne et que huit détenus n’avaient pas été rapatriées.

Il est à préciser que sur les 18 personnes citées ci-dessus, 17 avaient été remises aux autorités algériennes, tandis qu’une personne (ayant une double nationalité) était rentrée en Algérie après avoir été transférée vers un autre Etat, qui avait donné son accord pour l’accueillir.

« En ce qui concerne les huit (8) personnes restantes sur les vingt-six initialement identifiées, six (6) d’entre elles (dont cinq portant une double nationalité) ont été transférées vers différents pays d’accueil et deux (2) sont encore détenues à la prison américaine de Guantanamo », précise le communiqué du ministère.

Dans une dernière liste rendue public récemment, par le ministère américain de la Défense (Pentagone) deux Algériens sont incarcérés parmi les 115 détenus en majorité des Yéménites et des Saoudiens dans le camp X-Ray à Guantanamo.

Selon la transcription américaine de cette liste nominative, Il s’agit de Abdelrezak Ali Bakhouche, identifié sous le code d’incarcération ISN685 et Sofiane Barhoumi identifié sous le code ISN694.

Dans le portait qui accompagne chaque nom, Bakhouche est présenté comme un ancien porte-parole du gouvernement des Talibans en Afghanistan et un fonctionnaire de ce gouvernement. Il aurait même occupé un poste ministériel. Arrêté en 2002 suite à l’invasion de l’Afghanistan par les Etats-Unis, il n’a jamais été reconnu coupable de terrorisme. Aucune charge officielle ne figure dans son dossier. Il est désigné sous le vocable de « combattants ennemi s ».

En janvier 2010, un juge fédéral du Pentagone a ordonné son jugement qui n’a jamais eu lieu. Toutefois, le 23 juin 2011, un juge fédéral ordonna son maintien en détention. Barhoumi quant à lui, a été jugé le 3 septembre 2009 puis maintenu en détention par trois juges fédéraux de Washington DC le 22 juin 2010 suite au refus de son recours.

Ces Algériens sont les derniers d’une liste de 25 qui ont été incarcérés depuis novembre 2001 à Guantanamo dont six kidnappés de Sarajevo en janvier 2002 par la CIA le jour de leur relaxe par la Cour suprême suite à des accusations de préparation d’attentats contre l’ambassade des Etats-Unis. Au total, 779 pensionnaires dont 60 mineurs sont passés par ce sinistre établissement pénitencier entre 2002 et décembre 2008. Il en restait 209 à la mi-juin 2009 puis 115 à ce jour.

Ces prisonniers, arrêtés en Afghanistan, Pakistan ou ailleurs ont été considérés par l’administration Bush comme des combattants ennemis » non protégés par les Conventions de Genève sur les prisonniers de guerre.

Une vingtaine d’entre eux est en cours de jugement devant les commissions militaires de Guantanamo. Neuf détenus sont morts à Guantanamo, le dernier en date étant Adnan Fahran Abdul Latif. Tous les Algériens libérés ont révélé avoir subi des tortures permanentes dont Belkacem Bensayah, l’un des six Algériens enlevés en Bosnie, avait eu trois côtes et les doigts fracturés.

Suite à une visite effectuée à Guantanamo Bay par des représentants du ministère de la Justice en 2007, les autorités algériennes avaient accepté d’accueillir 17 pensionnaires algériens de la prison américaine. Neuf sont retournés en Algérie et les autres ont préféré se rendre en France, Albanie ou la Bosnie. Plus de 200 de requêtes d’habeas corpus ont été déposées par des détenus de Guantanamo pour contester leur détention arbitraire.

L’administration de l’ex-président George Bush leur a refusé ce droit, arguant que la base de Guantanamo n’était pas sur le territoire américain et que les lois américaines ne s’appliquaient donc pas à eux ; tandis que leur statut inédit de combattant ennemi leur interdisait toute protection des Conventions de Genève.

Toutefois, l’Algérien Lakhdar Boumedienne, l’un des six enlevés en Bosnie, avait porté plainte contre Bush devant les tribunaux pour détention illégale. Son affaire avait défrayé alors la chronique judiciaire en 2007 et suite à laquelle il a obtenu sa libération. Il a constitué la brèche qui a permis à beaucoup de prisonniers de retrouver leur liberté.

En juin 2006, la Cour suprême des États-Unis a déclaré illégales les procédures judiciaires d’exception mises en place à Guantánamo. Le président Barack Obama avait promis sa fermeture, une décision qui n’a pas encore été entérinée à ce jour.

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