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Nationale

Alger balise la voie de sortie de crise

Alger balise la voie de sortie de crise

Le président tchadien ne s’est pas trompé. En déclarant il y a quelques années que les puissances qui ont dévasté la Libye en 2011 n’avaient pas assuré « le service après-vente ».

Un abandon international qui se manifeste par un désintérêt flagrant de la communauté internationale quant au sort de la Libye tandis que l’inde de choc du renversement de la Jamahiriya libyenne se fait ressentir dans l’espace Maghreb-Sahel avec des répercussions sécuritaires grâves pour les pays du voisinage. C’est dans cette logique que s’inscrivent les efforts de l’Algérie pour une solution inter-libyenne, inclusive et loin de toute interférence étrangère.

Le périple libyen de Abdelkader Messahel est une étape parmi d’autres dans les efforts de l’Algérie pour le rapprochement des points de vue des parties libyennes, très influencées par des mentors ou des spansors étrangers, qui jouent les contradictions socio-politiques du pays pour préviligier leurs propres intérêts.
Cette tournée a conduit le ministre algérien dans trois places fortes des certains protagonistes de la crise.

Benghazi pour rencontrer le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen et pro-consul qui aspire à jouer la carte de la force militaire pour dominer la scène politique de son pays. Beidha, en Cyrénaïque, pour s’entretenir avec le président du Parlement libyen, Aguila Saleh. Et enfin, Zintan, pour voir les notables de cette région de l’Ouest, à 136 km de la capitale Tripoli.

Alger qui a abrité des rounds de discussions des partis politiques libyens, se tient à équidistance de toutes les parties libyennes. D’où le crédit accordé à la démarche algérienne. En effet, loin de vouloir sponsoriser telle ou telle partie, l’Algérie semble mesurer l’impact d’une Libye en faillite politiquement et les menaces qui pèsent sur toute la région.

Que ce soit à Benghazi, Beidha ou Zintan, Abdelkader Messahel a martelé le même discours. A savoir, la nécessité de « à rapprocher les positions entre les frères libyens en vue de parvenir à une solution politique permanente à la crise libyenne à travers un dialogue inter-libyen inclusif et une réconciliation nationale susceptibles de préserver l’intégrité territoriale de la Libye, sa souveraineté, son unité et la cohésion de son peuple ».
Pour l’Algérie, il est primordial de préserver son voisin de l’Est des interférences internationales.

Depuis l’agression contre la Jamahiriya, les groupes libyens ont été instrumntalisé par de nombreux pays avec des agendas souvent antagonistes : l’Egypte, la Turquie, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, la France, les Etats-Unis. Que des intervenants qui ont paralysé une situation elle-même chaotique.

Le président du Parlement libyen a d’ailleurs salué la position algérienne tout en disant avoir reçus des assurances concernant « la disponibilité de l’Algérie à apporter aide et assistance au peuple libyen pour qu’il puisse surmonter sa crise, l’Algérie étant pleinement consciente de la complexité de la situation en Libye, d’où son rejet de toute ingérence étrangère dans les affaires internes de la Libye ».

Et c’est au nom de cette prise en charge nationale qu’Alger entend faire pousser les différents protagonistes dans le sens d’un dialogue inclusif, dont les résultats constitueront le socle pour assoir une politique de réconciliation nationale afin de lutter efficacement contre le terrorisme et préserver l’unité, l’indépendance et la souveraineté du pays.

Un mécanisme est capable selon certains observateurs, de consolider la démarche algérienne. L’entente des trois pays voisins de la Libye consitue justement une garantie supplémentaire pour amener les parties libyennes à davantage de concessions qui permettrons de modifier les accords de Skhirat et de renforcer la légitimité des institutions politiques qui devraient contrôler les moyens de la coercition légale, à savoir les forces de police et l’armée.

La volonté algérienne de trouver une solution politique en Libye sera-t-elle suivie par une adhésion sans condition de Tunis et surtout du Caire ? Quid de l’Onu ? Martin Kobler, avait qualifié la visite de Abdelkader Messahel de « message de soutien fort à la stabilité de la Libye ». La communauté internationale jouera-t-elle la carte de la médiation algérienne pour aboutir au même résultat auquel est parvenue l’Algérie au Mali ?

La situation au Fezzan est très préoccupante et l’action algérienne vient à point nommé pour réaffirmer la nécessité d’une solution durable pour sortir la Libye du drame dans lequel elle a été plongée par les puissances atlantistes depuis 2011.

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