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Nationale

Alger-Abou Dhabi : la rupture inévitable

Alger-Abou Dhabi : la rupture inévitable
Après le Maroc, l'Algérie évince les Emirats de sa nomenclature diplomatique

Face à l’escalade de provocations répétées et au franchissement irrémédiable des lignes rouges de la souveraineté nationale, l’Algérie a franchi un pas historique en officialisant, ce jeudi 10 septembre 2026, la rupture définitive de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Après le Maroc en août 2021, Abou Dhabi devient le deuxième pays arabe à subir une rupture formelle avec Alger, sanctionnant une alliance bilatérale ouvertement hostile aux intérêts stratégiques algériens.

L’annonce est tombée avec la solennité des grands tournants géopolitiques. Après avoir longtemps privilégié la voie du dialogue, de la retenue et de la modération, le gouvernement algérien a pris la décision radicale de rompre le fil diplomatique qui le liait à Abou Dhabi.
Dans un communiqué rendu public par le ministère des Affaires étrangères, Alger acte la fin de ses liaisons officielles avec l’État émirati, estimant avoir épuisé la totalité des recours amiables. L’ambassadeur émirati, convoqué en urgence au siège de la diplomatie algérienne en ce jeudi 10 septembre 2026, s’est vu notifier la décision formelle d’expulsion, assortie d’un ultime délai de 48 heures pour quitter le territoire national.

Au cœur de cette détérioration irréversible se trouvent les mises en garde répétées formulées au plus haut niveau de l’État par le président Abdelmadjid Tebboune. Les autorités algériennes ont accusé ouvertement au régime émirati de s’être coalisé avec Rabat dans une alliance stratégique globale visant à encercler l’Algérie et à mener des actions subversives dans son environnement immédiat, notamment par un activisme financier, politique et militaire au Sahel, en Libye et en Afrique du Nord.

Cette tentative de déstabilisation trouve ses racines dans les événements du Hirak de 2019. Dès le déclenchement de ce mouvement populaire, les Émirats arabes unis ont cherché par tous les moyens à s’immiscer dans les affaires intérieures algériennes en tentant de manipuler l’opinion publique. Abou Dhabi s’est employé à préserver ses leviers d’influence en apportant un soutien sans faille aux anciens caciques du régime d’Abdelaziz Bouteflika, aujourd’hui incarcérés pour des faits de corruption massive. Durant des années, nombre de ces figures de l’ancien système ont bénéficié de privilèges indus, de protections et de facilités financières directement accordés par les autorités émiraties pour verrouiller les flux économiques et politiques du pays à leur profit.

Sabotage  au Sahel, guerre hybride, narcotrafic et scandales financiers internationaux

L’analyse de cette rupture révèle également une stratégie de contournement visant à neutraliser les grands projets souverains algériens. Lors de rendez-vous stratégiques entre Abou Dhabi et Rabat, les Émirats arabes unis ont engagé des financements massifs pour le projet de gazoducgazoduc Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures. Selon leur nature d'usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales : 1- gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement. 2- gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté, désulfuré, ...) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation 3- gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries. Nigéria-Maroc, une démarche perçue par Alger comme une tentative directe de saboter le projet concurrent du Gazoduc Trans-Saharien (TSGP) devant relier Abuja à Alger via Niamey.

Sur le plan régional, la diplomatie émiratie s’est employée à miner les médiations algériennes au Sahel. Les promesses d’investissements formulées lors de la visite du ministre d’État émirati aux Affaires étrangères, Sheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, à Bamako en mai 2025, ont encouragé la rupture des autorités maliennes avec l’Accord d’Alger.

Plus récemment, les services algériens pointent l’implication financière d’Abou Dhabi auprès de groupes armés et de mutins au Niger visant à renverser le régime du général Abderrahmane Tiani, partenaire clé d’Alger dans la relance des projets d’infrastructures transsahariens.
Parallèlement, l’Algérie dénonce une guerre hybride d’une gravité inédite, matérialisée par le financement et la facilitation de campagnes visant l’introduction massive de drogues dures et de substances psychotropes sur le territoire national. Pour Alger, ces flux ne relèvent pas du simple grand banditisme, mais constituent une véritable arme de déstabilisation ciblant la jeunesse et la cohésion sociale.

Cette stratégie subversive s’appuie sur des infrastructures logistiques régionales, illustrées par le démantèlement récent en Tunisie d’ateliers clandestins de fabrication de psychotropes destinés au marché algérien. Les enquêtes des services de sécurité ont mis en lumière le rôle clé de réseaux criminels structurés, composés d’influenceurs et de ressortissants algériens installés aux Émirats. L’arrestation récente à Oran des membres d’un important réseau de trafic de cocaïne opérant directement depuis Abou Dhabi a apporté la preuve matérielle de cette connexion.

La dimension internationale de ce trafic a franchi un nouveau seuil à la suite des révélations de la police espagnole. Lors d’une conférence de presse, les autorités de Madrid ont dévoilé les dessous du fonctionnement de Dubai Bank. L’institution bancaire, établie en Espagne tout en opérant activement depuis Abou Dhabi, s’est retrouvée au centre d’un scandale majeur de blanchiment d’argent issu du narcotrafic en

Espagne et à travers l’Europe, confirmant l’utilisation de circuits financiers émiratis pour alimenter des réseaux criminels transnationaux.

Connexions anti-algérienne avec l’extrême droite française

Cette guerre d’influence s’est étendue jusqu’au cœur de l’Europe à travers une alliance stratégique et financière entre Abou Dhabi et les cercles d’extrême droite. Sous couvert d’une prétendue lutte contre le radicalisme, les réseaux émiratis ont financé d’importantes campagnes de dénigrement ciblant l’Islam et l’immigration, qualifiant cette dernière de vecteur d’islamisation de l’Europe.

Au centre de ces réseaux d’influence figure le soutien financier apporté au Rassemblement National (RN). Selon les investigations publiées par le journal Mediapart, les Émirats arabes unis ont été au cœur d’une opération de renflouement financier à hauteur de 8 millions d’euros injectés via un montage financier émirati pour éponger les dettes du parti.

Ces soupçons d’ingérence et de corruption politique se sont traduits par une proximité assumée, illustrée par la visite de Jordan Bardella aux Émirats arabes unis en juin 2025. Cette convergence d’intérêts visait à attiser le sentiment anti-algérien, à diaboliser la diplomatie algérienne et à cibler directement la diaspora algérienne, principale communauté immigrée en France.
L’axe d’obstruction à l’ONU : le pacte Abou Dhabi-Rabat-Tel Aviv

Au niveau multilatéral, la confrontation s’est cristallisée au siège des Nations Unies à New York. La diplomatie émiratie, portée par ses représentants permanents successifs — notamment sous l’impulsion clé de l’ambassadrice Lana Nusseibeh —, a agi de concert avec la representation marocaine et des relais israéliens pour court-circuiter systématiquement les initiatives algériennes.

À l’ONU, Abou Dhabi s’est imposé comme le principal maître d’œuvre du lobbying en faveur des positions du Makhzen, orchestrant un rapprochement stratégique entre Israël et le Maroc dans la foulée des accords d’Abraham.

Cet axe tripartite s’est donné pour mission prioritaire de neutraliser les positions de principe de la diplomatie algérienne, s’employant à paralyser ses démarches en faveur du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui au Sahara occidental ainsi que son plaidoyer historique en faveur de la cause palestinienne.

En parfaite cohérence avec cet alignement hostile, Abou Dhabi s’est pleinement inséré au sein d’un axe opérationnel avec le Makhzen marocain, appuyé par un soutien financier et logistique direct apporté au Mouvement pour l’auto-détermination de la Kabylie (MAK), organisation classée comme terroriste par l’État algérien. Face à cette coalition d’intérêts visant à ébranler sa sécurité nationale et son intégrité, l’Algérie a choisi de sceller une rupture ferme, définitive et historique.



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