-- -- -- / -- -- --


Nationale

Alerte sur le pain blanc : Un « poison lent » sur la table des Algériens

Alerte sur le pain blanc : Un « poison lent » sur la table des Algériens

Véritable pilier de l’alimentation nationale, la baguette blanche est aujourd’hui au cœur d’une polémique sanitaire. Entre explosion du diabète et progression de l’obésité, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme : ce produit raffiné, vidé de ses nutriments, se comporte comme un sucre rapide. Face à ce constat, l’Association des diabétiques d’Alger plaide pour une réforme urgente de nos habitudes et une implication de l’État pour imposer le pain complet.

Indispensable sur nos tables et sacré pour beaucoup, le pain blanc est pourtant devenu une menace pour notre santé. Alors que les Algériens en consomment à chaque repas, les médecins s’inquiètent. Ce pain, trop pauvre en nutriments et trop riche en sucre, favoriserait l’explosion du diabète et de l’obésité.

En Algérie, le pain est bien plus qu’un accompagnement, c’est la base de notre alimentation pour des raisons culturelles et économiques. Pourtant, cette omniprésence pose aujourd’hui un vrai problème de santé publique, car ce pain trop transformé ne nourrit plus correctement notre organisme, il l’épuise.

Pour comprendre le problème, il faut regarder de plus près ce que contient notre baguette classique. M. Fayçal Ouahada, président de l’Association des diabétiques de la wilaya d’Alger et éducateur en santé, explique que lors de la fabrication du pain, la farine est « raffinée », c’est-à-dire qu’on lui retire l’enveloppe du grain de blé. Si cela donne au pain sa blancheur et sa texture moelleuse, cela lui enlève aussi tout son intérêt, plus de fibres, plus de vitamines, et presque plus de minéraux. Ce qu’il reste, c’est ce que M. Ouahada appelle un « poison lent », un produit très riche en sucre rapide, mais totalement pauvre en nutriments.

Contacté par le Jeune Indépendant, M. Ouahada, n’a pas hésité à tirer la sonnette d’alarme. Selon lui, la place prépondérante du pain blanc dans le régime alimentaire des Algériens constitue un facteur aggravant dans la progression des maladies chroniques. « Notre habitude d’en consommer en grande quantité à chaque repas aggrave sérieusement la progression des maladies chroniques, comme le diabète », a-t-il avertit.

L’un des arguments avancés par cet éducateur en santé concerne l’impact glycémique du pain blanc. Il explique que 100 grammes de farine blanche possèdent une valeur énergétique proche de celle du sucre. Une caractéristique qui entraîne une élévation rapide du taux de sucre dans le sang, sollicitant fortement l’organisme, notamment chez les personnes prédisposées au diabète.
Cette réalité est d’autant plus préoccupante que la consommation de pain dépasse souvent les quantités recommandées, amplifiant ainsi les effets néfastes sur la santé.

Pour M. Ouahada, le lien entre la surconsommation de pain blanc et la montée des maladies chroniques ne fait aucun doute. Il évoque notamment le diabète, qui toucherait près de 5 millions d’Algériens, mais aussi l’obésité, en nette progression, ainsi que certaines formes de cancer.

Ces pathologies, qualifiées de maladies non transmissibles, représentent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique en Algérie. Leur augmentation est souvent associée à des changements dans les modes de vie, notamment une alimentation plus riche en produits transformés et en sucres rapides.

Face à ce constat, le président de l’Association des diabétiques ne prône pas une interdiction totale du pain, mais appelle à un changement progressif et raisonné. Il recommande en priorité le recours à des alternatives plus saines, telles que le pain complet ou le pain d’orge, connus pour leur richesse en fibres et leur effet plus modéré sur la glycémie.

Cependant, il insiste également sur un point essentiel qui est la modération. « Même un aliment sain peut devenir problématique s’il est consommé en excès », rappelle-t-il, soulignant la nécessité d’adopter des portions équilibrées.

Au-delà des recommandations individuelles, M. Ouahada plaide pour une implication plus forte des pouvoirs publics. Il propose notamment d’encourager, voire d’imposer progressivement aux boulangeries la production de pain complet, avec l’appui des ministères du Commerce et de la Santé. Une mesure qui, selon lui, pourrait amorcer un véritable changement à l’échelle nationale.

Mais pour cet éducateur en santé, la solution ne peut être uniquement réglementaire. La clé réside avant tout dans la sensibilisation et l’éducation à la santé. À travers les actions de son association, il œuvre à diffuser une culture de prévention, en informant les citoyens sur les risques liés à certaines habitudes alimentaires et sur les alternatives possibles.

L’objectif est de permettre aux Algériens de faire des choix éclairés pour leur santé, en intégrant progressivement de meilleures pratiques dans leur quotidien.

Pour le président de l’Association des diabétiques d’Alger, le problème dépasse le simple morceau de pain. Selon lui, c’est toute la façon de manger des Algériens qui doit évoluer. Entre nos traditions et le manque de moyens, le défi est immense mais vital pour notre santé.
Fayçal Ouahada insiste sur le fait que pour stopper la progression du diabète et de l’obésité, il n’y a pas de secret. Il recommande de réduire fortement le pain blanc, de privilégier des alternatives plus nutritives (comme le pain complet) et d’apprendre à équilibrer nos repas.

Ce changement ne se fera pas du jour au lendemain, prévient l’expert. Pour réussir ce chantier, il appelle à la mobilisation de tous, les citoyens, les médecins, les boulangers, mais aussi l’État, qui doit accompagner cette transition alimentaire.



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email