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Nationale

Alerte au surpoids : Le mal qui ronge les Algériens

Alerte au surpoids : Le mal qui ronge les Algériens

Entre sédentarité galopante et explosion de la malbouffe, l’Algérie affiche des courbes de poids préoccupantes. Alors que l’obésité gagne du terrain dans toutes les couches de la société, les experts tirent la sonnette d’alarme sur une crise de santé publique majeure. Diabète, hypertension et maladies cardiovasculaires menacent désormais une part croissante de la population, mettant le système de santé face à un défi sans précédent.

Longtemps perçue comme une simple question d’apparence ou de volonté individuelle, l’obésité s’impose aujourd’hui comme l’un des défis sanitaires majeurs. En Algérie, la progression rapide du surpoids, notamment chez les femmes et les enfants, inquiète de plus en plus les spécialistes.

A l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité, le Pr Soumia Fedhala, cheffe de service d’endocrinologie à l’hôpital Lamine Debaghine, tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur croissante de cette maladie, encore trop banalisée et qui menace désormais l’équilibre sanitaire de la société et appelle à une mobilisation collective.

« L’obésité n’est pas une fatalité, mais c’est une maladie chronique, évolutive et grave », a insisté le Pr Fedhala, lors de son passage sur les ondes de la Radio algérienne. Elle rappelle que cette pathologie est reconnue officiellement comme maladie par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1997.

Bien au-delà d’un simple excès de poids, l’obésité est associée à de nombreuses complications qui affectent l’ensemble de l’organisme. L’Algérie n’échappe pas à cette tendance mondiale préoccupante. Selon les données les plus récentes datant de 2022, près de la moitié de la population est en surpoids et environ un quart souffre déjà d’obésité.

Une évolution qui pourrait s’aggraver dans les prochaines années si aucune mesure efficace n’est mise en place. « Si cette progression se poursuit, la moitié de la population pourrait être obèse d’ici à 2030 », a averti la spécialiste.

Parmi les tendances les plus inquiétantes figurent l’augmentation rapide de l’obésité chez les femmes et les enfants. D’après le Pr Fedhala, près de deux tiers des femmes sont aujourd’hui en situation de surpoids ou d’obésité, un taux nettement supérieur à celui observé chez les hommes.

La situation des plus jeunes suscite également une vive inquiétude chez les professionnels de santé. Les chiffres montrent qu’environ 13 % des enfants sont concernés par le surpoids ou l’obésité. Une proportion qui atteint parfois 25 % dans certaines villes. « Cela signifie qu’un enfant sur quatre est en surpoids ou obèse », a alerté la spécialiste, soulignant les conséquences à long terme de ce phénomène. « Un enfant obèse aujourd’hui sera un adulte malade demain, avec des complications plus précoces », a-t-elle prévenu.

Contrairement à certaines idées reçues, les causes endocriniennes restent minoritaires dans l’apparition de l’obésité. Selon le Pr Fedhala, elles ne représentent qu’environ 3 % des cas. La majorité relève plutôt de ce que les spécialistes appellent « l’obésité commune », résultant d’un déséquilibre entre une alimentation trop riche et un manque d’activité physique. La transformation des habitudes alimentaires et l’essor de la sédentarité jouent un rôle déterminant.

« Nous assistons à une consommation accrue d’aliments riches en sucres, en graisses, de fast-food et de produits industriels », explique la spécialiste. Parallèlement, les modes de vie ont profondément changé, notamment chez les jeunes, avec une forte exposition aux écrans.

Smartphones, jeux vidéo et télévision occupent désormais une place importante dans le quotidien des enfants, souvent au détriment de l’activité physique et d’un sommeil de qualité, deux facteurs essentiels à une bonne santé.

 Une mobilisation collective indispensable

Face à ce phénomène qui prend l’allure d’une épidémie silencieuse, la prévention apparaît comme la stratégie la plus efficace. Le Pr Fedhala appelle à une mobilisation collective impliquant les familles, l’école et les médias.

Au sein du foyer, les parents jouent un rôle central dans l’adoption de bonnes habitudes alimentaires. « Il faut limiter la consommation de sucre, de sodas, de fritures et de malbouffe, et privilégier une alimentation simple et équilibrée, riche en fruits et en légumes », a-t-elle conseillé.

obese

sédentaire et malbouffe

L’école constitue également un espace clé pour agir. La spécialiste plaide pour un renforcement de l’activité physique en milieu scolaire et l’introduction d’une véritable éducation nutritionnelle dès le plus jeune âge.

Au-delà de ses conséquences sur la qualité de vie, l’obésité expose à de nombreuses pathologies graves. Diabète, hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires, stéatose hépatique ou troubles articulaires figurent parmi les complications les plus fréquentes.

Mais la spécialiste rappelle aussi un risque encore peu connu : celui des cancers. « L’obésité est impliquée dans environ 13 types de cancer, notamment des cancers hormonodépendants chez la femme », a-t-elle précisé. Un constat qui renforce l’importance du dépistage précoce et du suivi médical régulier.

Pour le Pr Fedhala, la lutte contre l’obésité doit désormais être considérée comme une priorité de santé publique. « L’obésité est une véritable urgence sanitaire. Si nous n’agissons pas maintenant, les générations futures paieront un lourd tribut », a-t-elle conclu.

Face à la progression rapide de cette maladie chronique, la sensibilisation, la prévention et l’adoption de modes de vie plus sains constituent les principaux leviers pour inverser la tendance.



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