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Culture

Alerte à la restauration d’un patrimoine

Alerte à la restauration d’un patrimoine

Edité par Dar Houma, le Beau livre Casbah d’Alger Patrimoine en péril de Mohamed Benmeddour sera présenté à la présente édition du Salon international du livre d’Alger, il constitue un appel insistant à la restauration effective d’un site classé au patrimoine mondial de l’humanité.

Natif de la Casbah d’Alger, diplômé de l’Ecole d’architecture et des Beaux-arts, chercheur dans le patrimoine matériel et immatériel, Mohamed Benmeddour livre un nouvel ouvrage (Il compte déjà 43 publications sur le patrimoine culturel algérien) dans lequel il confronte l’histoire et la beauté d’une cité millénaire à l’autopsie d’une restauration « fébrile » et à un état des lieux des plus « navrants ».

Dans sa première partie, cette œuvre est consacrée à l’histoire de la Casbah, à ses édifices comme les portes de la ville, ses palais, ses mosquées, ses fortifications et à Sidi Abderahamane Ethaâlbi, le Saint Patron d’Alger.

Son auteur revient sur l’histoire de cette cité millénaire depuis la Régence d’Alger à nos jours, en passant par les différentes mutations de l’époque coloniale. Il s’arrêtera longuement sur les différentes destructions et modifications, subies par la vieille cité – sous la Régence ottomane puis sous occupation française – comme la démolition de lots de maisons pour édifier palais et demeures de notables de l’époque ottomane.

Il citera également un rapport de l’armée coloniale datant d’août 1830 et faisant état de saccage, voire de destruction, « de 900 maisons de campagne et de la plupart des documents administratifs » de la ville, obligeant « plus de 20 000 habitants de la Casbah » à immigrer vers le Moyen Orient. Nombre d’îlots sont alors démolis pour laisser place à des immeubles de style européen avec la création de voies carrossables.

Et dans un chapitre sur la Citadelle d’Alger (appelée communément Dar el soltane par les Algérois), il revient sur l’histoire de ce palais, bâti en 1592 par le Mâallem Moussa El Andaloussi. Palais qui a abrité des casernements avant de devenir le centre du pouvoir politique, administratif et militaire des deux derniers Deys d’Alger.

Il rapporte qu’à l’indépendance Dar el soltane sera squattée par 60 familles. Elles ont procédé à d’autres modifications, avant que sa restauration – non encore achevée – ne soit confiée en 1985 à un bureau d’études polonais, puis à l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés.

Mohamed Benmeddour est lui-même un ancien cadre de cet Office (ex-Agence nationale d’archéologie et de protection des sites et monuments historiques créée en janvier 1987), il évoque encore la restauration de la Casbah d’Alger qui, à ce jour, n’a pas encore connu d’avancée significative en raison du « retard dans les travaux d’urgence » qui s’éternisent depuis « plus de dix ans », affirmant que le projet est doté d’une enveloppe « suffisante ». 600 bâtisses de la Casbah d’Alger – sur un total de 15 000 demeures dénombrées durant la période ottomane – sont encore récupérables, atteste l’auteur dans ses rapports.

Cette partie de l’ouvrage est augmentée de photographies prises dans les rues de la Casbah pour illustrer l’état de délabrement des rues et bâtisses. Une série d’une soixantaine de gravures et peintures de la Casbah à l’époque ottomane, issue d’une collection personnelle de l’auteur, est également numérisée et publiée dans ce beau livre de référence.

Casbah d’Alger Patrimoine en péril de Mohamed Benmeddour
Editions Houma, 2016
158 pages
Prix : 2184.00 DA

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