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Culture

Aït Ouaghlis ou l’art de la tolérance et de la déférence

Aït Ouaghlis ou l’art de la tolérance et de la déférence

Faut-il présenter Aït Ouaghlis Mohamed au grand public ? La génération montante chercherait à explorer ses mélodies ; celle déjà conquise fredonnait depuis ses romances.

Né à Tinebdar (Sidi-Aïch, Béjaia) où il a passé sa petite enfance, et à l’âge de sept ans, Mahfoud Mohamed (de son vrai nom) a commencé à côtoyer les rues d’Alger, la ville qui l’a vu grandir. À El-Harrach où il vit actuellement, Aït Ouaghlis n’a pas cessé de forger son esprit d’honnêteté. Il poursuit dans le couronnement de son âme d’artiste de jolies compositions musicales et notes poétiques en harmonisant les temps qui fuient avec ceux rongeant l’esprit tout en trouvant refuge dans ce qui nous chatouillait les sens. Le grand plaisir pour lui est de nous faire plaisir en nous invitant dans le monde positif, et c’est dans cette perspective qu’on avait mûri et éduqué nos conduites dans le contrôle de nos gestes et freinage de nos penchants parfois irréfléchis.
Esthète, persévérant et perfectionniste, il avait frayé son chemin d’écolier en honorant son engagement et en pesant sa responsabilité.
Le parcours semé de quelques embûches, certes, mais il a su interroger par un questionnement raisonnable et lire par des arrière-pensées ses préjugés et son rapport au passé allant de pair avec ses capacités d’encaisser pour à la fin s’adapter et adopter son bonhomme pétri de toutes les bontés humaines.
Ajustant les voiles du vent dans ses équations à multiples inconnues et en fonction de ses états d’âme, il a su chasser le négatif se développant en filigrane et se renouvelant en catimini.
Aït Ouaghlis a porté la couleur de son empreinte sur tous les sujets. Il a chanté pour son pays et pour l’amour qu’il lui devait en associant son attachement et son optimisme tout en lui témoignant sa gratitude.
Il a mêlé l’exil à son verbe sensible en le rimant avec la poésie lyrique par un état de langueur persistant et corrosif. Il a endossé et supporté la dureté de la vie par une philosophie associée appropriée sans tomber pour cela dans la complaisance et l’amertume. Considérant qu’il faut peindre d’un autre œil plus démocratique et lumineux les vicissitudes des politiques irresponsables, il éprouvait néanmoins de la répugnance à toutes ces ombres chinoises brisant les consolidations des relations humaines et celles du combat amazigh auquel il est voué.
La femme cherchant émancipation et libération des asservissements bridés aux jargons soutenus et jougs entretenus est mis en valeur amoureusement et sensiblement dans ses chansons jusqu’à transposer sur des pétales une lumière stimulante et une chaleur vernale les incitant à bousculer l’ordre des choses pour ainsi s’ouvrir sur un nouveau mode de vie plus libre.

Même si l’aigle perd un peu de ses plumes face aux pénombres de la nuit, les doutes, les miroirs évocateurs, les errances, les horizons flous et les risques, mais les serres seront là pour s’agripper.


Sans risques, il n’y a pas de regrets, et si le regret est là, c’est la conscience se faufilant entre les corridors du temps qui en sera témoin. L’effet de boomerang n’avait point de conséquence sur son parcours puisqu’il était entré dans l’univers de l’art par la porte ouverte à sa confiance et volonté, ainsi se définissait discrètement Aït Ouaghlis : mettre des jalons à ses repères, c’est se confier à ses erreurs, et c’est la raison pour laquelle il évitait d’agir et de réagir conséquemment que lorsque l’intérieur fonctionnaliste de soi s’adaptait au milieu dans lequel il évoluait.
Cependant, il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de son triomphe : les esprits nostalgiques reprochaient au temps d’avoir cédé si tôt à la célérité ; ceux qui le subissent montraient du doigt les aléas de la vie auxquels tout individu était conditionné. L’enchantement comme havre de béatitude auxiliaire venait du souhait de regarder à travers le prisme de ses créations : ses mélodies et la suavité de sa voix mêlant maturité et sérénité nous mettaient du baume au cœur. Somme toute, pour ne citer que « Ini-as i yemma labas » (Dis à maman que je vais bien) ou « Bqa ɛla xir a Paris » (Au revoir, Paris) incluses dans la cassette audio sortie en 1981 à Alger, avouons que l’album nourrissait et entretenait depuis et encore de jolis sentiments peints de fraternité et d’amour dans nos cœurs. 

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