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Nationale

Aïssa s’attaque aux dérives religieuses à l’école

Aïssa s’attaque aux dérives religieuses à l’école

Les conservateurs de tous bords ne vont pas rester les bras croisés. Ils vont vraisemblablement déclencher des polémiques à l’endroit du ministre des Affaires religieuses qui s’est engagé dans un processus de reprise en main des mosquées, des salles de prière privées et actuellement des programmes religieux dans les manuels scolaires, en s’appuyant sur le département de sa collègue de l’Education, Mme Nouria Benghebrit.

Le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, veut « nettoyer », « dépouiller » et « réformer » les cours d’éducation religieuse à l’école : « Une préoccupation qui concerne directement mon département qui doit dépoussiérer et déblayer ces référents de l’enseignement », dit-il.

Le ministre, qui prône depuis longtemps un retour à l’islam ancestral pour faire face à l’extrémisme religieux, met les bouchées doubles pour extirper le « virus » des programmes scolaires qui a engendré la haine entre les Algériens, selon ses dires. 

Ainsi, tout le contenu des programmes d’instruction religieuse à l’école publique va être revu de fond en comble, a indiqué hier Mohamed Aïssa à la presse.

Le ministre, qui souhaite parvenir à une culture civique dans l’école publique et contre la manifestation de l’intolérance, a fait savoir que des commissions mixtes entre son ministère et celui de l’Education sont déjà à pied d’œuvre et ont commencé leurs travaux.

Les résultats des travaux seront ensuite adressés, avant la prochaine rentrée scolaire, aux différentes académies qui vont « accoucher » ensuite de cours-pilotes lesquels seront enseignés dans le premier palier de l’éducation.

Des enseignants continuent d’assurer des leçons aux élèves du primaire sur les rituels funèbres et « adhab el kabr ». Des spécialistes du monde pédagogique ont alerté depuis longtemps les autorités sur la tentative de prendre en otage l’école algérienne par le bannissement de son référent religieux modéré et de son héritage culturel et historique.

Des experts ont mis le doigt sur la plaie en examinant le contenu de certains manuels scolaires. Selon eux, les cours contiennent un discours « sinon haineux de l’autre, cet ennemi qui ne partage pas la même religion. Les manuels d’histoire en première année secondaire comportent des doses d’intolérance où l’histoire berbère de l’Algérie est réduite à la portion congrue.

Des enseignants obligent les enfants du cycle primaire à s’acquitter de la prière islamique sur l’estrade de la classe. Un parent d’élève est allé se plaindre au directeur de l’école primaire.

Ce dernier lui a demandé de s’adresser directement au ministère de l’Education nationale qui a inclus ces cours de prière obligatoires dans le programme pédagogique de l’école élémentaire.

Les réformes de seconde génération ne s’arrêteront pas là puisque même l’histoire et l’éducation civique sont concernées, dit-il. Selon le ministre, il faut réécrire l’histoire telle qu’elle est écrite, sans politisation et en tenant compte des changements introduits dans la nouvelle Constitution. Mohamed Aïssa a ajouté que les réformes toucheront aussi les écoles coraniques, privées et les préscolaires. 

Le ministère des Affaires religieuses va se charger de la réforme des cours au niveau des zaouïas agréées. Là aussi des résistances vont s’organiser. Pendant près de vingt-trois ans (de 1976 à 1999), les programmes d’éducation islamique sont restés sans changement sérieux sauf à déplacer, avancer ou reculer dans le temps l’apprentissage de sourates considérées plus ou moins difficiles.

En 1999, et faisant suite à une action d’allégement des programmes menée en 1993, une opération de « nettoyage » des contenus fut initiée par le ministère de l’Éducation nationale, touchant tout ce qui apparaissait comme appel à la violence, au djihad et à l’intolérance.

Si, pour le premier et deuxième cycle (primaire), c’est le maître d’arabe qui a la charge de l’éducation islamique, au collège c’est l’enseignant spécialisé en lettres arabes qui prend la relève. Jusque-là, enseigner l’éducation islamique « formait un pseudo mufti et non un musulman civil, bon modéré, patriote », déplore le ministre qui souhaite, dans l’école publique, privée, coranique parvenir à une culture civique, « contre la manifestation de l’intolérance ».

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