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Monde

Aides financière et médicale: Comment l’Afrique résiste à la prédation des États-Unis

Aides financière et médicale: Comment l’Afrique résiste à la prédation des États-Unis

Le continent africain est de nouveau le théâtre d’une offensive d’influence majeure, mais sous un visage particulièrement brutal. À travers la stratégie « America First Global Health Strategy » et une diplomatie ouvertement transactionnelle, les États-Unis de la seconde administration Trump déploient une politique qui cherche à instrumentaliser la vulnérabilité des États africains.

Derrière les discours de partenariat commercial et de sécurité, Washington met en place une mécanique d’assujettissement moderne où les droits humains, la santé publique et la souveraineté nationale sont sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et géopolitiques américains. Face à cette pression asymétrique, une résistance africaine s’organise pour dénoncer ce qui s’apparente désormais à un véritable activisme biomédical et à une tentative de tutelle politique.

—-L’aide internationale, un moyen de chantage

L’effondrement ciblé des mécanismes traditionnels de coopération illustre cette rupture brutale. Le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) en 2025, suivi de la réduction drastique des budgets d’aide au développement et de lutte contre les pandémies, n’a rien d’un simple ajustement budgétaire. C’est un instrument de pression délibéré.

En conditionnant le maintien d’une infime fraction des programmes de santé à la signature d’accords bilatéraux stricts, Washington contraint des nations aux budgets fragiles à céder sur des pans entiers de leur souveraineté.

L’Afrique du Sud en a fait l’expérience . Pour avoir exercé sa souveraineté diplomatique en contestant les crimes d’Israël à Gaz devant la Cour internationale de Justice et en maintenant sa ligne de non-alignement, Pretoria s’est vue infliger des surtaxes douanières de 30 %, la suspension de l’aide américaine et un boycott diplomatique belliqueux.

La désignation d’un ambassadeur américain ouvertement hostile au pouvoir en place, colportant les récits du « génocide blanc », témoigne de la volonté d’ingérence de Washington dans les affaires intérieures des États qui refusent de se plier à la volonté du locataire de la Maison Blanche.

Cette diplomatie du bâton et de la carotte se vérifie également dans le secteur stratégique des ressources naturelles. En imposant une approche fondée sur le principe « le commerce plutôt que l’aide », les États-Unis prétendent offrir des débouchés commerciaux tout en affaiblissant les instruments protecteurs comme l’AGOA, rendu instable par des révisions annuelles et des hausses arbitraires de tarifs douaniers.

L’objectif réel est de sécuriser à bas coût l’accès aux minerais critiques indispensables à la transition énergétique et aux industries de défense américaines, tels que le cobalt, le coltan et le cuivre. Dans les négociations de paix en Afrique centrale, notamment entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, Washington privilégie le verrouillage des approvisionnements en matières premières au détriment d’une résolution durable des fragilités de gouvernance et de l’inclusion des populations civiles dévastées par les conflits.

La condamnation quasi unanime par l’Union africaine et de nombreuses capitales des interventions unilatérales américaines à l’étranger, notamment au Venezuela, rappelle à quel point les nations africaines restent viscéralement attachées aux principes de la Charte des Nations unies et au rejet des pratiques impérialistes d’un autre âge.

—- Le pillage des ressources africaines

Au-delà de la pression diplomatique et minière, la menace la plus insidieuse réside dans la confiscation des données biologiques. Dans l’économie du XXIe siècle, la donnée génomique et les échantillons de pathogènes sont devenus des marchandises d’une valeur inestimable, alimentant un secteur biotechnologie mondial pesant plusieurs milliers de milliards de dollars.
Les récents accords de santé bilatéraux proposés par Washington cachent, sous couvert d’aide humanitaire, une exigence de captation massive des intelligences sanitaires nationales. Le Zimbabwe a posé un acte de souveraineté historique en rejetant un accord de 367 millions de dollars qui l’aurait obligé à céder ses données épidémiologiques et ses échantillons biologiques sans la moindre garantie d’un accès équitable aux vaccins et traitements futurs. Harare a refusé à juste titre de réduire son pays au rang de simple fournisseur de matières premières scientifiques pour l’industrie pharmaceutique américaine, exposant ainsi l’hypocrisie d’un système qui punit immédiatement les récalcitrants par le retrait accéléré des financements.

Le scénario qui s’est joué au Zimbabwe n’est pas isolé. En Zambie, les conditions exigeaient un cofinancement local disproportionné combiné à des clauses de subordonner la santé publique à la conclusion de contrats miniers bilatéraux. Au Kenya, c’est la justice qui a dû intervenir pour suspendre un accord de 2,5 milliards de dollars menaçant la protection des données personnelles des citoyens.

Cette méthode américaine visant à diviser pour mieux régner en négociant de gré à gré avec des pays individuellement affaiblis contourne délibérément l’Accord sur les pandémies de l’Organisation mondiale de la santé et ravive les traumatismes de la médecine coloniale.

Des campagnes d’expérimentation coercitives du siècle dernier aux dérives éthiques de géants pharmaceutiques à Kano (Nigéria) dans les années 1990, l’Afrique a trop souvent payé le prix fort de l’asymétrie médicale.

Aujourd’hui, face à ces nouvelles formes d’impérialisme scientifique et politique, le salut du continent repose sur un refus catégorique du chantage et sur une négociation strictement collective, portée par des institutions unies comme l’Union africaine et l’Africa CDC, afin d’imposer des partenariats basés sur le respect, la réciprocité et la souveraineté.



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