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Nationale

Ahmed Ouyahia soutient Messahel : «Si nos voisins s’énervent, tant pis pour eux»

Ahmed Ouyahia soutient Messahel : «Si nos voisins s’énervent, tant pis pour eux»

Les déclarations fortes de Abdelkader Messahel sur le Maroc ont eu l’aval des plus hautes autorités du pays, à commencer par celui du Premier ministre Ahmed Ouyahia, qui a soutenu pleinement et sans hésitation son ministre.

Et si d’aucuns s’attendaient à ce que l’Exécutif recadre ou à tout le moins désavoue le MAE ou si d’aucuns qui s’interrogent encore sur la sortie de Messahel, se demandant si elle a été improvisée ou pas, le doute n’est plus permis aujourd’hui. Les pseudos-moralisateurs ou les donneurs de leçons en ont pris aussi pour leur grade. 

Invité hier de la Chaîne III, Ouyahia est intervenu pour soutenir le ministre des Affaires étrangères, qui a accusé le Maroc de blanchir l’argent du hachisch dans les banques africaines. Le patron du RND a insisté sur le fait que son parti apporte « un soutien sans réserve » à la diplomatie algérienne « Si nos voisins s’énervent, tant pis pour eux », a-t-il dit.

La presse marocaine, qui a relayé l’information, n’a pas manqué de sauter sur l’occasion pour affubler le Premier ministre d’un nom d’animal et avant lui de tenir sur le ministre des AE de propos abjects que la morale réprouve.

Est-il normal et déontologique qu’un organe de presse puisse descendre aussi bas s’il n’a pas reçu l’aval du palais royal ? Et on passe sur d’autres propos malaveillants sur le président Bouteflika, sur le chef d’Etat-major et sur nombre de personnalités algérien traînées dans la boue.

Or, il se trouve ici en Algérie, des personnalités politiques et civiles, des médias, surtout du privé, qui continuent à prêcher la bonne entente entre les deux pays. Attaqué et vilipendé par certains acteurs politiques, le soutien sans faille du Premier ministre remet les choses à leur place.

L’Etat algérien a décidé de ne plus accorder à ce pays le moindre respect. Lorsqu’un individu a escaladé le mur de l’ambassade algérienne à Rabat, violant ainsi l’espace territorial et arraché le drapeau algérien, le tout nouveau ministre des AE à l’époque, Ramtane Lamamara, n’a pas voulu envenimer les choses, choisissant la voie de la raison, disait-il.

A une question posée par le Jeune Indépendant lors de sa première conférence de presse en compagnie de Messahel, alors ministre de l’Information, Lamamara a réfuté l’idée selon laquelle la réponse algérienne à cet acte gravissime n’était pas approprié au geste de cet individu.

Les autorités marocaines, saisies par la chancellerie avaient promis de sévir. Il n’en fut rien et le citoyen de sa majesté a retrouvé la liberté quelques jours plus tard. Depuis, les incidents de ce genre se sont multipliés couplés à une campagne médiatique hystérique sans précédent.

Leur ministre des AE, le chef de la BCIJ, le ministre de l’Intérieur, la presse (TV et presse écrite) dans son ensemble, et aujourd’hui le ministre des Finances, ne se gênent plus pour attaquer, diffamer, dire des contrevérités sur l’Algérie et sa diplomatie.

Fallait-il encore attendre et espérer une hypothétique accalmie pour avancer dans la normalisation ou dire les quatre vérités pour mettre ce pays au pas, lui qui ne s’interdit rien dans la provoc. De plus ce pays, qui conteste le leadership de l’Algérie dans la région et dans le continent, ne veut justement pas que ça continue.

Exemple : lors de son adhésion automatique à l’UA, cette presse a déclenché une campagne médiatique hystérique à l’endroit de l’Algérie, accusée faussement d’avoir tenté de freiner, avec l’aide de l’Afrique du Sud, son processus d’adhésion. Pourtant la sortie de Messahel a eu au moins le mérite d’engager un débat interne au Maroc.

Si certains, toutes voiles dehors continuent de s’attaquer férocement à l’Algérie et à son ministre comme le fait le ministre des Finances, d’autres, par contre, ont profité de cette escalade pour poser les vraies questions liées, entre autres, au blanchiment de l’argent provenant de la drogue.

En posant la question de savoir si le ministre algérien a raison de pointer du doigt le laxisme du Maroc, la réponse est dans la question.

Le débat est-il enfin enclenché chez les voisins de l’Ouest ? Enfin, quelle mouche a piqué le doyen du corps diplomatique africain à Rabat, l’ambassadeur Nimaga Ismaila, à parler au nom de ses pairs africains et à ss’engouffrer dans une histoire qui ne le concerne pas : « Les chefs de mission des pays africains ont pris acte avec étonnement des déclarations (du ministre algérien des Affaires étrangères), qui émanent de la voix la plus autorisée des autorités algériennes », a indiqué cet ambassadeur dans une déclaration à l’agence marocaine MAP.

Le doyen du corps diplomatique africain a qualifié d’« osée », l’imputation par le ministre algérien de ces propos à des chefs d’Etat africains.

A cet égard, Nimaga Ismaila a indiqué que les chefs d’Etat africains « se réuniront à Addis-Abeba », et que ce sera une occasion pour exiger des « explications » sur leur implication dans de telles déclarations. Cet ambassadeur ou son pays devra rendre des comptes pour ses propos déplacés. Fini le temps des excuses. Place au réalisme politique.

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