-- -- -- / -- -- --
Nationale

Ahmed Ouyahia devant les sénateurs : Comme un fleuve tranquille

Ahmed Ouyahia devant les sénateurs  : Comme un fleuve tranquille

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, présentera aujourd’hui son plan d’action devant le Conseil de la nation dominé par deux partis,  le FLN et le RND, majoritaires dans cette assemblée.

Le plan d’action du gouvernement adopté jeudi dernier par l’APN sera débattu, deux jours durant en séance plénière, par les membres de la deuxième chambre du Parlement.

Le Premier ministre apportera, quant à lui, ses réponses jeudi prochain aux questions des sénateurs qui peuvent émettre une résolution relative à ce plan d’action.

Ouyahia a tenu à rassurer, notamment lors des débats à l’APN, que le recours au financement non conventionnel est sans risques pour l’économie nationale. « Il s’agit d’une affaire de gestion économique pour une période de cinq ans maximum, qui dépend de données purement économiques, loin des calculs politiciens », a-t-il explicité.

Il a ajouté que ce recours évitera au pays « une crise financière aiguë », promettant que « le temps prouvera si le gouvernement avait raison ou tort d’adopter cette mesure ». Il a aussi fait savoir que son gouvernement a élaboré une feuille de route détaillée pour sortir de la crise et relancer l’économie.

Si la semaine passée, Ahmed Ouyahia a eu fort à faire avec les députés de l’opposition, dont certains se sont exprimés avec une rare virulence, son passage devant les sénateurs sera comme un fleuve tranquille, étant donné que la majorité des sénateurs issus, du FLN, du RND et du tiers présidentiel, voteront sans broncher en faveur du texte.

En effet, Ouyahia a essuyé les critiques des partis d’opposition et de certains analystes, notamment pour ce qui est du chapitre économique et financier.

Ces derniers lui reprochent de recourir à la planche à billets pour financer la dette publique et éviter une cessation de versement des salaires des fonctionnaires. Une solution de « facilité » qui, selon eux, ne fait que retarder l’apparition au grand jour des effets de la crise née de la baisse des prix du pétrole.

Pour rappel, ce plan se décline en trois axes principaux. Le premier est d’ordre politique et s’articule autour de la préservation de la sécurité, de la stabilité et de l’unité du pays. Il insiste aussi sur la consolidation de la démocratie, y compris par une bonne organisation des élections locales du mois de novembre 2017.

Le second axe, à vocation économique, consiste à faire en sorte de booster la croissance, grâce à l’amélioration de l’environnement des affaires, à la promotion de l’investissement, au soutien au développement agricole et rural, ainsi qu’à la valorisation du développement local.

Plus concrètement, il a été question d’autoriser, à titre exceptionnel et pour une période de cinq ans, la Banque d’Algérie à prêter directement au Trésor public afin de permettre à ce dernier de financer les déficits du budget de l’Etat, de financer la dette publique interne, et d’allouer des ressources au Fonds national de l’investissement. 

En dernier lieu arrive le chapitre social. Selon la même source, le plan d’action du staff Ouyahia œuvrera à la poursuite de la réforme du système d’éducation et de formation ainsi que du système de santé.

Aussi, il tâchera de résorber le déficit en logements, de réduire le chômage, d’améliorer le cadre de vie des citoyens, ainsi que de garantir la justice sociale et de maintenir la solidarité nationale.

Enfin, le projet de loi sur la monnaie et le crédit sera présenté demain par le ministre des Finances devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN).

Ce projet de loi modifie et complète l’ordonnance de 2003 en introduisant un article 45 bis qui dispose que la Banque d’Algérie « procède, dès l’entrée en vigueur de la présente disposition, à titre exceptionnel et durant une période de cinq années, à l’achat directement auprès du Trésor, de titres émis par celui-ci à l’effet de participer, notamment, à la couverture des besoins de financement du Trésor, au financement de la dette publique interne et au financement du Fonds national d’investissement (FNI) ».

L’article 45 bis note que ce dispositif est mis en œuvre pour « la réalisation d’un programme de réformes structurelles économiques et budgétaires devant aboutir, au plus tard, à l’issue de la période susvisée, notamment, au rétablissement des équilibres de la trésorerie de l’Etat et de l’équilibre de la balance des paiements.

Un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de cette disposition, par le Trésor et la Banque d’Algérie, est défini par voie réglementaire.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email