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Nationale

Ahmed Gaïd Salah, l’homme de l’œuvre accomplie

Ahmed Gaïd Salah, l’homme de l’œuvre accomplie

S’il y a bien un héros  digne de ce nom en Algérie, c’est bien le défunt Ahmed Gaïd-Salah. Il aura tiré sa révérence au dernier acte de son œuvre de stabilisation de l’Algérie et réussi, au bout de ce parcours éreintant, à accompagner le processus électoral jusqu’à ce que les Algériens élisent enfin un président de la République.

Les bons croyants diront, à juste titre, qu’Allah aura agréé sa démarche en lui donnant la force d’aller jusqu’au bout. Nous dirons également qu’Allah aura préservé l’Algérie de sa disparition jusqu’au bout.
On ne peut s’empêcher, même quand on croit au destin, de frissonner à l’idée d’imaginer un seul instant que le défunt chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, eût pu nous quitter juste avant l’aboutissement du processus électoral avec les conséquences que cela aurait pu avoir sur le mouvement du hirak et sur les électeurs, et de ce fait aussi sur la conduite de ce processus à son terme, qui est celui de donner à l’Algérie un chef d’Etat légitimement élu en mesure de reprendre le relais que l’ANP a assuré depuis la chute de Bouteflika.
Par son départ, l’homme donne à apprécier la dimension du travail accompli, qui apparaît brusquement au grand jour même aux yeux de ses détracteurs, lui qui a veillé, par un effort forcené de communication, à rassurer tous les Algériens sur l’attachement de l’Armée à la vocation civile du pouvoir politique, mettant en avant son rôle et celui de l’institution républicaine qu’il dirige comme étant un rôle transitoire de préservation des grands équilibres institutionnels.
Les ennemis de l’Algérie, on s’en doute bien, doivent se mordre les doigts de ne voir disparaître ce grand homme qu’après qu’il ait écrit et joué les dernières scènes de l’œuvre qu’il a tenu, lui, ancien moudjahid et militaire de carrière, à dédier à son pays : une œuvre de paix, de stabilité et de légitimité institutionnelle et constitutionnelle pour une Algérie souveraine, imperméable à l’ingérence étrangère et indemne des manœuvres et des complots étrangers.
Ahmed Gaïd Salah avait fait preuve, malgré sa réputation de baroudeur impulsif, d’un éveil politique à toute épreuve, en décidant, dès le 22 février, d’accompagner le hirak et de le protéger des manipulations et des tentatives de déviation qui agissent en son sein ; c’est grâce à cette clairvoyance que, neuf mois plus tard et même au-delà, pas une seule goutte de sang d’Algérien n’a coulé et que, en dépit de l’ampleur du mouvement du hirak, il n’y eu ni émeutes, ni actes de vandalisme, jusque ce que l’Algérie sorte du tunnel avec le butin constitutionnel que lui voulait le défunt : un Président légitimement élu dans la légalité et la transparence
Conforté dans son for intérieur par la noblesse de l’objectif qu’il s’était fixé, le défunt, en militaire aguerri et déterminé, ignorait totalement la marche arrière et c’est à travers un parcours sans concession qu’il a pu concrétiser ce à quoi il aspirait et qu’il avait réussi, jusqu’à tout récemment, à partager avec les millions d’Algériens qui ont approuvé sa démarche opiniâtrement résolue vers la deuxième République.
L’œuvre de l’homme reste, et l’homme de l’œuvre s’en est allé, qui demeurera dans les mémoires en tant que celui qui, malgré lui, a dû déserter ses champs de manœuvres militaires pour s’occuper de la chose politique le temps d’une élection. A Allah nous appartenons et à Lui nous retournons.

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