Ahmed El Hidoussi sur la hausse des prix des carburants : «Un ajustement pour garantir l’approvisionnement national»
Après la hausse effective des prix des carburants depuis le premier janvier 2026, Dr Ahmed El Hidoussi, enseignant en sciences économiques à l’université d’Alger, a affirmé, dans une déclaration au Jeune Indépendant, qu’il s’agit d’un ajustement traduisant la nécessité pour l’Etat de concilier les dépenses publiques avec la continuité de l’approvisionnement en carburant.
El Hidoussi a estimé que cette augmentation des prix des carburants s’inscrit dans une démarche visant à rétablir un équilibre financier face à la forte pression exercée sur les finances publiques. Selon lui, les dépenses de l’État ont atteint des niveaux élevés, en particulier celles liées au soutien social, ce qui pousse les pouvoirs publics à rechercher un compromis entre le maintien des mécanismes de solidarité et la préservation des grands équilibres budgétaires.
Dans ce contexte, le ministère des Hydrocarbures et des Mines a annoncé, vendredi dans un communiqué, un ajustement des prix des carburants, effectif depuis le 1er janvier 2026. La même source précise que cette mesure « vise à garantir l’approvisionnement continu du marché national et à couvrir les coûts croissants de production et de distribution », tout en rappelant que « l’État continue d’absorber la majeure partie de l’écart entre le coût réel et le prix à la pompe ».
Selon le ministère, cet ajustement, réalisé conformément aux textes législatifs et réglementaires en vigueur, concerne notamment le prix de l’essence, qui passe de 45,62 DA le litre à 47 DA (+1,38 DA), celui du gasoil, porté de 29,01 DA le litre à 31 DA (+1,99 DA), ainsi que le GPL carburant, dont le prix est relevé de 9 à 12 DA le litre (+3 DA).
Le ministère souligne également que, malgré cette hausse, le « Sirghaz » demeure le carburant le plus économique du pays, son prix restant quatre fois inférieur à celui de l’essence. Cette situation reflète la volonté de l’État de soutenir un choix à la fois écologique et économique pour les consommateurs.
Par ailleurs, les nouveaux tarifs ne reflètent pas le coût réel du produit, incluant l’extraction, le raffinage, le transport et la distribution, selon le ministère. Ce dernier précise que « le Trésor public continue de supporter la majeure partie du prix final afin de préserver le pouvoir d’achat et soutenir l’activité économique ».
L’objectif principal de cet ajustement est de permettre aux entreprises de raffinage et de distribution de maintenir le bon fonctionnement de leurs installations et d’assurer la disponibilité du carburant sur l’ensemble du territoire national, évitant ainsi toute future perturbation dans l’approvisionnement.
Les recettes issues de cette augmentation seront consacrées à l’investissement dans la modernisation des stations-service, l’extension du réseau de vente au détail pour le rapprocher des citoyens, ainsi qu’au développement des infrastructures de stockage et de distribution, ajoute le communiqué.
Le ministère a également insisté sur le fait que cette approche cherche à concilier la continuité et la qualité du service public dans le secteur des hydrocarbures avec la protection des consommateurs contre la fluctuation des prix. Ces derniers, qui n’avaient pas évolué en Algérie depuis 2020, demeurent parmi les plus bas et les plus stables au niveau international.