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Nationale

Ahmed Attaf :  «L’Afrique est le continent de l’avenir»

Ahmed Attaf :   «L’Afrique est le continent de l’avenir»
Ahmed Attaf. 

Le ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a tracé, dimanche, les contours de la vision africaine de l’Algérie, plaçant au cœur de son discours la défense des intérêts stratégiques du continent, l’unité africaine et le renforcement des liens de coopération entre les États africains, à l’occasion du 63e anniversaire de la Journée de l’Afrique.

Dans le cadre de cette célébration placée sous le thème « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », choisi pour cette année, le ministre Ahmed Attaf, a profité de cette tribune, au siège de son département, pour réitérer l’attachement de l’Algérie aux principes fondateurs de l’action africaine commune, notamment le droit des peuples à l’autodétermination et à la libération totale du continent, insistant sur le respect de la souveraineté des États et la primauté des solutions politiques et diplomatiques. Évoquant l’expression « l’Afrique, continent de l’avenir prometteur », Ahmed Attaf a recouru à une anaphore afin de mettre en exergue le potentiel du continent.

Par ailleurs, Ahmed Attaf a tenu à rappeler que cette journée constitue bel et bien « une occasion de raviver la mémoire du projet politique, stratégique et civilisationnel qui a uni, depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (le 25 mai 1963), les États et les peuples du continent autour d’idéaux communs basés sur la libération, l’édification des États nationaux et l’affirmation de l’Afrique en tant que partenaire à part entière, acteur d’initiative et non simple récepteur ».

Ahmed Attaf a affirmé que la dynamique de la diplomatie algérienne en Afrique, particulièrement impulsée par le président Abdelmadjid Tebboune, s’est traduite par un renforcement de la présence de l’Algérie sur le continent aux niveaux bilatéral, régional et multilatéral. Il a indiqué que le nombre d’ambassades algériennes en Afrique est passé de 29 à 38, grâce à « l’ouverture de neuf nouvelles représentations diplomatiques, alors que quatre pays africains ont ouvert des ambassades en Algérie et que quatre autres envisagent de le faire prochainement ».

Le ministre a, en outre, mis en avant l’expansion du réseau africain d’Air Algérie, dont les dessertes sont passées à 12 destinations, avec l’objectif d’atteindre 20 lignes dans un proche avenir. Dans le domaine de la formation, il a précisé que l’Algérie a augmenté le nombre de bourses accordées aux jeunes Africains de 5 000 à 8 000 par an, couvrant l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et technique.

Sur le plan économique,  Ahmed Attaf a rappelé l’engagement de l’Algérie en faveur de l’intégration continentale par le biais de moult projets structurants, en particulier la route et le gazoducgazoduc Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures. Selon leur nature d'usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales : 1- gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement. 2- gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté, désulfuré, ...) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation 3- gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries. transsahariens de même que l’extension du réseau ferroviaire vers les pays du Sahel. Il a rappelé que la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine, organisée en Algérie, a permis la signature de contrats d’une valeur de 23 milliards de dollars.

En cette circonstance particulière, Ahmed Attaf a tenu à rappeler que la politique africaine de l’Algérie s’appuie essentiellement sur le respect de la souveraineté des États et de leur intégrité territoriale, rejetant « toute forme d’ingérence étrangère ». Compte tenu d’un contexte international caractérisé par les tensions géopolitiques, le ministre a surtout plaidé pour une Afrique unie, en mesure de parler d’une seule voix sur les grandes questions internationales. Il a insisté sur le fait de renforcer les coalitions africaines, en vue de défendre les intérêts du continent dans les instances mondiales.

Abordant la situation au Soudan, le ministre a appelé à privilégier le dialogue et le sens des responsabilités afin de restaurer la sécurité et la paix, tout en préservant l’unité du pays. Il a, en outre, souligné que la cessation des ingérences étrangères demeure « une exigence incontournable ». S’agissant de la crise libyenne, Ahmed Attaf a réitéré l’attachement de l’Algérie à une solution exclusivement politique, inter-libyenne et sans ingérence extérieure. Il a fait écho aux solutions émises par le mécanisme de concertation tripartite réunissant l’Algérie, l’Égypte et la Tunisie.

Sur le dossier du Sahara occidental, le ministre a estimé que « les développements récents prouvent que l’Algérie avait raison depuis plus de cinquante ans », à savoir « l’organisation de négociations directes entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario ». Ahmed Attaf a, au demeurant, salué le processus de négociation lancé au début de l’année en cours sous l’égide conjointe des Nations unies et des États-Unis.

Le chef de la diplomatie algérienne a, par ailleurs, qualifié d’« absurde » toute démarche tendant à reconnaître le Somaliland, tout en condamnant l’ouverture par ce qui est appelé « Somaliland » d’une prétendue ambassade à El-Qods occupée. Concernant Gaza, Ahmed Attaf a réaffirmé le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne, dénoncé les exactions en cours et appelé à un cessez-le-feu, tout en soulignant la nécessité d’un État palestinien indépendant.

S’agissant de la situation au Sahel, notamment au Mali, Ahmed Attaf a appelé toutes les parties à « privilégier la logique du dialogue et l’approche d’un règlement politique global et inclusif, de manière à préserver l’unité et l’intégrité territoriale du Mali ». « La sécurité du Mali est celle de l’environnement de l’Algérie », a-t-il précisé.

L’orateur a plaidé pour la consolidation du cessez-le-feu dans la région du Golfe, soulignant la nécessité de privilégier les voies diplomatiques en vue d’éviter une aggravation de la crise. Il a, dans ce contexte, salué les efforts de médiation menés par le Pakistan, tout en réaffirmant la solidarité de l’Algérie avec les pays arabes touchés par les répercussions humaines et matérielles du conflit.

À l’issue de son discours, le ministre s’est félicité du choix de l’UA de consacrer l’année 2026 à la question de la durabilité de l’eau, déclarant qu’« un tel choix reflète une prise de conscience croissante du fait que la question de l’eau n’est plus seulement un enjeu environnemental ou de développement, mais qu’elle est désormais étroitement liée à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Afrique et dans le monde ».

La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de l’Hydraulique, de membres du gouvernement, de parlementaires, du président du Parlement panafricain, Fateh Boutbig, ainsi que d’ambassadeurs et de représentants du corps diplomatique accrédité en Algérie.

Khalil Aouir



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