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Op-Ed

AH5017… la diversion


Qu’Air Algérie subisse les pires critiques, cela n’est point étonnant tant la compagnie traîne un lourd passif de désaffection en matière de service, principalement en été.

La compagnie cumule les lacunes dans les réservations, les retards des vols sans parler des défaillances dans le service à bord. Elle devient le souffre-douleur des passagers et de la presse. Elle gagne en sobriquets et en railleries qui confirment qu’il n’est nul besoin de sondages pour palper le sentiment des uns et des autres à son égard.

Il est clair que le monopole l’a rendue une cible tout à fait légitime pour les mécontents dont beaucoup ont fini, souvent, à leur corps défendant, par opter pour des compagnies concurrentes. En matière de service, Air Algérie n’arrive pas à décoller. Et dans ce chapitre des doléances, elle n’en voudra qu’à elle-même bien que sa direction assure qu’elle compte balayer toutes ses tares avec un déploiement qui clouerait le bec à tous ceux qu’elle derange.

Mais ce qui semble surprenant dans ce chapitre est le lynchage contre la compagnie depuis le crash du vol AH5017 au nord du Mali et auquel sont venus s’ajouter des incidents vécus par d’autres avions d’Air Algérie, comme celui qui a subi une sortie de piste à l’aéroport de Lille.

Les réactions chez beaucoup donnaient à penser que les vols d’Air Algérie étaient devenus des expéditions à haut risque, alimentant la phobie des voyageurs dans une conjoncture marquée par de nombreux accidents aériens. Pourtant, au compteur des vols, la compagnie n’a essuyé que de rares revers meurtriers.

Quant au crash de l’AH5017, ses détracteurs lui reprochent d’avoir fait une mauvaise opération de fret en optant pour l’espagnol Swift Air. Or rien n’est venu depuis le jour du drame conforter ce grief  compte tenu du fait que le crash n’a pas encore livré tous ses secrets. D’ailleurs, beaucoup n’hésitent pas à le qualifier d’étrange, y compris les journalistes qui s’étaient rendus sur les lieux du drame, car contrairement au crash de l’avion malaisien MH17 en Ukraine, abattu par un missile, l’AH5017 n’a livré aucun fragment tangible. Sur le site du crash du MH17, les réacteurs, les morceaux de fuselage, les trains d’atterrissage, les bagages, les sièges ainsi que les corps des passagers jonchaient la zone, tandis que dans celui de l’AH5017 on ne trouvait aucun réacteur, aucun siège, aucun morceau de l’appareil de 32 mètres et de plus de 15 tonnes d’acier et d’aluminium. Le crash du AH5017 a fini par ressembler étrangement à celui du Boeing 777 qui a ciblé le Pentagone le 11 septembre 2001.

Le crash de Gossi sera à l’évidence un « case study » dans les écoles de l’aviation civile et servira de matière à recherche chez des spécialistes des crashes aériens. Pour le chef de la mission des enquêteurs, le colonel Patrick Touron, l’avion se serait « polyfragmenté » comme l’ont été les passagers c’est-à dire  pulvérisés, un nouveau concept dans les annales de l’aviation civile.

La version n’a, toutefois, pas manqué de susciter des interrogations. Sur les réseaux sociaux, l’explication du colonel Touron est considérée aux antipodes des lois de la physique. Elle a laissé dubitatif plus d’un, y compris au sein de l’association des victimes du crash et l’on commence dores et déjà à parler d’inquiétantes anomalies, tandis que beaucoup d’internautes n’hésitent pas à faire un parallèle entre les attaques contre Air Algérie et le crash du AH5017.

Beaucoup soutiennent que la campagne de « dénigrement » contre le pavillon national est une diversion, un moyen de détourner les regards voireaussi une manœuvre pour préparer l’opinion public à des conclusions qui feraient porter le chapeau du drame du 24 juillet à Air Algérie . La campagne contre Air Algérie constitue-t-elle l’arbre qui cache les mystères qui entourent le AH5017 ?

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