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Nationale

AH5017: declarés morts deux passagers n’étaient pas à bord

AH5017: declarés morts deux passagers n’étaient pas à bord

Une nouvelle révélation sur le crash au Mali de l’avion espagnol affrété par Air Algérie vient d’être faite par un haut responsable burkinabé qui a indiqué que deux passagers du vol Ouagadougou-Alger se sont désistés, un jour avant la date de départ prévue, de voyager dans le vol AH 5017.

Le crash de l’avion survenu il y a plus d’une semaine au Mali a fait finalement 116 morts et non 118 comme cela a été annoncé par le ministre des Transports, Amar Ghoul, du moment qu’un passager et un convoyeur de la compagnie n’ont pas embarqué au départ de Ouagadougou, a dévoilé avant-hier à la presse un haut responsable burkinabè.

Le bilan est de 116 victimes et non 118 comme précédemment annoncé par les autorités algériennes et françaises après l’accident, a déclaré le général Gilbert Diendiéré, chef d’état-major particulier du président burkinabè Blaise Compaoré. Le vol AH 5017, qui reliait Ouagadougou à Alger, s’est écrasé dans le nord du Mali 50 minutes après le décollage. Dans chaque vol, une place est attribuée à un convoyeur par la compagnie aérienne, qui n’a pas été occupée sur le vol AH 5017, mais dans le listing des passagers, cette personne a été comptabilisée, a expliqué le général Diendiéré. La deuxième personne n’ayant pas embarqué est un passager qui a procédé, dans la matinée du mercredi 23 juillet, à l’annulation de son départ, une modification n’ayant pas été prise en compte dans le registre des passagers, a-t-il ajouté.

Pour le moment, le général de l’armée burkinabé n’a pas souhaité fournir plus d’indication sur les nationalités et les identités des deux personnes, préférant ainsi garder cela en secret en attendant ce que donneront les investigations qui sont menées par les experts algériens, français, maliens et espagnols sur le lieu du sinistre, à Gossi. Pour rappel, le précédent bilan de 118 morts faisait état de la présence dans l’avion de 54 Français (dont des binationaux), 23 Burkinabès, huit Libanais, six Algériens, des ressortissants de plusieurs autres pays et d’un équipage composé de six Espagnols. Plusieurs pays dont le Mali, le Burkina Faso et la France ont annoncé avoir ouvert des enquêtes judiciaires sur l’accident survenu par mauvais temps. Plusieurs experts, notamment français, algériens, espagnols et maliens, ont également été dépêchés sur le site du crash, dans la zone de Gossi, à environ 150 km de Gao, principale ville du nord du Mali. Mais la récupération des corps est délicate, l’avion s’étant désintégré en s’écrasant, avec des débris dispersés sur plusieurs centaines de mètres, ont indiqué plusieurs responsables et spécialistes qui se sont rendus sur les lieux.

Selon le colonel Patrick Touron, directeur adjoint de l’Institut de recherches criminelles de la Gendarmerie française, interrogé par l’AFP, les experts français n’ont vu sur le site aucun corps entier, mais des corps profondément fragmentés, dont aucun n’est identifiable par des mesures classiques de médecine légale, de dentisterie légale, ni même d’empreintes digitales. Ils sont obligés de recourir à des analyses ADN pour pouvoir les identifier. D’après le général Gilbert Diendiéré, deux experts de la Gendarmerie française sont arrivés jeudi à Ouagadougou pour procéder aux prélèvements ADN des proches des victimes du crash en vue de procéder à l’identification des restes des corps.

Deux experts burkinabès – un ancien pilote et un mécanicien spécialiste du type d’avion qui s’est écrasé – ont de leur côté été dépêchés en France où ils vont se joindre à l’équipe qui a été constituée par les gouvernements malien, français et algérien pour, ensemble, commencer les travaux d’enquête, a-t-il expliqué. Depuis la localisation du site du crash, a-t-il précisé, le Burkina Faso a organisé 13 missions sur place, ce qui a permis à des proches de victimes d’y envoyer au moins une personne. L’avion, un McDonnell Douglas MD-83, était affrété par Air Algérie auprès de la société espagnole SwiftAir.

Les premiers restes humains rapatriés en France

Les premiers restes des victimes de l’accident du vol AH 5017 survenu le 24 juillet dernier au Mali sont arrivés avant-hier matin à Paris pour être analysés. C’est ce qu’a rapporté un communiqué du ministère français des Affaires étrangères. En vertu d’un accord entre les autorités maliennes, algériennes et françaises et avec l’assentiment des autres pays concernés, la France a été chargée de superviser le travail d’identification des victimes du crash qui a fait 116 morts dont 54 Français, 23 Burkinabès, 8 Libanais, 6 Algériens et 6 Espagnols. Ce n’est que le début d’un processus qui pourrait prendre des mois, voire des années. Mais l’enjeu est de taille: redonner une identité à chacun des restes humains retrouvés parmi les décombres de l’avion. Une équipe algérienne d’experts de la Gendarmerie nationale et de la police scientifique ratisse méticuleusement la zone du crash depuis plusieurs jours pour prélever ce qu’il reste des victimes. Le communiqué des autorités françaises parle «d’éléments organiques et biologiques».

Le Liban a fait parvenir des analyses ADN des proches des victimes

Compte tenu de la violence du crash, aucun corps n’a été retrouvé entier. Des analyses ADN seront donc nécessaires pour identifier une partie des passagers, en collaboration étroite avec les familles et les différents pays touchés par la catastrophe. Le Liban a ainsi fait parvenir en France des échantillons ADN de parents de passagers libanais qui se trouvaient à bord du vol d’Air Algérie. Une fois ce long processus d’identification achevé, chaque pays devrait rapatrier les restes mortels de ses ressortissants. Parallèlement, le travail de déchiffrement et d’interprétation des boîtes noires a débuté, toujours à Paris, sous la responsabilité du Bureau d’enquête et d’analyse (BEA) pour la sécurité aérienne, chargé de déterminer les causes techniques du crash. Il sera assisté par des experts algériens, américains et espagnols.

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