Agression américano-sioniste contre l’Iran L’escalade secoue le pétrole
Trois jours après le début de la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran, il devient évident qu’aujourd’hui, toute la région du Moyen-Orient et de la péninsule du Golfe sont touchées, plongeant les pays dans l’expectative et l’inquiétude. Cette guerre concerne maintenant directement une quinzaine de pays, touchés par les incidents ou par des dommages : le Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, l’Arabie saoudite, la Jordanie, l’Irak, la Syrie, Oman, les territoires palestiniens occupés et dernièrement le Liban et Chypre.
Téhéran, la capitale, ainsi que plusieurs villes continuent d’être la cible de bombardements massifs. Les missiles de l’aviation sioniste et américaine ont poursuivi leurs attaques sur des infrastructures militaires et civiles. Le bilan provisoire avance plus de 300 morts et des milliers de blessés.
Cependant, la riposte iranienne n’a pas faibli. Le territoire israélien a été touché par des salves de missiles iraniens et des centaines de drones. Tel Aviv a été touché par un missile qui a fait d’énormes dégâts, plusieurs morts et des disparus. Même constat dans plusieurs localités israéliennes où des bâtiments ont été détruits ainsi que des infrastructures.
Au Koweït, Washington annonce plusieurs morts parmi ses soldats, touchés par les déflagrations d’un missile iranien. Quelques heures plus tard, elle déplore aussi la perte de trois avions de chasse, abattus près d’un aérodrome militaire. Les pilotes et leurs équipages ont pu s’éjecter de leurs appareils à temps.
Au Liban, la tension est montée d’un cran après de nouvelles attaques de l’aviation sioniste, qui a mené des frappes sur des villages au sud du pays et sur la banlieue ouest de Beyrouth. On dénombre plus de trente morts parmi les civils libanais. Tel Aviv a même annoncé officiellement que le chef du Hezbollah, Naïm Kacem, sera parmi ses cibles prioritaires.
La bataille d’Ormuz
Le blocage du détroit d’Ormuz risque de chambouler le déroulement de cette guerre. Téhéran a décidé d’actionner sa menace de fermer ce passage névralgique à la navigation maritime, large d’une trentaine de kilomètres seulement. On fait état de trois attaques contre des tankers et des navires commerciaux, sans autres précisions. Il faut dire que ce passage stratégique est considéré comme l’artère vitale de l’énergie mondiale. Selon des données officielles, près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole, soit environ 20 millions de barils par jour, y transitent, ainsi qu’un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL).
D’ailleurs, le marché du pétrole s’agite. La menace de fermeture de ce détroit et la paralysie du trafic commercial ont poussé les cours du brut à des turbulences inattendues. Des compagnies pétrolières ont déjà suspendu leurs liaisons, créant un mini-choc pétrolier durant le week-end. Car il n’y a pas seulement le pétrole qui y transite. En effet, le marché du gaz, le GNL risque également d’être secoué, car le Qatar et les Emirats arabes unis, qui représentent à eux deux un cinquième de l’offre mondiale de GNL, expédient la totalité de leurs cargaisons par le détroit d’Ormuz. D’où les craintes de pénuries et d’envolées des prix dans les pays européens qui ont massivement opté pour le gaz qatari en remplacement du gaz russe.
Ainsi, le prix du baril est monté hier à plus de 80 dollars. Une forte progression dans ce contexte d’escalade. Selon Reuters, les cours du brut de la mer du Nord, le Brent, ont bondi de 10,9 % pour atteindre 82 dollars le baril. Un niveau inédit depuis le 23 juin 2025. A la clôture, le Brent atteignait 77,52 dollars le baril. Il pourrait atteindre 100 dollars et même plus en cas d’aggravation du conflit, selon tous les experts.
Par ailleurs, les analystes s’inquiètent d’un autre phénomène qui a surgi de cette conjoncture de crise et de conflit. Il s’agit des investisseurs qui se sont massivement tournés vers les valeurs refuges. Le prix de l’or a ainsi progressé de 2 %, atteignant 5 330 dollars l’once. Une envolée qui traduit la nervosité persistante des marchés face aux incertitudes géopolitiques et aux risques d’extension du conflit.