Agression américano-sioniste contre l’Iran : Guerre d’usure et médiation chinoise
La guerre d’usure s’installe dans la région. Faute d’obtenir une victoire éclair ou provoqué un chaos politique et social en Iran, les Américains et leurs alliés sionistes se retrouvent confrontés à une situation qu’ils n’imaginaient pas lors de leur agression et de l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, ainsi que d’une quarantaine de hauts responsables militaires et autres dignitaires iraniens.
La carte du changement de régime n’est plus dans les narratifs du président américain Donald Trump, car les données ont complètement changé au début de la deuxième semaine de la guerre. L’Iran résiste et riposte toujours. Ses missiles et ses drones kamikazes font encore des dégâts considérables en Israël. De plus, le détroit d’Ormuz, par où passe un quart de la production du pétrole, est quasiment fermé et la marine US est incapable de garantir le moindre passage d’un cargo ou d’un pétrolier.
Face à l’impasse militaire, les premiers balbutiements diplomatiques apparaissent. Des timides médiations sont annoncées. Un cessez-le-feu devient du domaine du possible. Mais quand et comment ? Et sous quelles conditions ?
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que l’Iran ne se rendra ni à Israël ni aux Etats-Unis. « Les ennemis emporteront avec eux dans la tombe leur rêve de voir le peuple iranien se rendre », a-t-il souligné. Dans une allocution, le président iranien a salué la résilience du peuple iranien, appelant à mettre de côté les divergences internes pour défendre le pays. « Nous sommes reconnaissants envers notre peuple et nous devons unir nos forces pour défendre notre patrie », a-t-il déclaré.
Pékin comme médiateur
Dans ce contexte, le président iranien a présenté des excuses aux pays voisins de l’Iran après que certains d’entre eux ont été touchés par des attaques au cours des derniers jours. Il a également annoncé que le Conseil de direction provisoire avait approuvé la suspension des attaques, sauf en cas d’offensive lancée contre l’Iran depuis ces territoires. « Nous n’avons aucune hostilité à leur égard », a-t-il déclaré, affirmant que l’Iran est attaché au respect du droit international et des principes humanitaires. Un premier pas non négligeable avant toute entame d’un processus de pourparlers.
Récemment, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré que Pékin enverrait un émissaire spécial dans les pays de la région, l’objectif étant de favoriser le dialogue, promouvoir un cessez-le-feu et jouer un rôle constructif pour la paix. Le geste est immense, porteur d’espoir et il survient à un moment où même l’Organisation des Nations unies n’a pas bronché, paralysée par des années de dysfonctionnement et de mépris du droit international par les puissances occidentales. Donald Trump acceptera-t-il une médiation chinoise, alors que son allié sioniste et le criminel Netanyahou est déterminé à poursuivre la guerre, à massacrer le peuple iranien et à détruire toutes ses infrastructures, son économie et ses industries ? Tel Aviv veut étendre la guerre à d’autres régions, comme elle le fait actuellement au Liban. Son armée pilonne et bombarde des quartiers entiers de la capitale mais surtout des dizaines de villages au sud du pays.
Le pétrole atteint des sommets
Par ailleurs, les cours du pétrole se sont envolés à des sommets cette semaine, les investisseurs ne cachant plus leurs inquiétudes face à la paralysie d’une grande partie des flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe.
Le baril de Brent a clôturé à 92,69 dollars vendredi, soit une augmentation de plus de 8 % par rapport à la veille, et de 27,88 % sur la semaine. Son équivalent américain, le baril de WTIWTI, a terminé à 90,90 dollars, en hausse de plus de 12 % sur la séance. Il a bondi de 35,63 % depuis les premières frappes israélo-américaines sur l’Iran. En quelques séances, les prix se sont donc renchéris de plus de 20 dollars. Pour les analystes, cette envolée commence à prendre des proportions incalculables et inattendues. Certains estiment que les conséquences de cette semaine risquent de peser dans les prochains mois, craignant l’éclosion d’une récession économique à l’échelle mondiale.
Les propos de Trump qui changent chaque jour sur la guerre et sur l’Iran ont accéléré les cours, rendant la situation encore plus confuse et moins sûrs pour les investisseurs et les acheteurs potentiels de pétrole. Craintes aussi sur des réductions de l’activité des raffineries en Asie et au Moyen-Orient, surtout que les stockages sont limités dans les pays producteurs. Des pays ont déjà dû ralentir leur production, comme l’Arabie saoudite, l’Irak ou le Koweït.