Agression américaine contre le Venezuela : Washington consacre la loi de la jungle
Encore une fois, le droit international est bafoué, piétiné comme il l’a toujours été depuis la fin de la seconde guerre mondiale par les États-Unis. Le mépris est total envers les conventions internationales, l’Organisation des Nations Unies et surtout la souveraineté des États. Car, le pire scénario que redoutait la communauté internationale vient d’être exécuté ce samedi par l’administration américaine au Venezuela, après une agression caractérisée sur ce pays et une arrestation de son président élu démocratiquement Nicolas Maduro, de sa femme et une partie de son staff.
Et c’est le président Donald Trump dans l’habit d’un gangster, qui l’annonce, ouvertement, fièrement, comme s’il s’agissait d’un trophée Yankee à présenter devant ses complices sans se soucier de l’image affreuse que peuvent renvoyer les USA au reste du monde.
Après des mois d’ingérences directes, de collusions avec des forces internes de l’opposition, de blocus maritime et aérien contre le pays natal de Bolivar, les forces américaines ont lancé des attaques de grande envergure, des raids et des bombardements sur plusieurs sites.
Evidemment que la trahison au sein même des milieux politiques locaux n’est plus à démontrer et a même joué un rôle déterminant dans cette agression synonyme d’un renversement de régime.
Les Etats Unis, fidèles à leur tradition belliciste en Amérique du sud (considérée comme leur basse-cour) ne font que reproduire un schéma interventionniste classique vieux de 70 ans. Actifs et directement impliqués dans les dizaines de coup d’Etat qui ont secoué les pays de l’Amérique centrale et latine, la Maison Blanche est venu, cette fois, franchir un autre palier dans l’injustice, comme elle l’a fait déjà en 1989, quand son armée a envahi le Panama et capturé le président du Panama, le général Manuel Noriega, et l’a exfiltré aux États-Unis. Dans un simulacre de procès, Noriega a été jugé et condamné pour « trafic de drogue ». C’est la même accusation dont Nicolas Maduro fait l’objet de la part de Donald Trump.
Au-delà de l’agression contre un pays souverain, de l’arrestation de son chef d’Etat élu, les observateurs s’interrogent maintenant sur l’avenir des relations internationales dans ce contexte de mépris du droit, de la place des institutions onusiennes dans le respect de la paix mondiale et des entités. Que reste-t-il des indépendances et des souverainetés, quand des pays tiers capturent un président élu, l’exfiltre, le juge et le condamne ?
Il est clair que la logique de la force et de l’impunité règne en maître absolu en ce début du troisième millénaire, comme l’atteste les crimes génocidaires de l’entité sioniste en Palestine occupée et ses agressions multiples partout dans la région du Moyen Orient, en Iran, en Syrie, au Liban, au Yémen et même au Qatar.
Dans les milieux politiques, on sait que Trump vise depuis son retour à la Maison Blanche, les richesses des sous sols de plusieurs régions à travers le monde, comme le vaste Groenland, administré par le Danemark. Il l’a dit et il assume aussi bien ces déclarations que ses projets. Pourquoi le Venezuela est ciblé maintenant ? Ce pays possède les réserves parmi les plus importantes du monde, voire à la première place devant l’Arabie saoudite. Les estimations américaines faisaient état de 1 360 milliards de barils de pétrole contenus dans le sous-sol du Venezuela, dont 514 milliards techniquement exploitables, soit plus du tiers des réserves de pétrole de la planète.
Ces violations américaines de la charte de l’ONU ont provoqué une vague de réactions à travers le monde. Après Cuba et l’Iran, Moscou a vivement condamné l’opération US. Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé un « acte d’agression armée » contre le Venezuela, affirmant que l’Amérique latine devait rester une zone de paix. Moscou a insisté sur le droit du Venezuela à déterminer son avenir sans aucune ingérence extérieure, en particulier militaire, tout en se disant prête à soutenir un dialogue entre les parties concernées.
En Europe, on exprime beaucoup des inquiétudes. L’Italie a indiqué qu’elle suivait de près l’évolution de la situation, avec une attention particulière portée à la communauté italienne vivant au Venezuela, alors que Berlin a fait savoir, qu’il suivait la situation avec une « profonde préoccupation ». Madrid, de son côté, a également réagi par la voix de son ministère des Affaires étrangères, affirmant être en contact permanent avec son ambassade, son consulat et l’unité d’urgence consulaire à Caracas, afin de surveiller la situation de la communauté espagnole.