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Nationale

Affaires Ouyahia, Sellal et le montage automobile : Ouverture du procès ce lundi

Affaires Ouyahia, Sellal et le montage automobile : Ouverture du procès ce lundi

Les yeux seront braqués ce lundi vers le tribunal d’Alger où devra s’ouvrir le procès tant attendu, sauf imprévu, des deux ex-Premiers ministres de l’époque d’Abdelaziz Bouteflika, président de la République sortant, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal.

Ces ex-hauts responsables comparaîtront aujourd’hui devant le président du pôle judiciaire de Sidi M’Hamed dans l’affaire du concessionnaire automobile Mazouz dont l’usine est située à Sétif.

Ils comparaitront devant le président du pôle judiciaire du tribunal de Sidi M’Hamed pour répondre aux graves accusations retenues contre eux par le conseiller rapporteur de la Cour suprême.

Les deux ex-cadres de l’Etat, dont les procès seront publics et diffusés sur les chaînes de télévision publiques et privées, sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation, entre autres détournement et dilapidation de deniers publics, trafic d’influence, abus d’autorité, enrichissement illicite, transfert illégal de capitaux vers l’étranger.

Les noms des deux ex-Premiers ministres incarcérés à la prison d’El Harrach ont été cités dans plusieurs affaires liées à la corruption et à la malversation.

Ils sont par ailleurs impliqués pour avoir facilité la tâche à des hommes d’affaires, à titre d’exemples Tahkout, Kouninef, Eulmi, Benhammadi et Mazouz pour avoir bénéficié de crédits faramineux et étonnants en dinars et en devises sans toutefois présenter les garanties stipulées dans les marchés publics.

Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, placés rappelons-le en juin dernier en détention provisoire par le magistrat rapporteur de la Cour suprême, sont poursuivis en outre pour d’autres chefs d’inculpation liés essentiellement à l’octroi d’indus avantages au titre de l’octroi de marchés publics et de contrats, dilapidation de deniers publics, d’abus de pouvoir et de fonction et de conflit d’intérêts.

Des ex-ministres incarcérés à l’établissement pénitentiaire d’El Harrach au même titre qu’Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal seront convoqués et entendus dans ces affaires en tant que témoins.

Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati, a déclaré au Conseil de la nation que “ces affaires portent notamment sur l’octroi d’indus avantages à des propriétaires d’usines de montage automobile”. Pour le ministre, “ces dossiers sont très lourds et vous serez étonnés par ce que les magistrats feront (…) Le peuple pourra juger de l’accomplissement ou non par ces magistrats de leur travail et nous commençons à obtenir les premiers résultats de ces dossiers sensibles et alarmants traités par la justice”.

Ainsi, cinq grands dossiers seront traités par le tribunal de Sidi M’hamed, tous liés aux affaires de corruption, de surfacturation, de transfert illicite, de blanchiment d’argent, de trafic d’influence et de délits d’initié qui ont impliqué deux ex-Premiers ministres, Sellal et Ouyahia, trois ex-ministres de l’Industrie, Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda et Abdeslam Bouchouareb (en état de fuite à l’étranger), des dizaines de cadres du ministère de l’Industrie et des Mines et des concessions automobiles, mais aussi des walis et des cadres du secteur des Domaines.

Cela à commencer par le dossier de l’usine de Tahkout Manufacturing de Tiaret (TMC), qui a traîné dix-neuf personnes en prison, dont le patron du groupe Mahieddine Tahkout, son fils Bilal et ses deux frères Rachid et Hamid.

Les mis en cause ont été inculpés, entre autres, pour indus privilèges, blanchiment

d’argent, détournement de biens produits de revenus de corruption en vue de dissimuler leur origine illicite et bénéfice du pouvoir et de l’influence d’agent de l’État et violation du code des marchés publics.

Le tribunal de Sidi M’Hamed aura également à traiter l’affaire Mourad Oulmi, P-DG de Sovac, placé sous mandat de dépôt pour des faits de corruption et d’indus privilèges. Dans ce dossier, les vice-présidents du même groupe, Khider et Mehdi Oulmi, ont été placés sous contrôle judiciaire, alors que l’ex-P-DG du Crédit populaire d’Algérie (CPA), Omar Boudieb, a été incarcéré à la prison d’El-Harrach. Autre procès attendu, celui d’Ahmed Mazouz, patron propriétaire de l’usine de trois marques automobiles, dont l’usine est basée à Sétif.

Le procès promet des révélations, notamment sur Sellal, inculpé au même titre que son fils Farès Sellal, cité en qualité d’associé de cet homme d’affaires, tous soupçonnés de corruption et d’avoir bénéficié d’indus avantages. En outre, Mohamed Baïri, le P-DG du groupe Ival, devra répondre à plusieurs chefs d’inculpation, dont soupçons de blanchiment d’argent et de transfert de biens résultant de faits de corruption, dilapidation et utilisation des fonds de la banque de manière contraire à la législation, incitation de fonctionnaires publics à abuser de leur fonction, financement occulte de partis politiques et bénéfice de l’autorité et de l’influence d’agents de l’État.

Enfin, l’affaire du groupe GMI, appartenant à Hassan Arbaoui, promet des révélations, d’autant que plusieurs personnes ont été placées sous mandat de dépôt, dont quatre fonctionnaires du ministère de l’Industrie, le P-DG de la Banque nationale d’Algérie (BNA), Achour Aboud, 14 personnes physiques pour des faits liés au blanchiment d’argent et transfert de biens obtenus par la corruption, l’influence d’agents de l’État durant l’établissement de contrats et de marchés et la dilapidation de deniers publics.

Il est fort possible que la défense demandera un délai supplémentaire pour préparer leurs plaidoiries. De plus, il semble que la base de leurs arguments dans ce procès serait l’absence d’une juridiction compétente pour statuer dans ce genre d’affaires.

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