Affaire Youcef Belaïli : Le bras de fer juridique qui secoue le MC Alger et l’Espérance de Tunis
Comment l’Espérance pouvait-elle aligner Belaïli alors qu’un joueur ayant signé deux contrats avec deux clubs différents s’expose, selon la réglementation applicable, à une suspension pouvant aller de six mois à un an ? D’autant que le MC AlgerMC Alger Le Mouloudia Club d'Alger plus couramment abrégé en Mouloudia d'Alger ou encore MCA, est un club omnisport algérien fondé le 7 août 1921 et basé à Alger. Le Mouloudia Club d'Alger est la seule équipe algérienne qui a réussi à gagner le triplé en 1976 et en remportant le premier trophée continental. avait laissé entendre qu’il entendait faire valoir ses droits auprès de la FIFA.
le champion d’Afrique 2019 ne courait, en réalité, aucun risque disciplinaire. Si Belaïli a bien apposé sa signature sur un contrat avec le MCA, celui-ci serait aujourd’hui considéré comme nul et non avenu en raison du non-respect de certaines formalités réglementaires. C’est précisément sur ce point que se joue le dossier.
L’article 02 bis du règlement relatif à l’enregistrement des joueurs professionnels prévoit qu’un exemplaire original du contrat doit être déposé auprès de la Ligue de Football Professionnel, parallèlement à son enregistrement sur la plateforme numérique FAF-CONNECT. Le même article insiste sur le fait que “l’enregistrement du contrat doit intervenir dans les dix jours suivant sa date de prise d’effet, sous peine d’annulation”. Or, d’après les informations recueillies, le MC Alger n’aurait jamais été en mesure de finaliser l’enregistrement du contrat de Belaïli sur FAF-CONNECT.
La raison est que tout simplement à ce moment-là le joueur était suspendu, ce qui empêche de facto la procédure d’aboutir. Dès lors, le document signé entre les deux parties, aussi réel soit-il, n’aurait pas produit les effets juridiques escomptés. C’est, en tout cas, l’argument qui permettrait de comprendre pourquoi Belaïli pouvait affirmer publiquement que le contrat qu’il avait signé avec le MCA était devenu caduc.
Le dossier ne s’arrêterait toutefois pas à la seule question de l’enregistrement numérique., le MC Alger n’aurait pas non plus complété l’ensemble des pièces nécessaires à la qualification du joueur, notamment le test antidopage, désormais obligatoire, ainsi que la visite médicale. Des formalités que Belaïli a, en revanche, accomplies avec succès dans le cadre de sa qualification à l’Espérance de Tunis. Pris dans leur ensemble, ces éléments renforcent donc la thèse selon laquelle le contrat liant Belaïli au MCA n’était plus opposable au moment de sa qualification avec l’EST.
Autrement dit, le risque d’une double signature, qui pouvait laisser planer une menace de suspension, ne se poserait plus dans les mêmes termes. Le feuilleton n’est pas pour autant terminé. Le MC Alger conserve la possibilité de contester la qualification de Belaïli auprès des instances compétentes. La FIFA dispose d’ailleurs d’un portail dédié à ce type de litiges, accessible aux clubs via leur compte, afin d’engager les procédures prévues par les règlements, moyennant le paiement des frais correspondants.
Le MCA devra donc, s’il entend poursuivre le bras de fer, apporter les éléments susceptibles de démontrer que son contrat avec Belaïli était valablement enregistré et juridiquement opposable, avec l’incertitude qu’il obtienne gain de cause.
Belaïli sort du silence
Pour son grand retour sous les couleurs de l’Espérance Sportive de Tunis, Youcef Belaïli a vécu une reprise mouvementée lors du choc de la première journée du championnat tunisien face à l’Étoile du Sahel. Titularisé et désigné capitaine des Sang et Or, l’international algérien n’a pas tardé à faire parler de lui, sur comme en dehors du terrain. Sur le plan émotionnel, l’enfant d’Oran n’a pas caché sa joie de retrouver un club où il a déjà écrit quelques-unes des plus belles pages de sa carrière. S’exprimant sur la page Facebook officielle de l’EST, Belaïli a livré un message empreint de gratitude : «Ma gratitude envers le public de l’Espérance est immense. C’est une bénédiction d’avoir cette nouvelle opportunité de porter ce maillot et je compte tout donner pour offrir d’immenses joies à nos supporters.»
Sur le terrain, la prestation de Belaïli s’est révélée beaucoup plus mitigée. Dès la 25ᵉ minute, l’attaquant a manqué l’occasion de signer son retour d’un but en envoyant un pénalty au-dessus de la cage adverse.
Mais le véritable coup de théâtre est venu des coulisses. Selon les informations de la radio tunisienne Diwan FM, la direction de l’Étoile du Sahel a déposé une réserve auprès de la Ligue quant à la qualification du joueur. L’ESS conteste la légalité de sa présence sur la feuille de match, invoquant un double engagement contractuel simultané.
Cette démarche s’inscrit dans un imbroglio juridique complexe issu du récent mercato. L’Espérance de Tunis avait acté l’homologation d’un contrat de deux ans signé par le joueur, estimant sa qualification effective dès la levée de sa suspension par la FIFA. De son côté, le MC Alger maintient la pression et affirme détenir un engagement ferme tout aussi valide pour la saison à venir. Si le terrain a livré un premier verdict timide pour Belaïli, la bataille juridique entre l’EST, le Mouloudia et les instances compétentes ne fait que commencer
===L’ES Sahel conteste la participation de Belaïli avec l’Espérance
l’ESS aurait fondé sa démarche sur les interrogations persistantes autour de la situation contractuelle de Belaïli, dont le nom avait été associé, durant la même période de transferts, à la fois à l’Espérance de Tunis et au MC Alger. Cette réclamation vient ainsi raviver un dossier qui semblait s’être quelque peu apaisé après le bras de fer opposant ces dernières semaines le Mouloudia et la formation tunisienne. Les deux clubs avaient alors revendiqué leurs droits sur le joueur, chacun s’appuyant sur un engagement contractuel avec l’attaquant algérien. L’Espérance avait, pour sa part, annoncé avoir activé le contrat de Belaïli, signé pour deux saisons, estimant que le joueur était désormais habilité à retrouver les terrains après la levée de la sanction prononcée à son encontre par la FIFA.
Le MC Alger avait toutefois maintenu sa contestation, soutenant de son côté que Belaïli avait également signé avec le club algérois et que cet engagement était devenu effectif après la levée de sa suspension. Avec la réclamation de l’Étoile du Sahel, l’affaire Belaïli connaît donc un nouvel épisode. Cette démarche pourrait remettre au premier plan les interrogations liées à la situation contractuelle de l’international algérien.