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Nationale

Affaire Sonatrach 1 : Un témoin accuse l’ex-PDG

Affaire Sonatrach 1 : Un témoin accuse l’ex-PDG

Le 16e jour de l’affaire des ex-cadres et ex-fonctionnaires de la Sonatrach impliqués pour plusieurs chefs d’inculpation, conformément aux graves accusations retenues par les juges de la chambre d’accusation de la cour d’Alger, s’est poursuivi, hier, avec les auditions des témoins clés et qui ont occupé des postes de responsabilité au sein du géant pétrolier national.

Comme à l’accoutumée, les témoins qui se sont succédé ont tout fait pour, non seulement ne pas charger les leurs, mais aussi pour blanchir leurs anciens chefs hiérarchiques et à leur tête l’ex-PDG Mohamed Meziane et la femme d’affaires Nouria Meliani.

Ces derniers n’ont pas pu rester dans la salle d’audience qui ne cesse de se vider de jour en jour, et ont préféré se retirer et jeter de temps en temps des regards évasifs vers les membres du tribunal dirigé le juge Mohamed Rekkad qui garde toujours son sang-froid.

En effet, les témoins qui ont été entendus se sont contentés de parler des généralités des contrats conclus par la Sonatrach à l’instar de ceux des gré à gré, et ont tout fait pour esquiver les questions pièges, notamment de la conseillere Bouhamidi Nadia.

Parmi les témoins qui ont eu la parole dans la matinée d’hier figure Hocine Chekired, ex-directeur général adjoint de Sonatrach chargé des activités de transport par canalisations de 2006 à 2008.

Chekired a d’emblée affirmé que « la commission des offres techniques avait déclaré en 2008 infructueux l’appel d’offres relatif au projet du gazoduc entre l’Algérie et la Sardaigne (GK3) car deux sociétés seulement ont soumissionné ».

Auditionné par le juge dans le cadre de la même affaire, le témoin a indiqué « qu’il a adressé une correspondance au PDG Meziane Mohamed après la publication de l’avis d’infructuosité pour l’informer de la situation d’autant que la directive A408 R15 ne prévoit pas la démarche à suivre en pareil cas (vide juridique).

Dans le même contexte, l’intervenant a souligné que « la Sonatrach pouvait alors annuler le marché sans incidences financières car lorsque deux concurrents restent, on n’est plus en technique mais plutôt en commercial ! »

« Mais le PDG a ordonné de poursuivre les procédures du marché avec seulement deux soumissionnaires », a-t-il déclaré.
Le témoin a tenu à préciser que « le marché est passé au gré à gré simple en négociant les prix au profit du groupe italien Saipem Contracting Algeria.

Il a également fait savoir au président que « le projet GK3 avait été divisé en trois lots, le troisième étant revenu à Saipem Contracting Algeria malgré que ses prix étaient « supérieurs par rapports aux autres propositions ».

Le témoin n’a pas manqué de déclarer au juge que « le projet a été lancé conformément à la directive R15 A408 à travers l’appel d’offres ouvert qui a permis de retenir 11 sociétés pour les lots 1 et 2 et 6 sociétés pour le lot 3 ».

Cependant seules deux sociétés avaient soumissionné pour le lot 3, a par ailleurs ajouté le témoin, ce qui a conduit la commission chargée de l’étude des offres techniques à déclarer infructueux cet appel d’offres ».

Pour sa part, le témoin Aoudi Fadhéla, présidente de la commission technique et commerciale du projet du gazoduc entre l’Algérie et la Sardaigne, a indiqué à ce sujet que c’est l’ex-PDG qui avait permis la poursuite de l’appel d’offres ouvert avec seulement deux sociétés dont Saipem, en contradiction avec la directive R15 A408.

L’ancien PDG a justifié sa décision par le « caractère urgent et sensible du projet du gazoduc entre l’Algérie et la Sardaigne », a ajouté le témoin. Chekired a en outre souligné que de « nombreux projets ont été annulés faute de soumissionnaires ».

« Les directives internes de Sonatrach, à l’instar de la règle R15A408, donnent à la compagnie un cadre légal rigoureux » pour l’organisation et la gestion des marchés publics, conformément aux normes internationales, ce qui encourage les sociétés internationales à prendre part aux appels d’offres lancés par Sonatrach

Ces directives sont considérées comme un règlement intérieur qui stipule que « le lancement d’appels d’offres internationaux pour de grands projets est un principe essentiel ».

Le directeur général est le garant de l’application des directives internes de Sonatrach et il est habilité à décider du recours exceptionnel aux contrats de gré à gré, s’il est nécessaire « pour gagner du temps », a-t-il ajouté.

Le directeur général est habilité à « donner son approbation quant à la négociation des coûts dans certains cas », ce qui est « rare », a-t-il dit,
Comme c’était le cas pour le projet du gazoduc entre l’Algérie et la Sardaigne (Italie- GK3), pour lequel les coûts ont été négociés et l’accord conclu avec le groupe italien Saipem Contracting Algeria sur la base du gré à gré simple.

A une question sur le budget utilisé par Sonatrach pour financer ses grands projets, le témoin a indiqué qu’il est constitué des profits et des bénéfices réalisés par la compagnie pétrolière nationale dans le cadre de ses différents projets, précisant dans le même volet :
« La balance financière de la Sonatrach ne provient pas du ministère de l’Energie et des Mines, ni du Trésor public ! ».

Il convient de signaler enfin que le nom de la femme d’affaires Nouria Meliani figure dans l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation de la cour d’Alger concernant la Sonatrach 2.

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