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Nationale

Affaire «Oussama Escobar» : Le verdict sera connu la semaine prochaine

Affaire «Oussama Escobar» : Le verdict sera connu la semaine prochaine

Toutes les décisions judiciaires qui devaient être prononcées, dimanche ont été reportées à la semaine prochaine, le président Tayeb Hellali ayant été convoqué par la Haute instance indépendante pour la surveillance d’élections.

Le juge en question qui a été remplacé par Mme Ghedar Nadia lors de l’audience pénale de dimanche, a été installé comme président de l’une des commissions chargées de la surveillance des élections législatives au printemps prochain.

Ainsi, le verdict tant attendu dans l’affaire du narcotrafiquant Hanniche Oussama alias « Oussama Escobar » ne sera connu que la semaine prochaine.

Le mis en cause, qui s’était évadé de la prison d’El Harrach avant d’être arrêté suite à une minutieuse enquête de la Gendarmerie nationale, en plein centre-ville d’Ain Témouchent et les 18 autres inculpés, devront encore patienter une semaine dans leurs cellules pour connaître le sort que leur ont réservé les magistrats de la 8e chambre pénale. 

Pour rappel, l’inculpé a déclaré le 15 janvier dernier lors de son audition que « les véritables complices qui m’ont aidé à menfuir de la prison d’El Harrach ne sont pas dans le box des accusés mis à part l’avocate. Mes complices sont des hauts placés qui m’ont porté aide et assistance de l’extérieur de la prison.

J’ai donné leurs noms non seulement aux gendarmes, au procureur de la République mais aussi au juge d’instruction qui a instruit l’affaire, en vain ; ma dénonciation est restée sans suite. Au lieu de vous pencher sur les petites têtes, monsieur le président, je vous demande d’ordonner l’arrestation de ceux qui font rentrer cette marchandise du Maroc ! » 

L’accusé, entouré des gendarmes de la compagnie de Bouzaréah, a affirmé au président de l’audience qu’il « continuera à profiter des occasions pour quitter sa cellule de la prison de Koléa. Si ces occasions me sont données, je n’hésiterai pas à prendre la fuite ! »

Il a reconnu avoir chargé l’avocate Laoudj Zahira de le faire évader de la prison. Il a déclaré au président dans le même contexte qu’il a arrêté la date et l’heure avec elle et lui a suggéré de ne pas remettre le badge 11 qui lui a été remis par l’agent du pénitencier deux jours auparavant.

Le baron de la drogue a, par ailleurs, indiqué que l’avocate l’a accompagné jusqu’à la sortie de la prison où l’attendait son père et son voisin.

Il a en outre tenu à souligner que son père et ses frères étaient au courant de son évasion et du plan qu’il a tracé avec son avocate mais que par contre, sa mère ne savait absolument rien sur cette affaire.

Appelée à la barre pour donner sa version des faits, l’avocate a déclaré au président : « Son père m’a appelé et m’a dit qu’Oussama voulait me voir à la prison. Il m’a remis 30 millions de centimes. »
Et d’ajouter les larmes aux yeux. « Lorsque je me suis présentée à la prison d’El Harrach, le mis en cause m’a donné l’ordre d’appliquer à la lettre ses directives ; il m’a dit que je devais tout faire pour faire réussir son évasion et m’a proposé pas moins d’un milliard ! »

« Au départ et vu la situation financière désastreuse dans laquelle je vivais, j’ai accepté mais le jour « J », je lui ai ramené un costume, une paire de lunettes et des chaussures et même une perruque ; j’ai eu très peur et j’allais revenir sur ma décision mais il m’a menacé de tuer mon fils que je n’ai pas revu depuis mon incarcération ! » 

Elle a par ailleurs affirmé au président : « Les inculpés incarcérés au même titre que moi n’ont rien à voir dans cette affaire. Les gardiens emprisonnés ne savaient pas que j’allais le faire sortir de la prison »

Les autres inculpés, notamment l’épouse d’Oussama Hanniche et son clandestin qui prépare un master en droit ont nié avoir eu l’intention de porter aide et assistance au mis en cause.
Son épouse a déclaré aux juges : « Je ne savais pas qu’Oussama était un baron de la drogue. Je ne l’ai appris que lorsque le juge d’instruction du pôle judiciaire du tribunal d’Alger me l’a dit ».

Quant au jeune clandestin, il a expliqué : « Mon seul tort est d’avoir donné mon portable avec lequel l’épouse a appelé Oussama ». Les gardiens de l’établissement pénitentiaire inculpés ont nié avoir participé d’une manière directe ou indirecte à l’évasion du mis en cause.

Quant à son complice à savoir Belaskri, qui purge une peine de 12 ans de prison ferme, il a nié avoir porté aide et assistance au principal inculpé. Les prévenus qui se sont succédé ont clamé leur innocence :

« Nous n’avons rien à voir dans cette affaire, c’est pourquoi nous sollicitons d’être blanchis des faits qui nous sont reprochés notamment au niveau de l’instruction judiciaire ».

Les avocats de la défense à l’instar de Youcef Merrah et Tahar Khiar, ont demandé la relaxe pure et simple en faveur de leurs clients. Ils ont estimé que : « L’instruction judiciaire a été bâclée. Le juge d’instruction devait ordonner aux enquêteurs un complément d’information et ne pas se contenter des procès-verbaux établis par la Gendarmerie nationale ».

Ils n’ont pas caché leur mécontentement quant à la non poursuite judiciaire du directeur et de son adjoint dans cette affaire : « Au lieu d’être poursuivis en matière pénale pour négligence manifeste ayant permis l’évasion d’un détenu, les concernés ont été promus ! »

Il convient de signaler que le mis en cause a été arrêté et placé en détention à la nouvelle prison de Koléa avant d’être transféré à celle d’El Harrach, car le juge d’instruction du tribunal de Blida s’est dessaisi du dossier en faveur de son collègue, à savoir le juge d’instruction du pôle judiciaire d’Alger dans le cadre de l’affaire des 56 quintaux de kif traité saisis par les services de sécurité

Le procureur requiert l’incompétence qualitative et la requalification des faits

Le procureur général près la cour d’appel d’Alger Akrout Larbi, le jour même du procès et au cours de son réquisitoire dans le cadre de l’affaire du narcotrafiquant Hanniche Oussama alias « Oussama Escobar », qui a été condamné lors de son premier jugement par le tribunal correctionnel d’El Harrach a cinq ans de prison ferme pour évasion de la prison d’El Harrach, s’est déclaré non seulement qualitativement incompétent mais il a par ailleurs insisté sur la requalification de la nature des faits reprochés au mis en cause et à ses complices.

Le représentant du ministère public a appuyé ses demandes par le fait que le principal accusé dans cette affaire a fait de fracassantes déclarations en pleine audience, affirmant : « Les principaux accusés n’ont jamais été inquiétés que ce soit au niveau de l’instruction judiciaire ou au cours de ma comparution devant le juge chargé de la section des flagrants délits du tribunal d’El Harrach. »

Le procureur n’a pas, par ailleurs, caché son mécontentement quant aux graves accusations portées par l’inculpé Oussama Hanniche contre les gendarmes et qui les a traités, au cours de son audition par le président en charge du dossier Hellali Tayeb, d’ « hommes corrompus », qui n’ont pas fait leur travail de manière convenable.

M. Akrout a, en outre, souligné que le mis en cause doit être poursuivi en matière criminelle conformément à l’article 177 alinéa 3 du code pénal pour gestion d’une association de malfaiteurs.
Il a par ailleurs estimé que les peines prononcées lors du premier jugement doivent être revues car l’article par lequel il est poursuivi stipule que ces dernières, c’est-à-dire les sentences, doivent compter entre 10 et 20 ans de prison ferme.

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