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Nationale

Affaire Khalifa: La main lourde du procureur général

Affaire Khalifa: La main lourde du procureur général

Alors que le procès  de Khalifa Bank se déroule presque dans la monotonie, sans vagues et ni grosses révélations, voilà que le procureur général près le tribunal criminel de la Cour de Blida vient de créer la surprise. C’est un véritable coup de théâtre qui vient d’avoir lieu avec le réquisitoire du parquet. Un réquisitoire en forme de main lourde.
Le procureur était tranchant, grave et au bout même de sa démarche : il requiert la prison à vie et la saisie de tous les biens de l’ex golden-boy. Alors que le verdict de 2015 était beaucoup moins dur, avec ses 18 ans d’emprisonnement, comme peine. Toute la stratégie de défense du principal accusé était basée sur le rejet systématique des accusations, en pointant son doigt sur les vices de forme, les erreurs dans les procédures et surtout sur l’atmosphère lourde qui régnait à l’époque de son procès, et les pressions subies par les pontes de l’ancien régime déchu.

Toute cette posture a volé en éclats avec le réquisitoire du procureur général, Zoheir Talbi, qui a estimé que l’accusé Abdelmoumène Khalifa, ancien P-dg du Groupe Khalifa “ne peut pas avoir été victime de l’ancien système comme il le prétend”.

Dans son réquisitoire au 4eme jour du procès, rouvert suite à la réponse favorable de la Cour suprême au pourvoi en cassation du dernier verdict prononcé en 2015, le Procureur général a déclaré que l’accusé principal “ne peut pas avoir été une victime d’une vengeance et d’un règlement de compte de l’ancien système, comme il le prétend, au regard des avantages qui lui ont été accordés durant la période de création du Groupe Khalifa, dont Khalifa Bank”.

Il a souligné pour preuve, qu'”aucune mesure conservatoire ou du moins disciplinaire,qui s’imposait par la force de la loi, n’a été prise contre l’accusé principal, en dépit des infractions et dépassements flagrants constatés par les commissions d’inspection”.

Il a cité, entre autres infractions, “l’absence de documents de payement et de factures”, et les “importantes insuffisances dans le système informatique de comptabilité”.

“En l’absence de tout contrôle, le responsable de Khalifa Bank a persisté dans ses dépassements”, a-t-il déduit.

Le représentant du parquet général s’est, également, interrogé sur “la capacité de l’accusé Abdelmoumène Khalifa à créer ce Groupe, dont Khalifa Bank, vers laquelle des responsables d’entreprises publiques se sont précipités pour y déposer leurs fonds”, et  sur sa “capacité à réunir une fortune colossale en deux ans, en partant de rien”.

Le Procureur général a estimé, à ce titre, que la création de Khalifa Bank était “faussée depuis le départ, et en infraction avec les lois de la République, à commencer par la délivrance de deux faux actes pour l’obtention d’un crédit auprès de l’agence de la Banque de développent locale, pour arriver à la modification de son statut et le remplacement de son gérant, deux mois seulement après la création de la banque, sans l’agrément du gouverneur de la Banque d’Algérie”.

D’autres peines allant de 20 ans à quatre années de prison ont été requises contre les 11 accusés restant.
En 2015, l’accusé principal Abdelmoumène Khalifa a été condamné par le tribunal criminel près la Cour de Blida à 18 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de DA avec confiscation de l’ensemble de ses biens.

Abdelmoumène Khalifa (actuellement en détention), de même que d’autres accusés non arrêtés, sont poursuivis pour les chefs d’inculpation de “constitution d’association de malfaiteurs”, “falsification de documents officiels et usage de faux”, “vol en réunion, escroquerie, abus de confiance et corruption”, “falsification de documents bancaires”, et “banqueroute frauduleuse”.

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