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Nationale

Affaire Khaled Drareni: Rahabi évoque « une pratique d’une époque révolue »

Affaire Khaled Drareni: Rahabi évoque « une pratique d’une époque révolue »

Suite à la condamnation du journaliste Khaled Drareni à trois ans de prison ferme, l’ancien ministre et diplomate, Abdelaziz Rahabi, a dénoncé, ce lundi soir, ce qu’il a qualifié de « pratique d’une époque révolue ».

Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, Rahabi pointe du doigt « la question de l’instrumentalisation de la justice et la confiscation des libertés ». Selon lui, il s’agit d’une pratique d’un autre temps.

« Ces pratiques inacceptables neutralisent les initiatives visant à trouver une sortie pacifique et consensuelle de la crise multidimensionnelle que traverse l’Algérie », lit-on dans sa publication.

« La politique d’emprisonnement de tout citoyen, avant que la vérité ne soit révélée et que l’accusation ne soit prouvée, alors qu’il ne représente pas une menace probante contre l’ordre public ou la sécurité nationale et offre des garanties légales, ne fera de l’Algérie ni un pays ni plus juste ni plus fort », a-t-il estimé.

L’ancien ambassadeur d’Algérie en Espagne a rappelé que « la justice n’a pas vocation à limiter les libertés individuelles et collectives, mais, de protéger les droits et libertés fondamentaux contre toute violation. Son essence est de protéger les citoyens des dérives et des pressions du pouvoir exécutif, ainsi que des divers groupes d’intérêt et d’influence ».

« Malheureusement, notre système judiciaire n’a pas encore été en mesure de se libérer du fardeau des pratiques de l’ancien régime, dans sa tentative d’instaurer une justice véritablement indépendante et garante de l’État de droit sans lequel aucune transition démocratique n’est possible. La justice algérienne doit, aujourd’hui, prendre conscience de sa part de responsabilité historique dans le succès ou l’échec de la transition souhaitée vers la gouvernance démocratique », conclu l’ancien ministre.

Pour rappel, le journaliste Khaled Drareni directeur du site “Casbah Tribune”, en détention provisoire depuis la fin mars, a été condamné lundi à trois ans de prison ferme. Âgé de 40 ans, Drareni qui est également correspondant en Algérie de la chaîne de télévision française TV5 Monde et de RSF, était accusé d’« incitation à un attroupement non armé » et d’« atteinte à l’intégrité du territoire national » après avoir couvert, le 7 mars à Alger, une manifestation du Hirak, le soulèvement populaire qui a secoué l’Algérie pendant plus d’un an jusqu’à sa suspension il y a quelques mois en raison de l’épidémie de Covid-19.

M. Drareni était jugé en compagnie de deux figures du Hirak, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche. Egalement arrêtés le 7 mars à Alger, ils ont quant à eux été condamnés chacun à deux ans de prison, dont quatre mois ferme. 

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