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Nationale

Affaire Kamal Daoud-Abdelfatah Hamadache : Verdict le 8 mars

Affaire Kamal Daoud-Abdelfatah Hamadache :  Verdict le 8 mars

Le verdict dans l’affaire « d’appel au meurtre » qui oppose le chroniqueur Kamal Daoud à l’autoproclamé prédicateur salafiste Abdelfatah Hamadache sera prononcé le 8 mars par le tribunal d’Oran.

Le procès s’est déroulé en l’absence du plaignant, représenté par son avocat Abderrazak Fodil, et en présence de l’accusé Hamadache qui a nié l’accusation portée contre lui, à savoir la menace de mort, tout en soutenant qu’il a agi en tant que citoyen et membre de la Ligue internationale des oulémas musulmans, « sollicitant les pouvoirs publics à exercer l’application de la peine (El Hadd) sur l’écrivain Kamel Daoud, en application de la chariâa pour atteinte aux valeurs de l’Islam ». Son appel, adressé aux pouvoirs publics, a été fait « suite aux propos contenus dans un roman de l’écrivain Kamel Daoud et à ses déclarations précédentes à une chaîne de télévision française », a-t-il ajouté. Il a estimé que les propos du romancier « affectent les sentiments des musulmans et les valeurs fondamentales de la nation algérienne, telle l’identité et la langue arabe », tout en signalant qu’il a, à son tour, déposé plainte contre l’auteur au niveau d’un tribunal à Alger suite aux déclarations de Kamel Daoud à la chaîne française. 

De son côté, l’avocat du plaignant a estimé que l’appel lancé par Hamadache sur son compte personnel Facebook et ses déclarations lors d’une émission diffusée par une chaîne privée algérienne est « une incitation claire pour tuer l’écrivain », qualifiant cela de « menace de mort » selon les lois du code pénal. L’avocat de Kamel Daoud a requis l’application de la loi afin de « réhabiliter la victime » et un dinar symbolique. Le procureur a requis, à l’issue de son réquisitoire, six mois de prison ferme et 50 000 DA d’amende à l’encontre de l’accusé. Hamadache appelé, le 17 décembre 2014, au meurtre du chroniqueur et écrivain Kamel Daoud, l’accusant d’apostasie et d’insultes envers les musulmans.

L’appel a suscité un tollé, notamment au sein de la corporation des journalistes et dans le milieu culturel. Sur sa page Facebook, Hamadache, connu par l’opinion publique pour ses positions jugées radicales, écrit : « Si la charia était appliquée en Algérie, le mécréant (Kamel Daoud) serait soumis à el had (peine fixe) qui est la condamnation à mort. » Dans son statut, Hamadache, qui officie comme imam (non autorisé) accuse le chroniqueur d’avoir « diffamé la religion, insulté Dieu et porté atteinte à la dignité des musulmans ». Il avait ajouté que Kamel Daoud a « glorifié les sionistes et a agressé la langue arabe ». Une pétition avait été initiée alors par ses confrères dans laquelle ils demandaient aux ministres de la Justice et de l’Intérieur de poursuivre en justice Hamadache pour incitation au crime. 

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