Affaire GB-Pharma : Le procureur requiert 10 ans de prison contre Ouyahia et Sellal
Le procès en appel dans l’affaire de la société de fabrication et d’importation de médicaments GB Pharma, dans laquelle sont poursuivis les anciens Premiers ministres incarcérés, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que d’anciens ministres, à l’instar de Ghoul et Zaâlane, s’est ouvert à la cour d’Alger.
Le procureur général a dressé un dur réquisitoire contre les deux ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, estimant qu’«ils sont entièrement responsables des graves inculpations retenues contre eux par le magistrat instructeur de la Cour Suprême».
Le procureur général a estimé que «les deux inculpés ont causé d’énormes préjudices matériaux suite aux manières fallacieuses utilisées pour dilapider des sommes faramineuses dans le cadre de cette affaire.
Il a affirmé que «le factures d’importation de produits pharmaceutiques ont coûté pas moins de 892 milliards de centimes, alors que le Groupe Ben Hamadi a bénéficié de 53 milliards de centimes et que les biens de l’Etat ont subi un préjudice évalué à 14 milliards de centimes».
Le procureur a requis dix ans de prison ferme contre les deux ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Adbdelmalek Sellal et une peine de trois ans de prison ferme, assortis d’un million de dinars pour chacun, en plus de la saisie de tous les biens des deux mis en cause.
Le représentant du ministère public a par ailleurs requis une peine de trois ans de prison ferme assortis d’un million de dinars et la confiscation de tous les biens de l’ex-ministre du Transport Abdelghani Zaâlane, alors chargé de la campagne électorale de l’ex-président de la République Abdelaziz Bouteflika
Lors de leur passage à la barre, Ahmed Ouyahia et Abdemalek Sellal, accusés d’octroi de privilèges injustifiés au Groupe Condor et à ses filiales, dont des facilitations pour la réalisation d’une usine de fabrication de médicaments GB Pharma dans la nouvelle ville de Sidi Abdallah (ouest d’Alger), laquelle était gérée par l’ancien ministre de la Poste et des Technologies, Moussa Benhamadi, ont nié les faits qui leur ont été reprochés par le magistrat instructeur de la Cour suprême.
Ahmed Ouyahia a déclaré : «Je n’ai rien à voir dans cette affaire. Je n’étais pas à la tête du gouvernement lorsque les contrats ont été signés. Toutes les opérations établies ont été effectuées alors que je n’étais pas dans l’Exécutif .»
Pour sa part, Abdelmalek Sellal a affirmé à la présidente de la 6e chambre pénale : «Je n’ai rien à voir dans cette affaire. Tout d’abord, il faut connaître la nature juridique ATM MOBILIS. C’est une entreprise publique commerciale et autonome, et les deux conventions signées par cette dernière avec l’entreprise Condor sont purement commerciales et n’ont, en aucun cas, un caractère pénal. Les deux marchés ont été signés conformément au règlement intérieur de l’ATM Mobilis.»
Il a ajouté que «l’avis des experts de l’IGF étaient tout à fait erronés et faux car l’expertise ordonnée par le juge d’instruction a établi la vérité dans ses conclusions, à savoir que le Trésor et ATM Mobilis ont engendré des bénéfices colossaux à travers ces contrats».
«Je n’étais pas responsable de la partie financière de la campagne électorale, c’est feu Hamid Chaid qui était le seul responsable», a-t-il dit.
Selon l’ordonnance de renvoi devant le tribunal de Sidi M’hamed, le Groupe Condor a bénéficié auprès d’Ouyahia et de Sellal de facilitations jugées illégales pour la réalisation d’un centre pour brûlés à Skikda par la société Travocovia, l’une des filiales du Groupe Condor, ainsi que d’interventions lors de la passation de marchés avec l’opérateur public de téléphonie mobile Mobilis pour l’acquisition de téléphones portables et de tablettes auprès du Groupe Condor.
Les frères Benhamadi sont également poursuivis pour participation au financement de la campagne électorale du candidat à la présidentielle d’avril 2019, Abdelaziz Bouteflika, avec le dépôt de 5 milliards de centimes dans les fonds du Président déchu, et ce à travers un compte bancaire ouvert spécialement pour recueillir les apports financiers de parties sans aucun lien avec l’élection. L’affaire GB Pharma implique, pour rappel, les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, mais aussi les frères Benhamadi, dont l’ancien ministre de la Poste et des Technologies, Moussa Benhamadi, décédé en juillet dernier à la prison d’El-Harrach des suites de la Covid-19.
Le jugement en première instance, en novembre dernier, au tribunal de Sidi M’hamed avait, pour rappel, conclu à la culpabilité des ex-Premiers ministres. Pour rappel, les deux principaux prévenus dans cette affaire, les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, condamnés et incarcérés pour leur implication dans plusieurs autres affaires de corruption, ont écopé de cinq ans de prison ferme lors du premier jugement du dossier GB Pharma.
Les ex-Premiers ministres ont, quant à eux, rejeté les charges, pointant du doigt la responsabilité des échelons inférieurs, notamment l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, et la direction de l’Agence nationale pour le développement de l’investissement (ANDI). «Ces questions concernent directement les collectivités locales, à leur tête la wilaya, et non la chefferie du gouvernement», a notamment lancé Ahmed Ouyahia en ce qui concerne l’octroi de «facilitations» à la réalisation des projets d’investissement