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Nationale

Affaire du montage automobile: Les inculpés rejettent les accusations

Affaire du montage automobile: Les inculpés rejettent les accusations

Le deuxième jour du procès en appel des deux ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que les trois ex- ministres Abdelghani Zaalane, Bedda Mahdjoub et Youcef Yousfi, s’est poursuivi ce lundi de 10 heures 10 jusqu’à 16 heures avec seulement deux pauses.

Ces longues heures ont été consacrées par le président de la cour d’appel d’Alger, Ayad Abdelaziz, à l’audition d’ex-ministres, à l’image de Bedda Mahdjoub, ex-ministre de l’Industrie et Abdelghani Zaalane, ex-ministre des Travaux publics, et des hommes d’affaires Ahmed Mazouz et Hassen Larbaoui, incarcérés à la prison d’El Harrach.

Interrogé par rapport aux accusations portées contre lui par le conseiller rapporteur de la Cour suprême, Bedda Mahdjoub a d’emblée nié tous les faits qui lui ont été reprochés, notamment passation de marchés non réglementés octroi d’indus avantages et détournement de deniers publics. Il a affirmé au président de la cour : « Je suis le seul ministre qui a refusé de faire passer les projets du CKD et SKD, car j’ai jugé qu’ils ne répondaient pas aux normes ».

Il a indiqué : « Au lendemain de ma nomination à la tête du ministère, j’ai trouvé que les choses étaient désordonnées, c’est pourquoi d’ailleurs j’ai décidé de limoger 13 hauts cadres qui occupaient des postes de responsabilité au niveau des différents départements ».

Il a par ailleurs souligné que « le secrétaire général de la Présidence de la République de l’époque, Habba, m’a reproché d’être contre le programme tracé par cette institution et n’a pas tardé à m’annoncer mon limogeage ».

Bedda a déclaré au président de l’audience : « Je n’ai pas examiné les dossiers des opérateurs économiques ! ».

Et le président de l’interrompre : « Vous dites que vous n’avez pas signé les dossiers et celui de l’homme d’affaires Achaibou, que vous avez reçu dans votre bureau ! »

Coincé par cette question, l’ex-ministre a répondu : « Je suis traumatisé. Le conseiller rapporteur de la Cour suprême a exercé sur moi des pressions ! ».

« Revenons à l’homme d’affaires Achaibou, son dossier a été rejeté par la commission chargée de l’évaluation technique et vous l’avez signé, pourquoi ? » questionne le président

L’ex-premier responsable du secteur de l’Industrie s’est seulement contenté de jeter des regards évasifs sur la composition de la cour. Il a tenu à préciser que « l’actuel ministre de l’Industrie travaille toujours avec les mêmes procédures ». Auditionné, l’homme d’affaires Ahmed Maazouz a répondu aux accusations portées contre lui concernant “les indus avantages accordés par l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahias et l’ex-ministre de l’Industrie Youcef Yousfi, dans le cadre de son projet de montage automobile”.

Après avoir entendu ses déclarations, Mazouz a été confronté à ses propres déclarations faites au cours de l’instruction judiciaire. Au début, il a été question de l’infraction à la loi relevée dans l’attribution du projet de montage automobile à Mazouz, sans répondre à plusieurs conditions dont celle du partenaire étranger et le différend enregistré entre Ouyahia et Yousfi autour de cette condition, ainsi que son obtention d’indus avantages et de décisions techniques, basées sur des dossiers vides ayant entraîné d’importantes pertes au Trésor public.

L’homme d’affaires Mazouz a été par ailleurs interrogé sur les financements occultes de la campagne électorale de l’ex-président de la République Abdelaziz Bouteflika, et la somme

de 39 milliards de centimes qu’il aurait remise à l’homme d’affaires Ali Haddad. L’accusé a dit “ignorer les procédures légales en vigueur en matière de financement de la campagne électorale”, sans nier avoir donné cette somme.

Dans le même contexte, le mis en cause a déclaré : « Ali Haddad m’a sommé de verser cette somme. En contrepartie j’aurais le OK pour l’emplacement du tuyau de gaz dans ma nouvelle usine située dans la wilaya de Boumerdès »

A propos du compte bancaire en son nom découvert lors des investigations, dont le solde est de 493 milliards de centimes, les nombreux biens immobiliers qu’il possède à Alger, le mis en cause a répondu : « Ma fortune dépasse cette somme, une fortune amassée durant de longues années d’activité dans les domaines du commerce et des affaires ».

Appelé à la barre, Hassan Larbaoui, le propriétaire de KIA, a nié toutes les charges retenues contre lui, notamment celles relatives à la dilapidation de deniers publics causant des pertes au Trésor public s’élevant à 29 milliards de DA.

En réponse aux questions du juge sur les objectifs escomptés à travers son projet de montage de voitures “KIA”, l’accusé Larbaoui a affirmé que « le véritable objectif était de développer le secteur automobile en Algérie en parvenant à la fabrication effective de véhicules, un projet qui devait offrir 5000 postes d’emploi directs et créer quelque 1000 entreprises de sous-traitance au profit des jeunes à travers le territoire national ». L’inculpé a indiqué également « s’être engagé devant le ministère de l’Industrie à lancer l’opération de fabrication en 2020 sans avoir à recourir à la devise, précisant qu’un tel projet nécessitait 16 milliards de DA.

Suite à ces déclarations jugées fracassantes, le président a décidé d’une confrontation entre l’homme d’affaires Larbaoui et l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda, qui a réitéré « n’avoir aucune relation avec l’homme d’affaires Larbaoui qu’il a connu tout dernièrement »

Bedda a déclaré à que « le poste que j’ai occupé pendant trois mois “ne m’a pas permis de connaître tous les responsables et les cadres du ministère” et que les dossiers relatifs aux décisions d’octroi “me parviennent prêts et je procède uniquement à leur signature”.

Appelée en tant qu’inculpée, Nouria Zerhouni a affirmé que : « le terrain de Boumerdès avait été transféré du temps de l’ancien wali et que Bairi avait été notifié de l’approbation.

Soulignant, à ce propos, que “le dossier Bairi a été traité au temps du wali qui m’a précédée”, elle a précisé qu’elle “avait donné la priorité aux dossiers approuvés, et que d’autres dossiers avaient été annulés après étude et vérification”.

“Le dossier Bairi m’avait été présenté par la directrice de l’industrie de la wilaya de Boumerdès, Mme Safia Belhout, oui monsieur le juge elle était présente et tout s’est passé en sa présence. Et dans le souci de préserver le service public, j’ai dû traiter tous les dossiers en instance, par la validation ou le rejet pour non- conformité au cahier des charges et à la loi”, a-t-elle déclaré.

Interrogé, Farès sellal, fils de l’ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal, a reconnu avoir bénéficié d’un crédit bancaire de 11 milliards de centimes.

Abboud Achour, l’ex-PDG du CPA, a nié avoir violé les dispositions relatives à l’octroi des crédits bancaires tout en précisant qu’il a « fait l’objet de dépassements de la part de services de sécurité ayant enquêté ».

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