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Nationale

Affaire du montage automobile: Haddad et un ex-sénateur chargent Saïd Bouteflika

Affaire du montage automobile: Haddad et un ex-sénateur chargent Saïd Bouteflika

Le troisième jour du procès des ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal et des ex-ministres de Mahdjoub Bedda, Youcef Yousfi et Abdelghani Zaâlane, tous impliqués dans des affaires liées à la malversation, a été consacré aux auditions de l’ex-sénateur du tiers présidentiel Chaid Hammoud, des deux hommes d’affaires Mohamed Bairi et Ali Haddad et des ex-cadres du ministère de l’Industrie et des Mines.

Le premier accusé non détenu qui a été auditionné par le président de la chambre pénale est Chaid Hammoud, lequel est poursuivi pour blanchiment d’argent et financement occulte de la campagne électorale du président de la République déchu Abdelaziz Bouteflika.

Assisté par son avocat Hadj Nacer, le mis en cause, âgé de 90 ans, a d’emblée déclaré au président en charge du dossier : « C’est Saïd Bouteflika qui m’a chargé de collecter l’argent en coordination avec l’homme d’affaires Ali Haddad »

Il a affirmé que « sur les 75 milliards de centimes collectés, j’ai retiré 18 milliards et Saïd Bouteflika a pris 19 milliards ».

L’accusé a précisé que « les 75 milliards de centimes ramassés ont été transférés au siège de ETRHB de Ali Haddad à Dar El Beida ».

Il a tenu à souligner : « Le seuil des sommes d’argent de la campagne électorale ne doit pas dépasser 6,5 milliards de centimes ».

Auditionné, l’homme d’affaires Mohamed Bairi a nié en bloc avoir reçu des avantages et des exonérations fiscales, arguant qu’il aurait dû être le premier opérateur à obtenir un agrément car c’est son métier.

“D’ailleurs, je m’interroge encore sur les raisons pour lesquelles je n’ai pas été inclus sur la liste des opérateurs agréés”, a-t-il ajouté.

A une question sur la source de ses biens, l’homme d’affaires a indiqué qu’il exerce dans le domaine de l’importation depuis 30 années et que 80% de ses biens déclarés proviennent de l’héritage familial.

Le prévenu a fait état de “dettes en suspens relatives aux projets de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ) et de la Caisse nationale d’assurance-chômage (CNAC) d’une valeur de 84 milliards de centimes”.

En réponse au chef d’accusation de dilapidation de 11.000 milliards de centimes dans le dossier de montage automobile, Bairi a déclaré “n’avoir jamais entendu parler de ce chiffre”, précisant “avoir tenu à installer une usine temporaire, employant 450 salariés, à Bouira en attendant l’acceptation de son dossier d’établissement d’une usine à Ouled Haddadj”.

Interrogé sur la concession à son profit d’un terrain en 2016, Bairi a clamé en direction du juge que ce terrain qu’il n’avait pas sollicité était “inadapté” et qu’il avait demandé plutôt un foncier dans la région d’Ouled Haddadj, lequel lui a été refusé.

Réagissant à cette accusation, il a déclaré “si j’avais su qu’investir dans mon pays pouvait me conduire en prison, je me serais abstenu”. Ce à quoi le juge a rétorqué que “l’investissement est régi par des lois” bien précises. Et d’enchaîner en l’interrogeant sur les pertes occasionnées au Trésor public de 772 millions de DA et de 720 millions de DA en raison de la mauvaise exploitation de ce terrain.

Dans sa réponse, Bairi a soutenu qu’il n’avait pas “exigé” de lieu précis pour investir et qu’à ce jour il n’avait pas reçu de permis de construire relatif à ce projet, reconnaissant néanmoins avoir pris connaissance de ces deux montants à travers une étude comparative réalisée par des parties qu’il n’a pas nommées.

Précisant avoir signé, le 5 mars 2018, le cahier des charges relatif à la réalisation de cette usine, il a affirmé n’avoir pas reçu, à ce jour, de réponse de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI).

Il a enfin indiqué que « le fils de l’ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal a rejoint l’entreprise que je possédais après avoir versé 9 milliards de DA et est reparti avec 11 milliards DA ».

L’enfant d’Azzefoun, alors fondateur et PDG du groupe ETRHB Haddad, et ex-président du Forum des chefs d’entreprises du 27 novembre 2014 au 28 mars 2019, a été interrogé par rapport aux sommes faramineuses collectées pour faire réussir la campagne électorale de l’ancien président de la République et a affirmé avoir contacté plusieurs hommes d’affaires.

« Saïd m’a chargé de récupérer 750 milliards de centimes de la direction de campagne électorale de son frère Abdelaziz pour des mesures de sécurité et m’a chargé de les garder au niveau de mon entreprise ! »

Dans le même contexte, il a tenu à préciser que « 65 millions de dinars, soit 6,5 milliards de centimes, ont été déboursés dans la location de trois immeubles à Alger et que 7 millions de dinars ont été déboursés dans l’acquisition d’outils bureautiques ».

Dans le même ordre, il a déclaré que l’homme d’affaires Mazzouz lui a remis un chèque d’un montant de 39 milliards de centimes ! ».

Ali Haddad, qui est classé par Forbes dans le top 5 des personnalités les plus riches d’Algérie, a pu, en un laps de temps, constituer une fortune colossale estimée à plusieurs milliards de dinars mais aussi en devises, et ce après avoir bénéficié de grandes facilités dans l’octroi de crédits bancaires, a reconnu avoir demandé à l’homme d’affaires Arbaoui Hassen de participer au financement de la campagne électorale de Bouteflika sur ordre de son frère Said Bouteflika.

Il a par ailleurs tenu à préciser que « Arbaoui a remis un chèque de 20 milliards de centimes et 20 véhicules luxueux à la direction de campagne électorale du président déchu ».

L’audience d’aujourd’hui sera consacrée aux parties civiles et probablement au réquisitoire du procureur général.

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