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Nationale

Affaire des 70 milliards de DA dépensés : Vers la création d’une commission d’enquête parlementaire

Affaire des 70 milliards de DA dépensés : Vers la création d’une commission d’enquête parlementaire

Un bon nombre de députés aguerris semblent attendre le OK de leurs directions politiques pour engager une procédure parlementaire dès la rentrée de septembre prochain sur la question des 70 milliards de DA dépensés par le précédent gouvernement dans des projets inutiles.

Des députés issus aussi bien de l’opposition que du FLN ont engagé des débats informels sur cette question. L’affaire concerne les déclarations publiques faites par le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune lors de la présentation de son plan d’action à l’APN sur la « non visibilité des investissements de l’ordre de 7 000 milliards de centimes ». On se rappelle que cette déclaration, qui a secoué la routine du mois de Ramadhan et alimenté les chroniques politiques, n’a pas eu de suite. Des milieux politiques de l’opposition étaient restés silencieux et ne voulaient pas réagir à chaud. Certains attendaient des éclaircissements ou des développements, alors que d’autres imaginaient des suites rapides à cette affaire de la part des pouvoir publics. D’ailleurs, seul le ministre de l’Industrie et des Mines a fait quelques observations d’une manière indirecte, en restant dans le domaine de l’industrie et du montage du secteur automobile.
Cependant, certains observateurs n’ont pas manqué de relever que des parlementaires ont allumé la mèche, se disant que si le gouvernement, soit une institution névralgique de l’Etat, se pose des questions sur la destination de ces 7 000 milliards de centimes, pourquoi n’en serait-il pas de même d’une autre institution comme la chambre basse du Parlement de s’interroger sur cet énorme montant investi sans efficacité et rentabilité pour l’économie nationale. Le débat ne fait que s’engager et risque même d’avoir des retombées rapides dès la rentrée parlementaire. Il faut noter que Tebboune avait taclé rudement, sans nommer personne, la gestion de ces deniers publics consacrés au développement de l’investissement. Une cagnotte qui devait être utilisée pour financer des centaines ou des milliers de PME pour booster l’emploi et la production et obtenir un impact direct sur la croissance. Pour ces députés, « s’il n’y a pas eu de résultats concrets sur cet énorme investissement, il faut se poser la question et enquêter, c’est la moindre des choses », alors qu’un autre, issu du parti majoritaire, pense que cette fois-ci le « gouvernement ne pourrait mettre des bâtons dans les roues pour arracher la vérité sur la destination de l’argent public ». « Pourquoi a-t-on injecté des sommes colossales pour des projets non rentables ? » disent d’autres de l’opposition.
Il faut signaler, cependant, que l’allusion de Tebboune, relayée ensuite par son ministre de l’Industrie Mahdjoub Bedda, concernait Bouchouareb, qui gérait le secteur industriel et minier depuis plus trois ans. Bien que le patron du RND, Ahmed Ouyahia se soit senti obligé d’intervenir dans ce débat en prenant la défense de l’un de ses plus proches cadres dirigeants, il est clair que la bataille ne concerne point un duel à distance entre le FLN-RND, comme certains veulent bien le dire.
Faut-il croire qu’il y aura toute la lumière sur cette affaire ? C’est la question que se posent ces parlementaires qui tentent d’engager la procédure, d’autant que l’article 78 de la loi organique régissant les relations entre le gouvernement et le Parlement autorise la création d’une commission d’enquête après le dépôt de la proposition au niveau du bureau de l’APN ou du Sénat. Cette proposition, bien détaillée et paraphée par au moins 20 parlementaires ou sénateurs, est soumise au vote. Mais, des sceptiques au sein de l’APN pensent que le pouvoir ne voudra pas allumer des feux contraires dans cette conjoncture et délicate et qu’il fera tout pour saboter la création d’une quelconque commission d’enquête. Mais, chez l’opposition, notamment islamiste, il n’est pas question de lâcher le morceau, quitte à faire actionner, au moins, l’article 114 de la Constitution, qui dispose que cette « opposition parlementaire a le droit de participer aux activités parlementaires et d’animer la vie politique nationale ».

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