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Nationale

Affaire de la pastèque toxique : L’APOCE dement

Affaire de la pastèque toxique : L’APOCE dement

Alors que des alertes faisant état de prétendues intoxications alimentaires liées à la consommation de pastèques ont provoqué un vent de panique sur les réseaux sociaux et les marchés, l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE) appelle à ne pas céder aux conclusions hâtives. Pour Mustapha Zebdi, président de l’APOCE, aucune donnée scientifique ne permet, à ce stade, d’établir un lien entre l’utilisation de produits chimiques en agriculture et les cas d’intoxication alimentaire aiguë rapportés ces derniers jours.

Selon Mustapha Zebdi, l’immense majorité des intoxications alimentaires aiguës sont d’origine biologique plutôt que chimique, étant donné qu’elles résultent principalement de la prolifération de bactéries, de virus ou de parasites, favorisée par « une conservation des aliments à des températures non conformes ». L’expert rappelle cependant que l’usage excessif et non maîtrisé des engrais et des pesticides constitue « un véritable enjeu de santé publique, susceptible d’être associé à des effets chroniques à long terme », notamment à un risque accru de certains cancers.

Depuis plusieurs jours, une vague de publications alarmistes évoquant de supposés cas d’intoxication alimentaire après la consommation de pastèques alimente les débats sur les réseaux sociaux. Cette polémique a rapidement eu des répercussions sur les marchés, dans lequels les ventes ont fortement reculé, entraînant une baisse significative des prix.

Contacté, ce mardi, par Le Jeune Indépendant, Mustapha Zebdi, président de l’APOCE, a expliqué que les intoxications alimentaires aiguës sont le plus souvent causées par une rupture des bonnes pratiques de conservation. Selon ses propos, une exposition prolongée des produits à des températures élevées lors du transport, du stockage ou de leur commercialisation favorise la prolifération de micro-organismes pathogènes susceptibles de provoquer des intoxications alimentaires.

« L’intoxication alimentaire aiguë provoquant une diarrhée, des vomissements…est souvent liée à une mauvaise maîtrise des conditions de température. Elle peut résulter d’une exposition inappropriée des produits à la chaleur au cours de la chaîne de distribution, du transport, du stockage ou de la mise en vente, favorisant ainsi la prolifération des micro-organismes responsables de l’intoxication », a-t-il expliqué.

Tandis que de nombreux internautes ont attribué ces cas présumés à une utilisation excessive d’engrais chimiques ou à une forte concentration de nitrates dans les pastèques, le président de l’APOCE est d’avis que cette hypothèse ne repose sur aucun élément scientifique à ce stade. « Les engrais et les nitrates relèvent d’une problématique plus large de santé publique. Leur implication est davantage discutée dans le cadre de pathologies à long terme, telles que certains cancers, plutôt que dans celui des intoxications alimentaires aiguës », a-t-il précisé. Les invoquer pour expliquer en l’occurrence un cas d’intoxication aiguë, sans données scientifiques ou analytiques démontrant leur implication, ne repose pas sur des bases scientifiques solides, toujours selon le même intervenant.

Si l’APOCE écarte tout lien scientifique établi entre les nitrates et les intoxications alimentaires aiguës évoquées ces derniers jours, elle rappelle néanmoins qu’elle alerte depuis plusieurs années sur les risques liés à l’utilisation excessive ou non raisonnée des engrais chimiques et des pesticides, principalement « dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage ». Mustapha Zebdi recommande ainsi de rationaliser le recours aux intrants agricoles, en vue d’éviter leur usage abusif, de systématiser les analyses en laboratoire avant la commercialisation des produits agricoles pour en garantir la conformité et l’innocuité, ainsi que de renforcer les contrôles sur le terrain et la traçabilité tout au long de la chaîne de production et de commercialisation. L’organisation milite pour le respect des chaînes de froid et des normes d’abattage.

Estimant que les rumeurs menacent directement les producteurs et perturbent le marché, Fédération Nationale des Marchés de Gros des Fruits et Légumes (FNMGFV) a pris la parole, à ce sujet. Dans un communiqué, elle a argué qu’aucune expertise médicale ou scientifique n’a établi un lien entre les pastèques actuellement commercialisées et les cas d’intoxication évoqués sur les réseaux sociaux. La Fédération déplore « une vague de désinformation » qui, selon elle, porte un sérieux préjudice à la filière en pleine saison de récolte.



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