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Nationale

Affaire Chakib Khelil : Les Suisses ont transmis toutes les informations

Affaire Chakib Khelil : Les Suisses ont transmis toutes les informations

Un ministre égyptien de l’Agriculture a été arrêté hier à la sortie de son entrevue avec le Premier ministre de l’Egypte. Il est soupçonné d’avoir versé dans une affaire de corruption.

De fait, des responsables du ministère auraient reçu des pots-de-vin pour aider des hommes d’affaires à acquérir de manière illégale des terrains appartenant à l’Etat, selon un responsable du parquet et les médias égyptiens. Ce cas n’est pas inédit en soi mais il démontre qu’on ne joue pas avec l’argent du peuple et à plus forte raison lorsque la situation est dangereuse à tout point de vue.

C’est ce qu’on appelle le réalisme politique. Ici en Algérie, une ribambelle de ministres sont soupçonnés, à tort ou à raison, d’avoir trempé dans des affaires douteuses d’enrichissements personnels, de favoritisme, de délit d’initiés sans que l’on s’émeuve de cette « obscénité de la corruption ». La question mérite d’être posée. « En Algérie, c’est la peur qui fait la loi », dit-on pour mieux signifier qu’on ne peut aisément s’attaquer à un ponte sans recevoir en retour un avertissement, être muté ou mis à la retraite.

C’est le silence et l’indifférence qui sont de mise, ouvrant ainsi la voie à toutes sortes de spéculations. En effet depuis plusieurs années, les accusations se succèdent des plus graves contre un ministre de la République : sur sa gestion des affaires de son secteur, de Sonatrach et sur ses liens supposés avec des hommes très peu recommandables. Ces accusations qui ont fait la une de la presse écrite ou électroniques demeurent sans réponse jusqu’à aujourd’hui. 

Comment est-il possible qu’une somme d’accusations d’une telle gravité, relayée par la presse indépendante nationale et même internationale, puisse être portée contre ce ministre, et donc constituer une atteinte grave, au-delà de sa personne, à l’image, à la dignité et aux intérêts du pays sans qu’aucune réaction ne vienne éclairer l’opinion nationale et internationale ? 

Chakib Khelil, l’exemple qui illustre le mieux cette complaisance

En Suisse et en Italie, la justice a fait son travail d’investigation. Le tribunal pénal fédéral suisse a rejeté l’appel interjeté par Chakib Khelil contre la remise des relevés bancaires de ses cinq comptes, dont il est cotitulaire avec son épouse.

Les Suisses ont signifié à l’ancien ministre de l’Energie qu’ils ont donné une suite favorable aux autorités algériennes qui auraient demandé les mouvements financiers. Chakib Khelil a été également débouté par le tribunal pénal fédéral suisse dans sa plainte contre la livraison à l’Algérie des données sur les cinq comptes qu’il détient (dont un avec son épouse) sur le territoire helvétique.

Le Tribunal fédéral suisse en charge de l’affaire a dit oui à un contrôle de flux d’argent d’un montant de 200 millions d’euros qui a eu lieu « en particulier entre un organisme public algérien dont l’ancien ministre était responsable et un homme d’affaires italien et de celui-ci à une autre société ».

Cela confirme également que les autorités judiciaires algériennes enquêtent sur l’affaire de Chakib Khelil. Et qu’aujourd’hui elles doivent être en possession d’informations crédibles sur les affaires de détournements opérés par Khelil.
En Italie, le parquet de Milan a ouvert une enquête sur un soupçon de corruption de l’ex-ministre de l’Energie.

Le rapport, qui a été rédigé après une longue enquête judiciaire en Italie et plusieurs commissions rogatoires internationales dans plusieurs pays dont l’Algérie, parle de 198 millions d’euros de pots-de-vin présumés versés par l’entreprise italienne Saipem à Chakib Khelil, à ses proches et à son intermédiaire, Farid Bedjaoui, en contrepartie de sept grands contrats pétroliers en Algérie d’une valeur de 8 milliards d’euros. Ces faits, sur lesquels le procureur a requis des commissions rogatoires au Liban, en Algérie, en Suisse, au Luxembourg et à Hong-Kong, auraient eu lieu entre 2007 au moins jusqu’en 2010.

Quoi qu’il en soit, c’est la première fois que Chakib Khelil est cité par la justice italienne, qui se contentait jusque-là d’évoquer des « responsables algériens » mis à part Farid Bedjaoui, qui a été mêlé à tous les coups.On ignore jusqu’à aujourd’hui la nature des informations transmises au parquet d’Alger par la justice suisse. L’affaire Khelil a-t-elle été mise sous le coude ? En 2013, il a révélé à un quotidien algérien qu’il était « prêt à venir à Alger dès que la convocation me parviendra en bonne et due forme ».

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