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Nationale

Affaire avion d’Air Algérie: Acte de piraterie

Affaire avion d’Air Algérie: Acte de piraterie

Suite à la saisie d’un avion de la compagnie Air Algérie par les autorités judiciaires belges, deux ambassadeurs algériens, en poste en Belgique et aux Pays-Bas, ont été rappelés. Il s’agit d’une réaction tout à fait prévisible étant donné qu’un symbole de la souveraineté nationale fait l’objet d’un acte de piraterie. La justice a tranché en faveur de la compagnie basée à Maastricht en l’absence de la partie algérienne. Le verdict, assimilé à une offense à Alger, renseigne toutefois sur le laxisme des dirigeants d’Air Algérie dans la gestion d’un dossier vieux de six ans, dont les conséquences portent un sérieux coup à l’image d’une compagnie éclaboussée depuis des mois par une cascade de scandales.

Les ambassadeurs d’Algérie en Belgique et en Hollande ont été rappelés à Alger « pour consultations », suite à la saisie de l’avion d’Air Algérie, a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères. La décision algérienne dénote l’existence désormais d’une crise avec les deux pays du Benelux. Vendredi, un avion d’Air Algérie a été bloqué à l’aéroport de Bruxelles sur une plainte de la société néerlandaise K’AIR BV qui est en litige avec la compagnie algérienne.

L’appareil a été retenu sur décision de la justice belge. Le litige opposant la compagnie nationale à la société néerlandaise K’AIR BV est né d’un contrat de vente d’appareils réformés signé le 6 juillet 2008 par les deux parties, selon les explications d’Air Algérie. K’AIR BV n’est pas parvenue à mettre en place le financement tel que prévu « en dépit des facilités « qui lui ont été accordés, poursuit-elle.

Après mise en demeure pour faute d’exécution, Air Algérie a procédé, le 29 décembre 2009, à la résiliation de ce contrat. La compagnie aérienne nationale ne précise pas le montant ou l’objet du financement, encore moins la raison du recours à des appareils reformés. Par la suite, la société néerlandaise a engagé, le 17 mars 2011, une procédure d’arbitrage auprès de la Cour internationale d’arbitrage qui a rendu, le 31 mars 2014, une sentence condamnant Air Algérie.

En conséquence, la compagnie aérienne nationale a engagé, le 7 mai 2014, un recours en annulation contre cette sentence. En dépit de la procédure légale engagée par Air Algérie, la société K’AIR BV a fait procéder par la justice belge à la retenue de l’appareil assurant le vol AH 206. En vue de dénouer cette crise, Air Algérie affirme qu’elle a entrepris les démarches légales nécessaires auprès des juridictions belges et qu’elle veille à prendre toutes les actions dans les plus brefs délais.

Wahid Bouabdallah était à la tête d’Air Algérie au moment de la conclusion de la transaction avec K’AIR BV, une compagnie dirigée par Hamid Kerboua, un binational vivant aux Pays-Bas. Dans une déclaration à TSA, Bouabdallah a fait savoir que le montant de la transaction, conclue le 8 juillet 2008, était de 10 millions de dollars.

Elle concernait la vente par la compagnie néerlandaise d’appareils réformés destinés à être découpés et vendus en pièces détachées. Selon lui, la société néerlandaise n’a pas respecté ses engagements contractuels. K’AIR BV devait découper une dizaine d’avions. Mais après avoir commencé le travail, « elle n’a pas réussi à mettre en place les financements nécessaires pour l’exécution du contrat « .

Pour sortir de cette impasse, les dirigeants de K’AIR BV ont alors proposé de vendre une partie des pièces récupérées sur les appareils découpés pour pouvoir se financer », une option qui a été refusée par Air Algérie, ajoute l’ancien P-DG d’Air Algérie. Face à cette situation, son successeur Mohamed-Salah Boultif a décidé de résilier le contrat en 2011. Suite à cette procédure, K’AIR BV a exigé la restitution d’une caution de 2 millions de dollars qu’elle avait déposés au moment de l’obtention du contrat. Mais Air Algérie avait refusé, faisant valoir les pertes occasionnées à la compagnie faute de pièces de rechange.

K’AIR BV a alors saisi un tribunal d’arbitrage belge qui lui a donné gain de cause. La commission au sein d’Algérie qui était chargée de suivre cette affaire avait été dissoute par Boultif, ce qui a empêché Air Algérie d’être représentée au moment de la décision d’arbitrage. Le blocage de l’appareil d’Air Algérie est perçu à Alger comme une atteinte à un symbole de la souveraineté nationale. Beaucoup de commentateurs qualifient la décision des autorités aéroportuaires belges d’acte de piraterie. 

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