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Energies

Affaire Augusta : Plusieurs responsables de Sonatrach devant la justice

Affaire Augusta : Plusieurs responsables de Sonatrach devant la justice
Des dirigeants de Sonatrach à Augusta en 2018

Nouveaux rebondissements dans l’enquête de la raffinerie Augusta. L’instruction semble s’accélérer avec l’apparition de nouveaux éléments.
Plusieurs responsables de Sonatrach dont un ex-vice-président ont été convoqués par la justice dans le cadre de l’enquête sur l’acquisition de la raffinerie italienne d’Augusta, a-t-on appris ce mercredi de source en charge du dossier.

Ces responsables ont commencé à être entendu mardi par le juge d’instruction près du tribunal de Bir Mourad Rais qui a déclenché en juillet dernier une enquête sur cette acquisition qui a fait couler beaucoup d’encre, a indiqué au Jeune indépendant la même source qui n’a pas précisé en qualité de quoi chacun des responsables a été convoqué par le juge d’instruction à savoir en tant que suspect ou témoin.
Parmi les personnes convoquées par le magistrat instructeur figure, Abdelhamid Rais-Ali lex-vice-président du raffinage et ancien DG de la raffinerie d’Arzew qui est considéré comme l’un des personnages clefs dans l’achat de la raffinerie italienne en avril 2018.
On ignore aussi si l’ancien P-DG Abdelmoumen Ould Kaddour est visé par l’enquête.

En juillet dernier, le tribunal de Bir-Mourad-Raïs (Alger) a décidé d’engager cette enquête pour situer les responsabilités dans l’acquisition de cette raffinerie vieille alors de 70 ans.
Un seul responsable a été placé en détention provisoire à ce jour. Il s’agit de l’ex-vice-président du groupe Sonatrach Ahmed Mazighi et conseiller de d’Ould Kaddour. Il est poursuivi pour dilapidation de deniers publics et abus de fonctions. Ould Kaddour quant à lui a quitté le pays et occuperait le poste de conseiller chez ExxonMobil.

Pour rappel, après avoir signé l’accord de vente avec Esso Italiana, filiale italienne d’ExxonMobil, en mai 2018, Sonatrach a conclu la vente de la raffinerie d’Augusta le 1er décembre 2018.

Sonatrach avait précisé à l’issue de l’achat que « le périmètre de cette transaction inclut la raffinerie d’Augusta, les trois terminaux pétroliers de Palerme, Naples et Augusta, ainsi que les participations dans des pipelines reliant la raffinerie aux différents terminaux ».

Selon des experts consultés par « Le Jeune Indépendant », les termes du contrat d’acquisition avec un financement de moins d’un milliard de dollars, restent toujours opaques mais laissent entrevoir une opération bâclée, et pas tout à fait à l’avantage de la compagnie pétrolière algérienne ni au profit du marché algérien,
Beaucoup s’interrogeaient alors si cette transaction ne masquait pas une « faveur » accordée à Exxon Mobil pour des considérations que ceux qui l’ont rendue possible croyaient pouvoir cacher aussi longtemps qu’ils sont aux commandes à Sonatrach.

C’est en mai 2018 que Sonatrach annonce le rachat de cette vieille raffinerie et ses terminaux pétroliers (siciliens) à Augusta, Palerme et Naples, et leurs systèmes d’oléoducs associés. Le transfert de propriété avait été effectif le 1er décembre 2018 et signé à Milan, la nouvelle entité étant désormais dénommée “Sonatrach Raffineria Italiana Srl”.

L’acquisition dans la précipitation de la raffinerie sicilienne d’Augusta avait alors étonné tous les experts en énergie algériens et étrangers officiant au sein des bureau-conseils auprès des grands traders européens et fonds d’investissements américains . Des cadres au sein de Sonatarch très au fait des soubassements du secteur du raffinage ont mis en garde contre cette transaction. Leurs avis ont été réduits au silence, certains ont été démis de leurs postes.
Le groupe Sonatrach avait fait lors de la conclusion du contrat une concession de taille à Exxon Mobil: leur vendre toute la production d’huiles lourdes et, aussi étrange que cela puisse paraître, produites à partir d’hydrocarbures non pas algériens, mais de pays du Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite notamment.

Car l’un des points les plus importants du cahier des charges d’Exxon mobil exigeait la reprise de la production d’huile de base de cette raffinerie à travers un contrat d’ « offtake » (accord d’enlèvement) de 10 ans.

La raffinerie d’Augusta est censée être la deuxième parmi les positions de Sonatrach en matière de capacités de production après la raffinerie de Skikda (18 millions de tonnes /an), et devait permettre au groupe pétrolier de combler son déficit local en gasoil et en essence et de vendre sur les marchés internationaux les produits excédentaires.

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