Adoption de l’anglais au primaire : Les syndicats dans l'expectative – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Adoption de l’anglais au primaire : Les syndicats dans l’expectative

Adoption de l’anglais au primaire : Les syndicats dans l’expectative

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a confirmé, dans sa rencontre avec les médias, sa décision d’adopter l’anglais au cycle primaire dès la prochaine rentrée scolaire 2022-2023. Une décision qui a suscité de l’inquiétude chez les syndicats de l’éducation quant à la manière de son application sur le terrain. 

A la veille de la rentrée scolaire, le président Tebboune a annoncé l’introduction de la langue de Shakespeare au cycle primaire, mettant la famille éducative devant le fait accompli. C’est ce qu’a indiqué hier au Jeune Indépendant Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste). « A un mois de la rentrée scolaire, une telle décision est précipitée », a-t-il jugé, indiquant que l’adoption de l’anglais au cycle primaire exige une préparation sur le terrain et une restructuration du système éducatif. 

« En tant que partenaire social et pédagogue, on ignore les mécanismes qui seront pris sur le terrain », a-t-il dit, avant d’ajouter que cette démarche nécessite également la mise en place des capacités humaines et matérielles ainsi qu’une étude approfondie. 

« Maintenant, on ne sait pas quelle sera la prochaine étape. Il est prévisible de l’appliquer dans des établissements pilotes avant de la généraliser sur d’autres », a-t-il supposé. 

Par ailleurs, M. Boudiba a tenu à préciser que l’introduction des langues ne cause aucun problème du moment où il y a une véritable révision du système éducatif à même de diminuer la charge sur l’élève.

Pour sa part, Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat des professionnels de l’enseignement secondaire et technique (Snapeste), a avoué l’utilité de l’enseignement de l’anglais au cycle primaire. Il s’agit, selon lui, d’« une langue internationale, scientifique, qui permettra à l’enfant d’acquérir de la science ». En revanche, le pédagogue s’est posé une série d’interrogations concernant le déroulement de cette opération. « Sommes-nous prêts pour cette étape ? » ; « Va-t-on recruter des professeurs d’anglais ou se contenter des enseignants de l’école primaire qui enseignent toutes les matières ? », se demande-t-il.

Dans ce cadre, M. Meriane a déclaré au Jeune indépendant qu’il est temps de recruter. « Il faut commencer tout de suite vu qu’il ne reste qu’un mois pour la rentrée scolaire », a-t-il souligné. Selon Meziane Meriane, le ministère de l’Education doit penser à alléger les matières, et ce à travers une révision du système éducatif. 

Le coordinateur du Snapeste a proposé, en tant que pédagogue, d’arrêter une année de réflexion pour l’adoption de l’anglais au primaire « pour mieux réussir l’opération. Il a ajouté : « Maintenant, si le ministère de l’Education juge qu’il a les capacités de faire face, on ne peut qu’accueillir, en tant que pédagogue, cette initiative. »

Le Jeune Indépendant a essayé de joindre, à maintes reprises, le porte-parole du Satef, Boualem Amoura, pour qu’il s’exprime à ce sujet, en vain. Il convient de noter que M. Amoura avait déclaré auparavant que « vouloir intégrer cette langue dans le programme du primaire demande du temps, des moyens et des outils pédagogiques adéquats, lesquels seront difficiles à mettre à la disposition du système éducatif ». Cela nécessite, selon lui, le recrutement de pas moins de 20 000 enseignants, ce qui est impossible. Pour lui, l’introduction de l’anglais doit être « progressive et mûrement étudiée ».

Djamila Khiari, présidente de la Fédération nationale des parents d’élèves, a exprimé au Jeune Indépendant son accord par rapport à la décision du président de la République. « Nous sommes totalement d’accord pour l’introduction des langues. L’enfant a d’énormes capacités d’apprendre à cet âge. C’est vraiment une bonne chose », a-t-elle affirmé, en espérant que toutes les conditions soient réunies pour enseigner la langue de Shakespeare aux élèves, à l’instar de la disponibilité du manuel et du formateur.  

Il convient de rappeler que lors d’un Conseil des ministres, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé une réforme du système éducatif afin de le promouvoir, ordonnant l’introduction de l’anglais dans l’enseignement primaire. Cette nouvelle mesure fait partie de la volonté des autorités de réformer le système éducatif national. 

Le communiqué de la Présidence a rapporté : « Le président de la République a mis l’accent sur la nécessité de réviser les programmes éducatifs en se référant à l’esprit pédagogique qui a permis la formation, depuis l’indépendance, d’une élite dans diverses spécialités. » La décision a été confirmée par le président de la République lors de sa rencontre, cette semaine, avec les médias nationaux. 

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