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Nationale

Adoption de la Constitution : L’appât d’Ould Abbès

Adoption de la Constitution : L’appât d’Ould Abbès

Le président de la commission parlementaire conjointe élargie, Djamel Ould Abbès, a affirmé avant-hier que les propositions qui seront émises par les groupes parlementaires demain matin lors de la séance de vote du projet de révision constitutionnelle seront prises en compte dans l’élaboration des projets de loi.

Belle parade de la part de l’ancien ministre de la Solidarité qui voulait, dans un dernier sursaut amadouer ou appâter à la fois les partis de l’alliance présidentielle et l’opposition.

Les députés logés au sein des mouvances réfractaires à l’égard du projet de Constitution l’avaient précédé par des déclarations tonitruantes, affirmant leur boycott de cette séance tant attendue.

Le FFS fut rapidement suivi par les partis politiques de la mouvance islamiste, le MSP, El Islah, Ennahdha (regroupée dans l’Alliance de l’Algérie verte) et le mouvement PJD de Abadallah Djaballah. Et c’est déjà quelques dizaines de députés. Reste la position ambiguë du PT qui accepta de participer aux travaux de ladite commission et surtout d’intervenir lors de la séance.

Ould Abbès aurait peut-être mieux fait d’éviter de lancer son idée, car on ne voit vraiment pas comment on peut prendre en considération des propositions dans la confection future des projets de lois, alors que ces dernières doivent être inspirées des dispositifs de la Constitution.

Or, tout le monde sait qu’il existe une différence fondamentale entre procéder à des amendements de la loi Fondamentale et élaborer des projets de loi. Mais au-delà de cette contradiction ou de cet « appât » politique de premier degré, il faudra voir dans cette parole (d’honneur ?) d’Ould Abbès une nouvelle « ruse » politique de la part du FLN.

Bien qu’il ne précisa rien, les regards des observateurs se sont dirigés directement sur les articles de la mouture qui ont fait polémique et qui ont suscité des débats controversés, notamment l’article 51 sur les binationaux.

Autrement dit, le FLN, à la majorité relative au niveau de l’APN, pourrait bien forcer le « barrage » de Ahmed Ouyahia, s’il parvient à rallier les autres députés de l’opposition ou des indépendants, surtout que cet article exige l’élaboration d’une loi qui va préciser les fonctions supérieures interdites aux binationaux.

Cependant, la logique politique, si tant est qu’elle existe vraiment, voudrait dire que la mouture présidentielle sera soumise à l’adoption par oui ou par non, sans débats ni en plénière, ni en commissions, et que tous les partis politiques avaient émis leurs points de vue sur cette initiative, alors les propositions des groupes parlementaires en dix minutes d’interventions) seraient des actes de formalité qui ne sauraient altérer la teneur du texte soumis à l’appréciation des parlementaires.

C’est lors de la présentation des lois qui seront soumises à l’examen de l’assemblée et du Sénat que les parlementaires députés jugeront si les propos d’Ould Abbès n’ont servi qu’à tuer dans l’œuf leurs revendications ou à les évacuer sine die.

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